Tout le monde appelle à la consolidation du front intérieur, pour faire face au péril israélien et aux retombées de la guerre en Irak. Mais comment cela peut-il se traduire dans les faits ? Le président Lahoud répète qu’il est disposé à soutenir tout effort pour faire fructifier l’entente, dans un climat propice encourageant l’interaction entre les Libanais. De sorte que l’intérêt national y trouve son compte et que la vie politique retrouve sa vitalité. Il souligne les éléments positifs mis en relief par le rassemblement libanais autour de la position adoptée à l’égard de la guerre en Irak. Mais il faut du suivi. Ce qui signifie que l’on doit intensifier la communication entre les différentes composantes du paysage politique local. Afin de discuter des problèmes qui préoccupent la population. Les sites de tels contacts sont variés. En premier lieu viennent les institutions, plus particulièrement la Chambre, qui est un pré carré dont le rôle normal est justement de débattre ces questions. Mais comment promouvoir l’unité nationale quand l’harmonie fait défaut au sommet de la pyramide, entre les deux têtes de l’Exécutif. Les tiraillements sont tels, on le sait, que pour éviter l’explosion on gèle non seulement les dossiers importants qui fâchent, mais même des sujets d’intérêt courant. Lieu ordinaire de dialogue, la Chambre quant à elle présente un déficit notable de représentativité politique, au plein sens du terme. Ce qui rend peu productif, en pratique, le travail d’échanges qui s’y ferait. Il est ainsi intéressant de rappeler l’engagement pris par le président Berry lors de sa réélection, le 12 août 2002. Il avait alors déclaré : « Notre responsabilité doit se fonder sur la mise en place d’une plate-forme juridique pour une action de résistance politique visant à conforter la paix civile. En recourant à un dialogue national ouvert, dont la base serait ce Parlement. Un dialogue reconnaissant l’autre, de quelque région, confession ou frange qu’il vienne. Sans ignorer les forces, les courants qui ne sont pas représentés au sein de l’Assemblée. Cela, pour se focaliser sur des concepts unifiés, unificateurs pour la patrie, pour le citoyen, pour le civisme. Une vue unifiée sur les frontières, l’ami et l’ennemi. Comme sur le rôle du Liban, sa position par rapport au système et aux causes arabes. Nous espérons organiser une séance générale, bien préparée, pour confirmer que votre honorable Assemblée, avec ses composantes, est habilitée à diriger un dialogue calme, solide, fructueux. » Le député Abbas Hachem avait alors pressé le président de la Chambre, l’avait mis au défi, d’agir effectivement dans le sens indiqué. Comme si le parlementaire prévoyait que parler de dialogue resterait vain. « Car, précisait-il, le Liban traverse des cycles confessionnels portant pour la plupart sur des questions d’ordre politique. Ces phases sont exploitées par les mercantis du confessionnalisme qui en prennent prétexte pour recruter sur des bases sectaires. En vue de servir des intérêts en place, ou de réaliser des projets dont le pays sortirait grand perdant. Nous nous heurtons toujours, concluait Hachem, à un problème d’appartenance, comme si nous étions encore une nation en gestation, en quête d’un discours unifié autour des constantes nationales. » Le fait est que les institutions, même en cette période cruciale, ne font visiblement rien pour renforcer l’unité nationale. Le Conseil des ministres est pour ainsi dire paralysé. Les conflits font rage entre le chef de l’État et le chef du gouvernement. Le Parlement est sans vie et se trouve très loin de mener le dialogue, sans exclusives, évoqué par Berry dans son discours de 2002. Dès lors, quelles perspectives ? On parle d’un prochain sommet spirituel islamo-chrétien. Serait-ce un substitut valable ? Les pôles religieux seraient-ils donc plus soucieux de l’intérêt national que ceux qui portent le nom de responsables ? C’est au président de la République qu’appartient le mot de la fin. Il souligne que « la phase critique actuelle nécessite que l’on s’élève à la hauteur, élevée, de la responsabilité nationale, loin des calculs étriqués, des considérations personnelles qui font passer les intérêts particuliers avant l’intérêt supérieur de la patrie ». Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tout le monde appelle à la consolidation du front intérieur, pour faire face au péril israélien et aux retombées de la guerre en Irak. Mais comment cela peut-il se traduire dans les faits ? Le président Lahoud répète qu’il est disposé à soutenir tout effort pour faire fructifier l’entente, dans un climat propice encourageant l’interaction entre les Libanais. De sorte que l’intérêt national y trouve son compte et que la vie politique retrouve sa vitalité. Il souligne les éléments positifs mis en relief par le rassemblement libanais autour de la position adoptée à l’égard de la guerre en Irak. Mais il faut du suivi. Ce qui signifie que l’on doit intensifier la communication entre les différentes composantes du paysage politique local. Afin de discuter des problèmes qui préoccupent la population. Les sites...