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Opinion Pour une mémoire libano-arménienne

Par le député Agop KASSARDJIAN Le 24 avril est pour tous les Arméniens un jour de deuil national. Qu’ils vivent en Arménie ou dans l’une des communautés dispersées à travers le monde, sauf en Turquie, ils commémorent cette funeste journée de l’année 1915 au cours de laquelle tous les intellectuels arméniens de Constantinople furent arrêtés pour être déportés et massacrés par décision du gouvernement turc, qui procéda ensuite à l’extermination de tous les sujets arméniens de l’Empire ottoman. Parallèlement, le 6 mai 1916 représente également une journée de commémoration dédiée aux martyrs libanais, les pendus coupables de la proclamation de l’autonomie souveraine, exécutés par les autorités ottomanes. Ces Libanais, partisans convaincus de la liberté, ont alimenté par la suite la vaste mouvance de l’autodétermination. Bien qu’ils souhaitaient l’établissement d’un État souverain et indépendant, cependant leurs exigences n’étaient pas admises par les autorités ottomanes. Ainsi confrontés au refus turc, les Libanais, qui seront martyrisés par la suite, cherchèrent à défendre leur position qui, selon le verdict ottoman, relevait d’une attitude « traître et anarchique » et nécessitait la sanction de la mort. Bien entendu, l’histoire du XXe siècle ne s’arrête pas là. En effet, ce siècle a été le témoin de plusieurs des plus abominables génocides : Anatolie, Auchswitz, Ukraine, Phnom Penh, Butaré : autant de noms évocateurs de souffrance et d’horreur. Autant de victimes touchées par l’absurdité du mal... Comment tenter de comprendre pourtant que ces victimes innocentes aient été érigées au rang de coupables ? Comment déterminer la cause « juste » de la « vilaine » revendication ? Comment comprendre l’étranglement et la pendaison des voix réclamant liberté, autonomie, indépendance pour leur pays ? De quelque manière qu’on considère le génocide arménien durant la Première Guerre mondiale, l’holocauste durant la Seconde Guerre, et d’autres atrocités perpétrées à des collectivités, à des individus, ce sont des maux d’une extraordinaire injustice et les notions de bien et de mal, de justice et d’injustice n’ont pas leur place dans de telles situations. Si le lieu et le temps les séparent, le poids du souvenir des victimes arméniennes et des victimes libanaises, à côté d’autres meurtres collectifs, poursuit et intensifie, grâce au jour de commémoration, la perpétuation de la Mémoire, et l’engagement à faire la bataille de la Mémoire qui contribuera en ce qui concerne la cause arménienne, malgré le déni des gouvernements turcs, structuré en négationnisme d’État. La Mémoire est et restera un hommage à la mémoire de tous les martyrs et soutient dans le cadre de ses objectifs la défense des valeurs démocratiques, la lutte contre toutes les formes de racisme, d’épuration ethnique et d’atteintes aux libertés et à la dignité de la personne humaine.
Par le député Agop KASSARDJIAN Le 24 avril est pour tous les Arméniens un jour de deuil national. Qu’ils vivent en Arménie ou dans l’une des communautés dispersées à travers le monde, sauf en Turquie, ils commémorent cette funeste journée de l’année 1915 au cours de laquelle tous les intellectuels arméniens de Constantinople furent arrêtés pour être déportés et massacrés par décision du gouvernement turc, qui procéda ensuite à l’extermination de tous les sujets arméniens de l’Empire ottoman. Parallèlement, le 6 mai 1916 représente également une journée de commémoration dédiée aux martyrs libanais, les pendus coupables de la proclamation de l’autonomie souveraine, exécutés par les autorités ottomanes. Ces Libanais, partisans convaincus de la liberté, ont alimenté par la suite la vaste mouvance...