Les pronostics de Saddam semblent se réaliser... pour le moment
le 02 avril 2003 à 00h00
Quand Saddam Hussein partageait avant la guerre avec ses officiers ses pronostics pour le déroulement des combats lors d’apparitions télévisées, il pouvait être pris à la légère. Après treize jours de conflit, le cours des évènements semble, pour le moment, lui donner raison. Entre deux remarques sur l’hygiène personnelle des troupes ou leur capacité d’endurance, le chef d’État irakien répétait lors de réunions quasi quotidiennes avec ses officiers qu’il comptait laisser faire les forces américaines et britanniques dans le désert et les attirer vers une guérilla urbaine dans les villes, notamment à Bagdad. « Le débarquement aura lieu dans des régions lointaines, et les médias de l’ennemi commenceront à en parler, annonçant que des forces sont à telle distance de Ramadi (à 100 km à l’ouest de Bagdad) et qu’elles sont en route pour occuper telle ville. C’est ainsi qu’il fera son show », avait-il affirmé lors d’une de ces réunions fin janvier. « L’ennemi ne va pas débarquer dans les banlieues de Bagdad car il va mourir. Même s’il envoie un million de soldats, nos hommes vont les tuer », avait-il ajouté. Le président américain George W. Bush a beau affirmer que chaque jour qui passe rapproche les forces américano-britanniques de Bagdad, celles-ci semblent piétiner dans le désert sans avoir pris la moindre grande ville irakienne. Des critiques commencent même à fuser dans la presse américaine, notamment contre le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, accusé d’avoir délibérément ignoré les recommandations des stratèges en faveur d’un accroissement des effectifs engagés. La nécessité du déploiement de troupes supplémentaires au sol se fait d’autant plus ressentir que les forces coalisées ne semblent pas avoir réussi à desserrer l’emprise du régime dans les principales villes en dépit de violents bombardements aériens quotidiens, notamment sur Bagdad. Saddam Hussein avait prévu ce scénario. « Celui qui veut occuper une terre doit déployer des fantassins. Sans le déploiement de forces terrestres, l’ennemi pourra détruire et nuire mais ne pourra pas occuper la terre », avait-il déclaré lors d’une de ses « causeries » avec les officiers. « Je dis cela à la télévision en sachant que les Américains écoutent. Nous les mettons en garde pour qu’ils n’aient pas l’illusion que l’Irak sera une proie facile. Ils pourront nous faire du mal, mais réalisent-ils l’ampleur des dégâts qu’ils subiront », avait-il lancé en guise d’avertissement. Abondant dans le même sens, le numéro deux irakien Ezzat Ibrahim avait minimisé dimanche les conquêtes territoriales de la coalition américano-britannique, affirmant que les dégâts que lui infligeront les Irakiens détermineront l’issue de la guerre. « Ce qui déterminera l’issue de la bataille est le prix que les ennemis payeront en pertes humaines et en équipements et non pas le fait qu’ils contrôlent un pouce par-ci et un pouce par-là du territoire irakien », a déclaré M. Ibrahim lors d’une réunion avec des responsables du parti Baas. « Nos combattants doivent ainsi minimiser les pertes dans leurs rangs et infliger les dégâts les plus lourds aux forces d’agression américaines et britanniques », a-t-il ajouté.
Quand Saddam Hussein partageait avant la guerre avec ses officiers ses pronostics pour le déroulement des combats lors d’apparitions télévisées, il pouvait être pris à la légère. Après treize jours de conflit, le cours des évènements semble, pour le moment, lui donner raison. Entre deux remarques sur l’hygiène personnelle des troupes ou leur capacité d’endurance, le chef d’État irakien répétait lors de réunions quasi quotidiennes avec ses officiers qu’il comptait laisser faire les forces américaines et britanniques dans le désert et les attirer vers une guérilla urbaine dans les villes, notamment à Bagdad. « Le débarquement aura lieu dans des régions lointaines, et les médias de l’ennemi commenceront à en parler, annonçant que des forces sont à telle distance de Ramadi (à 100 km à l’ouest de...
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