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POÉSIE Les dunes de l’oubli

Je m’appelle Légion arabe, et n’ai rien d’une étrangère. Fille de Sem, fils du désert. Je suis plateau d’Orient, plastron du Maghreb, quarante douze millions de grains de sable que concasse l’engrenage. Je suis sans âge. Et n’ai en mémoire que dates de mort. Je n’existe que délié de mon propre sort. Et ne suis cité qu’en les murs de ma casbah. Par les démagogues glauques du langage d’en-bas. Qui veulent tous me recruter. Je suis hermétique parce que je suis occulté. J’ai beau gémir sous l’obus, on s’acharne à me le catapulter. J’ai beau hurler, je ne libère que du vent, avant qu’on me boucle. Vertige du cercle vicieux dans mes yeux d’escarboucle. Où scintille le bleu nuit de l’enfer consommé. Partir… Printemps maudit de toujours, je suis ton peuple martyr. Et mal-aimé. J.I.
Je m’appelle Légion arabe, et n’ai rien d’une étrangère. Fille de Sem, fils du désert. Je suis plateau d’Orient, plastron du Maghreb, quarante douze millions de grains de sable que concasse l’engrenage. Je suis sans âge. Et n’ai en mémoire que dates de mort. Je n’existe que délié de mon propre sort. Et ne suis cité qu’en les murs de ma casbah. Par les démagogues glauques du langage d’en-bas. Qui veulent tous me recruter. Je suis hermétique parce que je suis occulté. J’ai beau gémir sous l’obus, on s’acharne à me le catapulter. J’ai beau hurler, je ne libère que du vent, avant qu’on me boucle. Vertige du cercle vicieux dans mes yeux d’escarboucle. Où scintille le bleu nuit de l’enfer consommé. Partir… Printemps maudit de toujours, je suis ton peuple martyr. Et mal-aimé. J.I.