Cook demande à Blair de prendre ses distances avec Bush
le 18 avril 2003 à 00h00
Le Premier ministre britannique Tony Blair doit prendre ses distances avec le président américain George W. Bush car son « alliance » avec lui est « une erreur stratégique dommageable » pour le Royaume-Uni, estime l’ex-ministre des Affaires étrangères Robin Cook. Dans une tribune publiée hier dans le Guardian (centre gauche) ainsi que dans l’hebdomadaire politique New Statesman (centre gauche), le travailliste Robin Cook écrit qu’« après les divisions sur l’Irak, l’Europe est revenue à un axe franco-allemand, avec la Grande-Bretagne une fois de plus marginalisée ». « Et puis il y a les dommages causés à notre image dans les pays en développement, où nous sommes désormais largement considérés comme ayant soutenu non pas une guerre de libération mais impérialiste », ajoute Robin Cook, qui a récemment démissionné de son poste de ministre des Relations avec le Parlement pour protester contre la guerre en Irak. « C’est particulièrement vrai dans les pays musulmans », note M. Cook. L’ancien ministre, devenu l’une des icônes d’une gauche travailliste qui refuse les orientations de plus en plus centristes et atlantistes de Tony Blair, s’étonne que le Premier ministre britannique « dépende d’alliés (européens) de droite tels que (le chef du gouvernement italien) Silvio Berlusconi ». Robin Cook qualifie ce dernier de « bien curieux partenaire pour un chef du Labour (Tony Blair) qui s’est affirmé sur la scène politique en promettant d’être ferme sur les questions de criminalité ». Robin Cook ironise aussi sur le fait que George W. Bush a « perdu patience » avec le président irakien Saddam Hussein, attendant qu’il respecte diverses résolutions de l’Onu. Mais, note-t-il, « les Palestiniens attendent depuis trois décennies qu’Israël remplisse l’obligation contenue dans la résolution 242 de se retirer des territoires occupés ». « Le dilemme fondamental de la politique étrangère de la Grande-Bretagne » est « quel type de relations (celle-ci) peut maintenir avec les États-Unis pendant qu’ils sont dirigés par une Administration néoconservatrice », souligne M. Cook. « Les intérêts de la Grande-Bretagne résident dans une victoire démocrate » aux prochaines élections présidentielles américaines, en 2004, note-t-il. L’ancien ministre explique que « poser la question de la complicité de la Grande-Bretagne avec le gouvernement Bush n’est pas être antiaméricain ». « Les États-Unis, poursuit-il, ne sont pas seulement le pays de George W. Bush mais aussi de Michael Moore, Martin Sheen et Woody Allen. » D’ailleurs, observe-t-il, « la plupart des Américains n’ont pas voté pour Bush » et « la majorité de ceux qui se sont rendus aux urnes ont voté pour (le candidat démocrate) Al Gore ».
Le Premier ministre britannique Tony Blair doit prendre ses distances avec le président américain George W. Bush car son « alliance » avec lui est « une erreur stratégique dommageable » pour le Royaume-Uni, estime l’ex-ministre des Affaires étrangères Robin Cook. Dans une tribune publiée hier dans le Guardian (centre gauche) ainsi que dans l’hebdomadaire politique New Statesman (centre gauche), le travailliste Robin Cook écrit qu’« après les divisions sur l’Irak, l’Europe est revenue à un axe franco-allemand, avec la Grande-Bretagne une fois de plus marginalisée ». « Et puis il y a les dommages causés à notre image dans les pays en développement, où nous sommes désormais largement considérés comme ayant soutenu non pas une guerre de libération mais impérialiste », ajoute Robin Cook, qui a récemment...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.