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Actualités

De père en fils

Qui se souvient de l’époque où, sévère, l’agent contrôlait la présence à bord des voitures de l’indispensable extincteur exigé par M. Murr père ? Depuis lors, le fils a dépassé, et de loin, les prouesses de son géniteur. C’est ainsi que nous eûmes droit à l’interdiction, en conduisant, de l’usage du portable, puis à l’obligation pour le conducteur d’attacher sa ceinture de sécurité, à l’annonce enfin que des caméras invisibles allaient nous contrôler, que des voitures de ronde allaient sillonner de jour comme de nuit les routes du Grand Beyrouth. On nous excusera d’en avoir oublié... Que sont donc tous ces interdits devenus ? Les vols à l’arraché de sacs se comptent par dizaines toutes les semaines ; armés de leurs quatre-roues, les assassins s’en donnent à cœur joie – à contresens aussi –, terrorisant les conducteurs soucieux de respecter le code automobile ; les motards, véritables « gremlins », slaloment à qui mieux mieux, faisant peser mille fois plutôt qu’une la menace de mort sur les piétons et les automobilistes ; la nuit, les phares vous aveuglent impunément et les mastodontes foncent droit sur vous – que vous soyez à pied ou en voiture, en train de traverser la chaussée ou sur le trottoir – comme pour vous écraser, forts de l’impunité que leur confèrent leurs trois-tonnes. Le policier de service (vraiment, de service ?) pendant ce temps est occupé, lui, à regarder ailleurs. Pendant ce temps aussi, les services de M. Murr fils vous bombardent de messages SMS pour vous mettre en garde contre la drogue. Quand le ministre lui-même ne se trouve pas en mission à Tombouctou ou dans le Kamtchatka, au prétexte de contribuer à la défense de la veuve et de l’orphelin, où qu’ils soient. Ah ! Cet universalisme hérité de Térence... Une suggestion à l’adresse de l’ensemble de ces Excellences, et de celle de l’Intérieur en particulier : pourquoi ne pas vous occuper de ce qui nous concerne au premier chef ? De ce pour quoi, après tout, vous avez été placé là où vous êtes ?... C.M.
Qui se souvient de l’époque où, sévère, l’agent contrôlait la présence à bord des voitures de l’indispensable extincteur exigé par M. Murr père ? Depuis lors, le fils a dépassé, et de loin, les prouesses de son géniteur. C’est ainsi que nous eûmes droit à l’interdiction, en conduisant, de l’usage du portable, puis à l’obligation pour le conducteur d’attacher sa ceinture de sécurité, à l’annonce enfin que des caméras invisibles allaient nous contrôler, que des voitures de ronde allaient sillonner de jour comme de nuit les routes du Grand Beyrouth. On nous excusera d’en avoir oublié... Que sont donc tous ces interdits devenus ? Les vols à l’arraché de sacs se comptent par dizaines toutes les semaines ; armés de leurs quatre-roues, les assassins s’en donnent à cœur joie – à contresens...