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Vases communicants

112 jours. Telle aura été la durée de leur mission. 112 jours au terme desquels les experts en désarmement de l’Onu ont dû signer leur note dans le hall de l’hôtel Canal à Bagdad. 112 jours, c’était bien peu au vu de la tâche qui leur incombait et soumis à une telle pression internationale. Il y a 112 jours, ce sont des Irakiens méfiants et suspicieux qui les ont accueillis. Souvenir d’un certain Richard Butler peut-être… Mais au fil des jours, les Irakiens se sont pliés, sous la contrainte certes, aux exigences de ces experts « finalement honnêtes ». Et alors que la menace américaine se faisait plus pressante, ces inspecteurs sont progressivement devenus un gage, un parapluie contre une pluie de bombes. La garantie est arrivée à expiration. Annoncée dès lundi soir par un Kofi Annan qui ne cachait ni son amertume ni sa tristesse, l’évacuation des inspecteurs a débuté hier matin. Derrière eux, ils laissent des Irakiens un peu effarés, un peu hagards. Des Irakiens qui réalisent enfin, à mesure que les véhicules tout terrain siglés « UN » quittent Bagdad, que la guerre est là, inéluctable. Derrière la peur, c’est aussi l’incompréhension. Celle des Irakiens, persuadés que leur pays avait montré des signes tangibles et forts de coopération avec l’Onu. Celle des inspecteurs aussi qui, à l’image de leurs chefs Hans Blix et Mohammed el-Baradei, estiment que leur mission n’est pas achevée et qu’ils ont les moyens de la mener à terme. Une mission dont l’objectif, le désarmement complet de l’Irak, nécessitait plus de 112 jours. En 112 jours, Washington est, en revanche, parvenu à masser aux portes de l’Irak un arsenal des plus imposants et des plus effrayants : 255 000 soldats, 700 avions de combat, des dizaines hélicoptères d’attaque, des bombardiers B-2 et B-52, des chars, des porte-avions, des navires de surface et des sous-marins lanceurs de missiles de croisière... Si Washington semble trouver peu attrait ou d’intérêt au multilatéralisme et à la Charte des Nations unies, la théorie des vases communicants lui est assurément plus familière et plaisante. Émilie SUEUR
112 jours. Telle aura été la durée de leur mission. 112 jours au terme desquels les experts en désarmement de l’Onu ont dû signer leur note dans le hall de l’hôtel Canal à Bagdad. 112 jours, c’était bien peu au vu de la tâche qui leur incombait et soumis à une telle pression internationale. Il y a 112 jours, ce sont des Irakiens méfiants et suspicieux qui les ont accueillis. Souvenir d’un certain Richard Butler peut-être… Mais au fil des jours, les Irakiens se sont pliés, sous la contrainte certes, aux exigences de ces experts « finalement honnêtes ». Et alors que la menace américaine se faisait plus pressante, ces inspecteurs sont progressivement devenus un gage, un parapluie contre une pluie de bombes. La garantie est arrivée à expiration. Annoncée dès lundi soir par un Kofi Annan qui ne cachait ni son...