Il n’a pas l’aura de Ronaldhino, ni le palmarès de son coéquipier de l’Olympique Lyonnais, Edmilson, mais Juninho se construit une solide réputation dans la galaxie brésilienne du championnat de France de Ligue 1. À 28 ans et pour sa deuxième saison – pour un contrat de cinq ans – à Lyon, Juninho, le quatrième et dernier arrivé des mousquetaires brésiliens de l’OL – avec Sonny Anderson, Claudio Caçapa et Edmilson – fait en effet parler la poudre cette année : 12 buts, dont cinq sur coups francs avec un triplé face à Auxerre (3-0) et trois passes décisives. Mais ne comptez pas sur lui pour tenter de cristalliser tous les honneurs sur sa personne. Lors d’un entretien avec Reuters, il s’excusait presque de cette série. « C’est une saison spéciale pour moi, reconnaît-il. J’en suis à 12 buts, si je peux en marquer encore trois, ce serait un bon chiffre pour un milieu de terrain. » Puis immédiatement, le Brésilien redevient collectif, sa marque de fabrique. « Mais bon, si je ne marque plus et que Lyon est champion, je serais satisfait quand même. Car il ne faut jamais oublier qu’un joueur tout seul ne peut rien faire », ajoute-t-il. Homme très famille, « j’ai besoin d’être avec ma femme et mes deux enfants pour être bien, sans eux, je ne suis rien » , Juninho se veut aussi et surtout respectueux. « Tout ce bon passage ne change rien dans ma tête, le foot me fait plaisir. Tout simplement. Je suis un homme tranquille. » Pourtant, quand il arrive à Lyon, en juillet 2001, Juninho n’a pas la vie facile. Il sort de cinq mois d’inactivité dans son club de Vasco de Gama, avec lequel il est en conflit. Et à peine arrivé au stage de début de saison, il repart en Amérique du Sud où il dispute, avec l’équipe de Brésil, la Copa América. Jacques Santini, alors encore entraîneur de l’OL, reste même songeur à l’aube de la saison. « Lyon sera champion » « Comment voulez-vous que je le juge, je ne l’ai vu faire que du VTT à Tignes ! », lance-t-il sans jamais omettre de rappeler son premier choix, Éric Carrière, au poste de numéro 10. Le futur sélectionneur des Bleus aura finalement les deux, le Nantais rejoignant le Brésilien à Lyon à la fin août. Et « Junio », comme le surnomme, avec une pointe de sarcasme Jacques Santini, débute son apprentissage en 29 matches disputés (sur 34) en championnat. « Il me faut toujours du temps pour m’acclimater, cela a toujours été comme cela, même à Vasco de Gama où je suis resté cinq ans. Il faut apprendre à connaître ses coéquipiers, le club, l’environnement », explique-t-il avec le recul. « C’est vrai, on peut penser porter un jour le maillot du Real ou d’une autre équipe, mais Lyon, c’est déjà un très grand club. Et Lyon va continuer de grandir et donc le premier objectif, c’est d’être en Ligue des champions, puis d’être champion de France. » De son premier but inscrit cette saison à Guingamp en août au dernier en date, marqué à Nice lors de la 31e journée, le Brésilien fait admirer sa technique qui fait aussi merveille sur coups de pied arrêtés. Le ballon a toujours une trajectoire particulière, en retombant très vite à mesure que la cage adverse se rapproche, conséquence d’un don – la laxité de sa cheville –, mais pas seulement. « C’est ma caractéristique, c’est vrai, mais c’est le résultat du travail, de la concentration, insiste-t-il. Cette semaine, par exemple, je vais faire deux séances de coups francs, même si je ne joue pas face au Havre car je suis suspendu. » Juninho récolte aussi les fruits d’un autre passé, de ses débuts à Recife, où il a été formé avant de passer professionnel en 1993. « C’est le foot en salle. Il t’oblige à réfléchir plus vite car tout se joue sur un petit terrain. Il faut frapper plus vite car l’espace est limité », révèle-t-il.
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