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Le Vietnam ironise sur la censure américaine

La presse vietnamienne ironisait mardi sur la censure des médias par les forces américano-britanniques en Irak, occasion unique pour Hanoï de balayer les critiques régulièrement exprimées par Washington sur l’absence de liberté de la presse au Vietnam. Deux grands quotidiens consacraient plusieurs colonnes au licenciement de Peter Arnett par la chaîne NBC et le magazine National Geographic, après avoir critiqué les stratèges américains. Et Do Phuong, ancien directeur général de la très officielle Vietnam News Agency (VNA), livrait un éditorial acerbe sur la censure des journalistes qui couvrent le conflit. « On s’attendait à l’explosion d’une information libre dès le début de la guerre en Irak. Mais des informations officielles ont été publiées, suivant le le scénario d’une “guerre de 72 heures” et faisant état comme prévu de la destruction de troupes irakiennes ou de la mort supposée de Saddam Hussein », écrit-il. L’ex-membre du Comité central du Parti communiste ironise en particulier sur la « mauvaise pièce de théâtre » qu’a constituée selon lui la diffusion d’images de reddition de soldats irakiens, les mains posées sur la tête. L’occasion était trop belle pour le Vietnam, dont les médias sont largement soumis au pouvoir politique et où les journalistes les plus hardis se voient parfois retirer leur carte de presse pour « diffusion d’informations mensongères ». Leur liberté de ton varie au rythme de l’évolution du régime, inexistante dans les périodes dures, balbutiante quand la pression se relâche. Une situation que Washington, comme plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, soulignent fréquemment. Dans son dernier rapport sur les droits de l’homme en 2002, le département d’État américain indique que Hanoï continue de restreindre le discours sur « le rôle du parti, les critiques individuelles contre des responsables du gouvernement, (...) ou des sujets sensibles comme les droits de l’homme ou l’accord frontalier avec la Chine ». « Ce pays se donne le droit de donner des leçons (...) mais adopte ses propres normes pour inculper et sanctionner d’autres pays », proteste Do Phuong. « Avec ce qui se passe en Irak, on comprend mieux le caractère injuste des soi-disant “bilans et rapports” diffusés annuellement par Washington condamnant (...) des pays de tous les continents, dont le Vietnam. » Une nouvelle fois resurgit le souvenir de la guerre du Vietnam et de la victoire des forces communistes en 1975, dans un conflit où information et propagande avaient joué un rôle fondamental. « Pendant la guerre du Vietnam, nous avions examiné chaque article des deux journaux Newsweek et Times, pour comparer les points de vue républicains et démocrates sur ce conflit. » « Nous respections pas mal de journalistes américains, mais pouvions également identifier les forces politiques et financières qui dominaient chaque journal », conclut Do Phuong.
La presse vietnamienne ironisait mardi sur la censure des médias par les forces américano-britanniques en Irak, occasion unique pour Hanoï de balayer les critiques régulièrement exprimées par Washington sur l’absence de liberté de la presse au Vietnam. Deux grands quotidiens consacraient plusieurs colonnes au licenciement de Peter Arnett par la chaîne NBC et le magazine National Geographic, après avoir critiqué les stratèges américains. Et Do Phuong, ancien directeur général de la très officielle Vietnam News Agency (VNA), livrait un éditorial acerbe sur la censure des journalistes qui couvrent le conflit. « On s’attendait à l’explosion d’une information libre dès le début de la guerre en Irak. Mais des informations officielles ont été publiées, suivant le le scénario d’une “guerre de 72 heures” et...