Dans son hangar immense et lugubre, à l’écart de la gare centrale de Bagdad, le train privé de Saddam Hussein n’a pas échappé aux pillages et il ne reste plus rien des véritables appartements que le raïs déchu n’a jamais utilisé. Ghassan al-Zouhbi, ingénieur de la compagnie nationale des Chemins de fer d’Irak, se désole de voir que les pillards – sans doute faute de pouvoir emporter quoi que ce soit – ont saccagé l’intérieur du poste de pilotage des trois locomotives rutilantes spécialement affectées au train présidentiel. « Ce train a été livré en 1986. Mais il n’a jamais servi, Saddam Hussein préférait se déplacer en avion pour des raisons de sécurité », assure M. Zouhbi. Néanmoins, précise-t-il, depuis 17 ans, deux conducteurs, deux mécaniciens, deux électriciens et quatre techniciens assuraient une présence permanente « juste au cas où... » Les trois locomotives et un wagon équipé d’une véritable centrale électrique, dont les peintures vertes sont encore presque neuves, ont été fabriquées en 1984 par la compagnie allemande Thyssen, comme en témoigne une plaque fixée sur leurs flancs. La partie appartements, composée de cinq voitures venant de France, comprenait un salon, une chambre, une salle à manger, une voiture couchette et une autre offrant des places assises. Cette dernière est la seule à ne pas avoir été désossée. Dans les autres voitures, tout a été dévasté : même les panneaux de formica imitation bois ont été arrachés des parois, puis laissés sur place. Salam Jaber, lui, ne s’intéresse guère à ce train. Pour lui, directeur général du trafic ferroviaire dont le bureau aux murs noircis par les flammes n’est plus que décombres, l’important est de faire redémarrer le réseau « le plus tôt possible, Inchallah ». « Tous nos ateliers ont été pillés, de nombreux trains saccagés », raconte M. Jaber en traversant l’immense salle des pas perdus de la gare centrale, une rotonde à colonnade majestueuse, encore jonchée de gravats et de débris. La gare a été bombardée par les Américains car il y avait des canons de DCA sur le toit. Mais les dommages causés lors du saccage de l’édifice par les pillards sont bien plus importants. La compagnie des Chemins de fer irakienne compte environ 9 000 employés. La gare centrale occupe en temps normal un demi-millier de personnes. « Nous ne sommes qu’une centaine à être revenus », dit Salam Jaber.
Dans son hangar immense et lugubre, à l’écart de la gare centrale de Bagdad, le train privé de Saddam Hussein n’a pas échappé aux pillages et il ne reste plus rien des véritables appartements que le raïs déchu n’a jamais utilisé. Ghassan al-Zouhbi, ingénieur de la compagnie nationale des Chemins de fer d’Irak, se désole de voir que les pillards – sans doute faute de pouvoir emporter quoi que ce soit – ont saccagé l’intérieur du poste de pilotage des trois locomotives rutilantes spécialement affectées au train présidentiel. « Ce train a été livré en 1986. Mais il n’a jamais servi, Saddam Hussein préférait se déplacer en avion pour des raisons de sécurité », assure M. Zouhbi. Néanmoins, précise-t-il, depuis 17 ans, deux conducteurs, deux mécaniciens, deux électriciens et quatre techniciens...
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