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Campagne parlementaire pour la multiplication des mohafazats

Bien que certains responsables s’y montrent réticents, il semble acquis que l’on compte lier le découpage des circonscriptions à la décentralisation administrative. C’est-à-dire que la configuration électorale épouserait grosso modo les limites des districts dont on se propose de relever le nombre. Des députés mènent activement campagne à cette fin. Tout en affirmant, en chœur, que leurs vues sont purement d’ordre administratif et qu’ils n’établissent pas de lien avec la loi électorale. Ainsi, les représentants de Baalbeck-Hermel et ceux du Akkar demandent que ces deux cazas soient promus en mohafazats. En faisant valoir que leurs habitants n’auraient plus à se tracasser, en engageant des frais de déplacement comme de temps perdu, pour accomplir leurs formalités respectivement à Zahlé et à Tripoli. Obéissant à la même logique, le député Neemetallah Abi Nasr réclame que le Kesrouan-Ftouh-Jbeil devienne un mohafazat.Il ne fait aucun doute que l’effet boule de neige va également jouer ailleurs. Mais des irréductibles s’opposent à ce que la loi électorale soit conditionnée par la décentralisation administrative. Ils font valoir que l’instillation de considérations électorales risque de provoquer des disputes sur le découpage administratif et de le torpiller, au grand dam des citoyens. Cependant, les responsables semblent avoir l’intention de faire de chaque deux cazas un mohafazat. Une règle arithmétique que certains contestent, en soulignant que les superficies ainsi que la densité démographique voudraient parfois trois cazas pour faire un mohafazat qui serait égal à un autre. En fait, il y a litige aussi bien sur le découpage administratif que sur les circonscriptions, même en prenant séparément ces deux éléments. Le ministère de l’Intérieur a reçu à ce jour 16 propositions différentes concernant les élections. Devant une délégation de députés de Baalbeck-Hermel et du Akkar, le chef de l’État a insisté sur l’unité d’un État à fort pouvoir centralisé, tout en convenant de la nécessité d’une décentralisation administrative qui faciliterait la vie des citoyens. Il a précisé qu’une réforme sur ce plan devrait prendre en compte la promotion du brassage national, de la coexistence, dans l’unité du sol, du peuple et des institutions. Il a conclu en indiquant qu’il faut un consensus exprimé à travers le Parlement législateur. Bien évidemment, la classe politique s’intéresse bien plus à la question des circonscriptions qu’à la décentralisation administrative en tant que telle. Le souci d’une saine représentation populaire amène les professionnels à souligner que la question dépasse le cadre du Conseil des ministres et du Parlement. Qu’elle doit donc être débattue sur l’ensemble de la scène locale, par les partis, les forces vives du pays représentés ou non à la Chambre. Il faut donc un dialogue élargi. Ou, à tout le moins, la participation directe de toutes les franges concernées aux travaux préparatoires des commissions parlementaires. En pratique, la majorité de la composante chrétienne du pays plaide pour le caza, en tant que formule de représentation de proximité. Des pôles mahométans, comme le Hezbollah, le président Omar Karamé ou cheikh Mohammed Fadlallah indiquent qu’ils n’ont pas d’objection au caza. Le rejet de cette solution se fait sous le prétexte qu’elle favoriserait la montée en puissance des extrémismes, au détriment du brassage national. La réalité est différente. En effet, la cimentation des rangs des Libanais, la promotion du civisme bien compris, ne s’accomplissent certainement pas à travers le compagnonnage purement épisodique de colistiers réunis ensemble à l’issue d’un quelconque bazar électoral. Mais par le biais de la mise en chantier, grâce à la formation du haut comité prévu dans la Constitution, du processus de déconfessionnalisation politique. En tout cas, il paraît certain qu’il faille attendre les résultats, les retombées de la guerre en Irak. Dont pourraient dépendre, entre autres, la forme que prendrait le prochain gouvernement libanais, puis la présidentielle. Tout comme il semble évident que l’étude d’une nouvelle loi électorale, comme de la décentralisation administrative, commandent un climat politique local positif. Émile KHOURY
Bien que certains responsables s’y montrent réticents, il semble acquis que l’on compte lier le découpage des circonscriptions à la décentralisation administrative. C’est-à-dire que la configuration électorale épouserait grosso modo les limites des districts dont on se propose de relever le nombre. Des députés mènent activement campagne à cette fin. Tout en affirmant, en chœur, que leurs vues sont purement d’ordre administratif et qu’ils n’établissent pas de lien avec la loi électorale. Ainsi, les représentants de Baalbeck-Hermel et ceux du Akkar demandent que ces deux cazas soient promus en mohafazats. En faisant valoir que leurs habitants n’auraient plus à se tracasser, en engageant des frais de déplacement comme de temps perdu, pour accomplir leurs formalités respectivement à Zahlé et à Tripoli....