L’attentat-suicide commis hier au nord de Tel-Aviv, quelques heures après l’accord confiant au colonel Mohammed Dahlane la Sécurité intérieure au sein du nouveau gouvernement palestinien, constitue un défi pour ce partisan de la manière forte avec les groupes armés. M. Dahlane, ancien chef de la Sécurité préventive dans la bande de Gaza, connu pour avoir combattu les militants du mouvement radical islamiste Hamas, avait démissionné en juillet dernier à la suite d’un différend avec M. Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne. M. Dahlane est considéré comme l’une des personnalités palestiniennes ayant la volonté de mettre au pas les groupes radicaux responsables d’attaques contre Israël et une des figures de proue de la jeune garde palestinienne, parlant l’hébreu et ayant participé à des pourparlers de paix avec Israël. Issu d’une famille de réfugiés, il est né en 1961 dans le camp de réfugiés de Khan Younès, dans le Sud de la bande de Gaza. Adhérant aux Jeunesses du Fateh, mouvement de M. Arafat, il s’est notamment imposé comme leader étudiant lors de la première intifada (1987-1993). Son activisme lui a fait connaître les prisons israéliennes à plusieurs reprises entre 1981 et 1986. Il a été expulsé vers la Jordanie en 1988 puis a rejoint à Tunis l’OLP en exil, où il a gagné la confiance de M. Arafat. Après la signature des accords d’Oslo, en 1993, et l’installation de l’Autorité palestinienne, M. Dahlane est revenu à Gaza pour prendre la tête de la Sécurité préventive, dont la mission était d’empêcher les activistes palestiniens d’entraver le processus de paix. Selon certaines sources, il aurait participé en 1994 à une réunion à Rome, où responsables sécuritaires israéliens et palestiniens ont mis au point une stratégie pour contenir les activités du Hamas. Durant ses sept années à la tête de la Sécurité préventive, ses méthodes musclées contre les activistes islamistes ont souvent été critiquées par les organisations des droits de l’homme. Mais, depuis le début de la deuxième intifada, fin septembre 2000, la droite israélienne l’accuse de s’être joint aux groupes qu’il était censé combattre, accusations qu’il a toujours fermement rejetées. Ariel Sharon l’a accusé, en novembre 2000, d’être l’instigateur d’une attaque contre un bus scolaire, dans une colonie juive de la bande de Gaza, qui avait fait deux morts et neuf blessés. M. Sharon, alors chef de l’opposition israélienne, avait appelé à « l’élimination » de M. Dahlane. Celui-ci a notamment échappé, en avril 2001, à des tirs israéliens visant le convoi dans lequel il se trouvait. Le quotidien israélien Jerusalem Post, commentant jeudi sa nomination, a affirmé qu’on avait chargé « un ex-terroriste d’arrêter des terroristes ».
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