Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a pas subi de changement, le dollar continuant à être offert dans de petites quantités au haut de la fourchette d’intervention de la BDL pour subvenir aux besoins courants des opérateurs en cette monnaie. Le maintien par celle-ci de cette fourchette entre 1501 et 1514 LL a servi donc à le faire fixer au même taux moyen indicatif de 1507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait invariablement aussi entre 1513,50 et 1514 LL, comme depuis le début de la semaine. À l’étranger, le dollar s’est effrité face aux principales monnaies hier, notamment l’euro, dans des marchés des changes qui évoluent depuis une semaine au rythme de la guerre en Irak. Des nouvelles faisant état de problèmes rencontrés par les forces américano-britanniques dans ce pays ainsi que la pluie et les tempêtes de sable enrayant leur progression vers Bagdad ont pesé sur le dollar, dans la mesure où toute prolongation de la durée des hostilités est très compromettante pour l’économie américaine. Cette crainte a été renforcée hier par des propos dans ce sens attribués au directeur général du FMI, Horst Koehler, estimant qu’une récession mondiale n’est pas exclue en cas de guerre longue en Irak. Cela d’autant que le président George W. Bush venait de mettre en garde hier les troupes américaines, dans une base en Floride, contre la tentation de croire que la fin de la guerre était proche. De plus, les nouvelles macroéconomiques en provenance des États-Unis ont fait le reste. À cet égard, les investisseurs ont été profondément déçus hier par la baisse de 1,2 % des commandes de biens durables et de 8,1 % des ventes de logements neufs dans ce pays en février, au lendemain de la rechute de l’indice de confiance des consommateurs américains à 62,5 pts en mars, laissant craindre un fléchissement de l’activité. Dans ce contexte, les opérateurs ont ignoré la baisse de l’indice IFO mesurant le climat des affaires en Allemagne à 88,1 pts en mars ainsi que l’annonce par la BCE d’un déficit de 6,4 mds EUR de la balance des comptes courants et des sorties nettes de capitaux de 16,5 mds EUR dans la zone euro en janvier. Ils ont, en effet, continué à se débarrasser du dollar qui s’est négocié à New York à 1,0685 pour un euro contre 1,0655 la veille, à 1,5750 pour un sterling contre 1,5725, à 1,3820 FS contre 1,3830 et à 120,05 yens contre 120,15. En Bourse, les marchés américains des actions ont été volatils hier, alors que les nouvelles de sociétés préoccupaient les investisseurs dans l’attente de développements significatifs en Irak. En plus des mauvais chiffres de l’économie, les opérateurs ont été sensibilisés par des rumeurs selon lesquelles IBM pourrait lancer un avertissement sur ses résultats. En clôture, Wall Street a fini en baisse de 0,61 % à 8229,88 pts et le Nasdaq de 0,25 % à 1387,47 pts. La volatilité a été également perceptible sur les places boursières européennes où le CAC 40 a perdu 0,29 % à 2787,56 pts et l’Extra Dax 2,15 % à 2579,33 pts, alors que le Footsie gagnait 0,83 % à 3793,10 pts. À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la baisse de 4798 actions A de Solidere de 4 1/2 à 4 3/8 $, de 738 actions C de la Byblos Bank de 1 13/16 à 1 25/32 $ et de 776 certificats GDR de la Blom Bank de 20 1/8 à 20 $, alors que 4533 actions B de Solidere se maintenaient à 5 $ et 50 actions du Beirut Interbank Fund à 102 1/4 $. Élie KAHWAGI
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