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POÉSIE Breeze, breeze !

S’il reste un peu de vent, là dans le terrain vague au ciment écaillé, laissez m’en une rasade, enfants de ma misère qui jouez d’un rien comme en paradis. Comme en paradis, il n’y a dans ce coin nulle trace d’ennui, nul refrain d’envie, nul oiseau qui chante mieux qu’en mon souvenir la voix des disparus. Et je vois Abel et je vois Caïn qui dansent pizzicato notre mort prochaine. S’il reste un peu de vent, faites m’en un colis, j’en porterai le souffle au pied de l’églantier où reposent enlacés notre âme d’enfants et le crime d’innocence. S’il reste un peu d’air, qu’il me redonne l’errance et la sereine pitié du paria sans haine qui mord l’oreille du chien pour adoucir sa peine maintenant, la lune par-dessus ce feuillage qui tremble enfin au son d’un cri sans âge et sans nid si beau, si pur qu’il en est tout azur Et tout infini. J.I.
S’il reste un peu de vent, là dans le terrain vague au ciment écaillé, laissez m’en une rasade, enfants de ma misère qui jouez d’un rien comme en paradis. Comme en paradis, il n’y a dans ce coin nulle trace d’ennui, nul refrain d’envie, nul oiseau qui chante mieux qu’en mon souvenir la voix des disparus. Et je vois Abel et je vois Caïn qui dansent pizzicato notre mort prochaine. S’il reste un peu de vent, faites m’en un colis, j’en porterai le souffle au pied de l’églantier où reposent enlacés notre âme d’enfants et le crime d’innocence. S’il reste un peu d’air, qu’il me redonne l’errance et la sereine pitié du paria sans haine qui mord l’oreille du chien pour adoucir sa peine maintenant, la lune par-dessus ce feuillage qui tremble enfin au son d’un cri sans âge et sans nid si beau, si pur...