Contribution militaire quasi nulle des 45 pays pour la guerre en Irak
le 20 mars 2003 à 00h00
La contribution militaire des 45 États soutenant les États-Unis contre l’Irak sera quasiment nulle, hormis celle de Londres, mais cette coalition offre plusieurs avantages stratégiques en Europe centrale, ont souligné hier des experts. Pour François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le fait que 15 de ces 45 pays aient préféré rester anonymes « montre le manque de sérieux et de solidité de cette coalition, où seuls trois pays anglophones engageront des forces sur le terrain ». « Les Américains fourniront 250 000 hommes, les Britanniques 45 000 et les Australiens 2 000. Cela n’a rien à voir avec la coalition de la guerre du Golfe en 1991 où avaient combattu notamment 35 000 Egyptiens, 15 000 Syriens, 10 000 Pakistanais et 2 000 Marocains », a-t-il déclaré. Même l’Espagne, fidèle alliée des États-Unis depuis le début de la crise diplomatique, ne devrait fournir aucune contribution pour l’offensive, ne disposant pas du matériel adéquat. Son soutien se résumera à l’envoi d’avions de chasse F-18 pour protéger la Turquie si ce pays était attaqué par l’Irak. Les Pays-Bas ont fourni trois batteries de missiles Patriot, mais uniquement pour protéger la Turquie, selon Bastien Nivet, de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). « Ce sont des soutiens annexes car, hormis la Grande-Bretagne, la contribution de la plupart de ces pays sera quasiment nulle car même l’Espagne et l’Italie n’ont pas grand-chose à fournir », résume ce spécialiste de l’Europe. La Chambre des députés italiens a par ailleurs donné son accord hier à un survol du pays et à l’utilisation limitée des bases militaires pour le transit, l’approvisionnement et la manutention du matériel destiné à une opération de désarmement de l’Irak. Pour les opérations aériennes sur l’Irak, qui devraient marquer le début de l’offensive, seule la Grande-Bretagne possède les appareils conformes aux normes américaines d’identification nécessaires pour participer aux opérations. La coalition présente cependant pour les Américains plusieurs avantages stratégiques, liés notamment à la forte présence de pays d’Europe centrale. La Bulgarie et sa très bonne connaissance des armements soviétiques vendus dans le Proche-Orient, la Hongrie où 3 000 exilés irakiens s’entraînent sur la base militaire de Taszar (Sud), la République tchèque, réputée pour ses unités de détection chimique et la Roumanie devraient ouvrir leurs espaces aériens et certaines de leurs bases, ce qui n’était pas partout le cas lors de la guerre du Golfe. « D’où le soutien des États-Unis à l’élargissement de l’Otan », note Bastien Nivet. Enfin, la participation de l’Albanie à la coalition n’est pas dénuée d’intérêt : « La nébuleuse el-Qaëda risque de tirer profit de la guerre, et l’Albanie est un pays central pour le transfert de fonds du réseau Ben Laden via des ONG islamistes. »
La contribution militaire des 45 États soutenant les États-Unis contre l’Irak sera quasiment nulle, hormis celle de Londres, mais cette coalition offre plusieurs avantages stratégiques en Europe centrale, ont souligné hier des experts. Pour François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le fait que 15 de ces 45 pays aient préféré rester anonymes « montre le manque de sérieux et de solidité de cette coalition, où seuls trois pays anglophones engageront des forces sur le terrain ». « Les Américains fourniront 250 000 hommes, les Britanniques 45 000 et les Australiens 2 000. Cela n’a rien à voir avec la coalition de la guerre du Golfe en 1991 où avaient combattu notamment 35 000 Egyptiens, 15 000 Syriens, 10 000 Pakistanais et 2 000 Marocains », a-t-il déclaré. Même l’Espagne,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.