Le comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa) n’a pas tenu compte de l’éthique sportive en entérinant ce wee-kend à Zurich l’élargissement du nombre des pays participants à la phase finale du Mondial de 32 à 36, ce qui pose de gros problèmes techniques. D’ici au 28 juin, date du prochain CE à Paris, les services de la Fifa et ceux de la Confédération sud-américaine (Conmebol), à l’origine de cette fuite en avant, devront en effet définir une formule miracle permettant d’éviter les éventuelles ententes avant le dernier tour de la première phase. L’Espagne, premier pays à organiser un Mondial avec 24 équipes en 1982, avait déjà été confronté à ce problème à l’occasion d’un scandaleux Allemagne-Autriche, dont l’Algérie avait fait les frais. En revanche, depuis le passage à 32 équipes lors du Mondial français en 1998, les deux premiers de chaque groupe se retrouvaient directement qualifiés pour les 8es de finale, ce qui évitait toute possible manipulation. Mais, la majorité des 24 membres du CE, représentant les six confédérations, ont préféré faire passer en priorité les intérêts de leur pays avant celui de l’éthique sportive. Vieux routiers Bien sûr, les membres de la Conmebol (dix pays affiliés) ont remporté neuf Coupes du monde (Brésil, 5, Uruguay 2 et Argentine 2). Mais, avec un 5e qualifié pour la phase finale, cela va leur donner un taux de 50 %, c’est-à-dire une chance sur deux de passer. Par ailleurs, la montée en puissance du football asiatique, de la Concacaf (Amérique du nord, centrale et Caraïbes) et même de l’Océanie, sans parler de l’Afrique neutre dans ce débat avec ses 5 places, rend de plus en plus aléatoire le résultat des matches de barrage pour les équipes sud-américaines de second plan. Mais les dirigeants de la Conmebol, en vieux routiers de la Fifa, ont bien joué leur carte. S’estimant lésés par la décision du CE de décembre à Madrid, redistribuant les cartes sur la base des nouveaux rapports de force à l’échelle mondiale, ils ont pris soin dans leur projet d’élargissement d’octroyer des parts du gâteau à quatre des six confédérations. Servant largement au passage l’Europe, de loin la plus puissante. Échaudés par les absences des Pays-Bas et de la République tchèque au Mondial 2002, sans parler de la qualification aux forceps de l’Allemagne, les élus européens ont fait pencher la balance, préférant jouer la carte « du compromis mou » comme l’a qualifié le président du comité d’organisation, Franz Beckenbauer. « Et encore, heureusement que c’est l’Allemagne qui organise, car cela ne posera pas de problème d’infrastructure », commentait un membre du CE opposé à cet élargissement. Il paraît peu probable en effet qu’une organisation aussi lourde puisse être reconduite en 2010 en Afrique et même en 2014 au Brésil. Les technocrates du football vont devoir faire preuve d’imagination pour trouver en moins de deux mois une formule crédible. Mais les intérêts financiers et politiques en jeu sont trop importants pour qu’une solution miracle sauvant les apparences ne soit pas trouvée d’ici au prochain comité exécutif. Au risque de tuer un jour la poule aux œufs d’or.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa) n’a pas tenu compte de l’éthique sportive en entérinant ce wee-kend à Zurich l’élargissement du nombre des pays participants à la phase finale du Mondial de 32 à 36, ce qui pose de gros problèmes techniques. D’ici au 28 juin, date du prochain CE à Paris, les services de la Fifa et ceux de la Confédération sud-américaine (Conmebol), à l’origine de cette fuite en avant, devront en effet définir une formule miracle permettant d’éviter les éventuelles ententes avant le dernier tour de la première phase. L’Espagne, premier pays à organiser un Mondial avec 24 équipes en 1982, avait déjà été confronté à ce problème à l’occasion d’un scandaleux Allemagne-Autriche, dont l’Algérie avait fait les frais. En revanche, depuis le...