Espagne Des élèves immigrés interdits de cantine dans une école de Madrid
le 09 mai 2003 à 00h00
Une vingtaine d’enfants issus de l’immigration se sont vus privés de repas à midi pendant plusieurs mois par la directrice de leur école madrilène apparemment pour des motifs racistes, a dénoncé une enseignante de l’établissement public. Esperanza Granda, professeur d’espagnol, a tiré la sonnette d’alarme en octobre dernier, quand un élève d’origine maghrébine d’une douzaine d’années s’est évanoui dans ses bras, a-t-elle raconté. Au cours d’une conversation par l’intermédiaire de dessins avec une vingtaine d’enfants qui ne parlaient pas espagnol, elle a finalement compris que l’accès à la cantine leur était purement et simplement refusé. Dans l’établissement, « qui paie, a une place à table, qui ne paie pas, non », assure l’institutrice qui accuse la directrice de l’établissement d’avoir bloqué les demandes de bourse alimentaire de ces élèves, issus de familles indigentes. Mme Granda a affirmé que celle-ci lui avait lancé : « En aucun cas tu leur donnes à manger. Il faut jeter la nourriture, sinon ici ça va se remplir de bicots. » Sollicitée sur place, la directrice de l’école Palacio Valdes n’a pas souhaité réagir à ces affirmations. Ces élèves ont attendu jusqu’au mois de février, selon l’institutrice, pour avoir droit à un repas à midi. Mais une vingtaine d’autres enfants immigrés, âgés de six à douze ans, se trouvent actuellement dans la même situation que le premier groupe d’élèves, privés de nourriture. Quatre cas qualifiés « d’urgents » ont été réglés mardi mais restent 20 élèves en situation de sous-alimentation que l’administration de l’école s’est engagée à prendre en charge dans les deux semaines à venir. La semaine dernière, le groupe socialiste à Madrid a demandé l’ouverture d’une enquête pour élucider si ces élèves avaient reçu un traitement raciste et vérifier si les demandes de bourse avaient bel et bien été bloquées. « En plein XXIe siècle ce n’est pas normal que des enfants tombent dans les pommes parce qu’ils ne peuvent pas manger et que l’on puisse en outre jeter la nourriture qui reste », estime le conseiller municipal socialiste Rafael Merino. Environ 80 % des 300 élèves de l’établissement sont issus de l’immigration et les cuisines ont la capacité de nourrir quelque 200 personnes, a-t-elle précisé.
Une vingtaine d’enfants issus de l’immigration se sont vus privés de repas à midi pendant plusieurs mois par la directrice de leur école madrilène apparemment pour des motifs racistes, a dénoncé une enseignante de l’établissement public. Esperanza Granda, professeur d’espagnol, a tiré la sonnette d’alarme en octobre dernier, quand un élève d’origine maghrébine d’une douzaine d’années s’est évanoui dans ses bras, a-t-elle raconté. Au cours d’une conversation par l’intermédiaire de dessins avec une vingtaine d’enfants qui ne parlaient pas espagnol, elle a finalement compris que l’accès à la cantine leur était purement et simplement refusé. Dans l’établissement, « qui paie, a une place à table, qui ne paie pas, non », assure l’institutrice qui accuse la directrice de l’établissement...
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