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Résistance

« Fuck the pool ! » Tel était le mot d’ordre d’un petit nombre de journalistes décidés à résister à la machine propagandiste de l’état-major américain durant la deuxième guerre du Golfe en 1991. Une guerre au cours de laquelle de nombreux médias américains ont sacrifié professionnalisme et déontologie sur l’autel d’un soi-disant patriotisme. Pour redonner à l’information ses lettres de noblesse, les journalistes du « FTP » ont dû recourir à tous les subterfuges, du déguisement en soldats US au maquillage de leur 4x4. Seul moyen d’aller au contact, de retrouver le terrain. Avec un risque : celui d’être pris pour cible par les protagonistes de la guerre. Une cible, certains médias tel al-Jazira, estiment l’être plus que d’autres. À Kaboul, leurs bureaux avaient été la cible des bombardiers américains. Lundi, ils accusaient les GI’s d’avoir ouvert le feu sur l’une de leur voiture. Hier, un missile est tombé sur leur bureau à Bagdad, tuant un reporter. Le Commandement central américain a immédiatement démenti que la chaîne qatariote ait été la cible des tirs américains, mais la série noire intrigue. Une chaîne qui irrite d’ailleurs l’Administration américaine. Or, si elle ne brille pas toujours par sa déontologie, al-Jazira est-elle pire que la « créature » de Robert Murdoch, Fox News ? Entre les deux, une foule de journalistes au service des faits. Les besogneux, les passionnés, les inconscients parfois. Ceux-là savent que la recherche de la vérité a un prix. Mais ils sont prêts à prendre le risque de tomber dans une embuscade, d’être pris dans des tirs croisés, de sauter sur une mine... pour l’information. Ce que ces journalistes ne sont en revanche pas prêts à accepter, c’est qu’un char américain tire, en connaissance de cause et en prenant son temps, sur leur hôtel à Bagdad. Ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter, c’est que deux des leurs y laissent leur peau. Ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter, c’est cette boucherie ; cet « acte repoussant », pour reprendre les propos d’un ministre grec, tellement évitable. Par-dessus tout, ce que ces journalistes n’accepteront jamais, c’est de baisser les bras dans leur quête de l’information, de fléchir dans leur lutte contre toutes les propagandes et intoxications, d’abandonner ne serait-ce qu’une partie de leur pouvoir, le quatrième pouvoir. « FTP », c’est aussi l’acronyme de Franc-Tireur et Partisan. Émilie SUEUR
« Fuck the pool ! » Tel était le mot d’ordre d’un petit nombre de journalistes décidés à résister à la machine propagandiste de l’état-major américain durant la deuxième guerre du Golfe en 1991. Une guerre au cours de laquelle de nombreux médias américains ont sacrifié professionnalisme et déontologie sur l’autel d’un soi-disant patriotisme. Pour redonner à l’information ses lettres de noblesse, les journalistes du « FTP » ont dû recourir à tous les subterfuges, du déguisement en soldats US au maquillage de leur 4x4. Seul moyen d’aller au contact, de retrouver le terrain. Avec un risque : celui d’être pris pour cible par les protagonistes de la guerre. Une cible, certains médias tel al-Jazira, estiment l’être plus que d’autres. À Kaboul, leurs bureaux avaient été la cible des bombardiers...