La diffusion de l’interview de Saddam par CBS embarrasse la Maison-Blanche
le 28 février 2003 à 00h00
La Maison-Blanche tentait de minimiser hier l’intérêt de l’interview de Saddam Hussein diffusée mercredi soir par CBS et qui a permis au dirigeant irakien honni de présenter ses arguments à une heure de grande écoute aux téléspectateurs américains. Ari Fleischer, le porte-parole du président Bush, a qualifié l’entretien de « soixante minutes de mensonges, tromperies et propagande », cherchant à en minimiser la portée. Il jouait sur le titre « Sixty Minutes » (soixante minutes) de cette émission, très populaire, pendant laquelle l’entretien a été diffusé mercredi soir, une heure après un discours du président George W. Bush appelant à la destitution de Saddam Hussein qu’il a qualifié de « tyran ». Lors de l’entretien accordé au journaliste vedette américain Dan Rather, Saddam Hussein est toutefois apparu mesuré et presque affable, souriant parfois. Une image ne correspondant guère à celle de brute sanguinaire que l’Administration Bush s’efforce de faire passer auprès de l’opinion. Le dirigeant irakien a notamment appelé les Américains à ne pas envahir l’Irak, soulignant que son pays n’avait commis aucune agression contre les États-Unis. « Ne commettez pas d’agression contre nous. Comme vous le savez, nous n’avons pas commis d’agression contre les États-Unis », a-t-il affirmé. Le président irakien a également déclaré que l’énorme déploiement militaire américain servait « en partie à couvrir l’énorme mensonge qui a été diffusé contre l’Irak à propos des armes chimiques, biologiques et nucléaires ». La Maison-Blanche n’a pas reproché à CBS d’avoir diffusé l’entretien. « Je pense que Dan Rather doit être félicité pour avoir obtenu un entretien sérieux avec Saddam Hussein », a même souligné Ari Fleischer. L’entretien avait fait couler beaucoup d’encre, avant même sa diffusion. Dès lundi, CBS a commencé à en diffuser des extraits dans lesquels Saddam Hussein excluait tout exil, indiquait qu’il ne ferait pas brûler les puits de pétrole irakiens en cas d’invasion et laissait entendre qu’il ne détruirait pas des missiles comme le lui demande l’Onu. Mais il a fallu attendre mercredi soir pour sa diffusion intégrale, en raison des délais de traduction et de sortie de la bande vidéo de l’Irak. Dans l’intermède, la Maison-Blanche a demandé d’avoir un droit de réponse. CBS a exigé que celui-ci soit donné par le président Bush lui-même, ce qui lui a été refusé. La chaîne de télévision américaine a alors proposé de donner la parole à un autre membre important de l’Administration comme le vice-président Richard Cheney. Mais cette proposition a également été rejetée. Résultat, aucun responsable américain n’a pu répondre dans le cadre de « soixante minutes » aussitôt après la diffusion de l’entretien dans lequel Saddam Hussein a affirmé qu’il était prêt à dialoguer avec M. Bush. La Maison-Blanche est embarrassée et parvient difficilement à le cacher. Mercredi, avant la diffusion de l’émission, Ari Fleischer avait estimé que « les médias américains vont devoir faire face à des décisions difficiles et intéressantes alors que l’Irak va dépêcher des émissaires pour faire de la propagande ». Il s’est toutefois bien gardé de leur conseiller la réponse que la présidence américaine jugerait appropriée.
La Maison-Blanche tentait de minimiser hier l’intérêt de l’interview de Saddam Hussein diffusée mercredi soir par CBS et qui a permis au dirigeant irakien honni de présenter ses arguments à une heure de grande écoute aux téléspectateurs américains. Ari Fleischer, le porte-parole du président Bush, a qualifié l’entretien de « soixante minutes de mensonges, tromperies et propagande », cherchant à en minimiser la portée. Il jouait sur le titre « Sixty Minutes » (soixante minutes) de cette émission, très populaire, pendant laquelle l’entretien a été diffusé mercredi soir, une heure après un discours du président George W. Bush appelant à la destitution de Saddam Hussein qu’il a qualifié de « tyran ». Lors de l’entretien accordé au journaliste vedette américain Dan Rather, Saddam Hussein est toutefois...
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