À six mois des championnats du monde d’athlétisme qui se dérouleront au stade de France, le Marocain Brahim Boulami, recordman du monde du 3 000 mètres steeple, est dans l’attente d’une décision de l’IAAF relative à son contrôle positif à l’EPO. Boulami, 30 ans, a pulvérisé son record du monde établi à Bruxelles en 2001 – 7’55’’28 – lors du meeting Golden League de Zurich le 16 août dernier en réalisant un temps de 7’53’’17. Mais un test antidopage effectué la veille a montré dans le corps de l’athlète des traces d’érythropoïétine. Dans les jours qui viennent, la Fédération internationale doit rendre sa décision. Il y a fort à parier que Boulami sera suspendu deux ans, ce qui lui ferait manquer les Mondiaux. Le Marocain a déjà annoncé son intention de faire appel d’une probable suspension et a promis qu’il ferait son retour aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004. « Si je devais être suspendu, je ferais appel auprès du TAS (Tribunal arbitral du sport) », a déclaré Boulami à Reuters au cours d’un entretien téléphonique. Car l’athlète estime que la procédure est viciée. « Ils m’avaient dit que je serais informé du résultat dans quatre jours. À minuit le jour d’après, j’ai reçu un appel du Maroc qui m’annonçait que j’étais positif à l’EPO. J’étais choqué », a dit Boulami à Reuters. Après l’analyse de l’échantillon A, Boulami demande une contre expertise. En septembre, il se rend à Lausanne avec un expert de la Fédération internationale (IAAF) et un expert de la Fédération royale marocaine (FRMA) pour l’analyse de l’échantillon B, qui se révèle également positive. Mais mi-février, le dossier qui était entre les mains de la FRMA est renvoyé à l’IAAF. « L’expert marocain – le docteur Abdelhamid Stambouli – a été expulsé par le directeur du laboratoire, le Dr Sauger », raconte Boulami. « Il lui a dit : “votre présence n’est pas désirée ici” ». « Le règlement de l’IAAF autorise l’athlète à être accompagné par un membre de sa Fédération », explique la FRMA dans un communiqué pour motiver le renvoi du dossier à l’IAAF. « Nous demandons à l’IAAF de statuer sur cette question ». « La commission de discipline de la FRMA n’a pas tous les éléments en main pour juger cette affaire et recommande qu’elle soit examinée par la commission d’arbitrage de l’IAAF », poursuit le communiqué. L’IAAF, par la voix de son porte-parole Nick Davies, répond à Reuters : « Boulami était présent lors de l’analyse de l’échantillon B avec son expert – M. Durmanov – et la totalité de la procédure ne peut être annulée parce qu’un autre expert, le Dr Stambouli, n’était pas là ». Pour Boulami, cela ne fait pas de doute, il y a vice de procédure et il pense pouvoir participer aux championnats du monde. Il estime par ailleurs que l’IAAF était obligée de rendre une décision après audition dans les trois mois suivant l’analyse de l’échantillon B, ce qui n’a pas été fait. Mais l’IAAF rappelle que « selon l’article 21.1 de son règlement, l’audition doit avoir lieu dès que possible et, dans des circonstances normales, pas plus tard que trois mois après les dernières analyses en laboratoire ». « La question du délai dans cette affaire devrait être étudiée lors de la prochaine réunion du conseil de l’IAAF en avril », explique Nick Davies. Dans cette situation, Boulami semble confiant. « Il n’y a pas de véritable possibilité d’appel au Maroc pour ce genre d’affaires », dit-il. En cas de suspension, il s’est dit prêt à poursuivre son combat : « Je suis prêt. Je travaille avec un avocat depuis des mois sur le sujet ». Boulami a précisé qu’il était grand temps pour lui qu’une décision soit prise, afin de pouvoir entrer dans le vif de sa préparation pour les Mondiaux. « Il faut que je reprenne la compétition en mai ou en juin au plus tard si je veux être prêt pour les championnats du monde », indique-t-il. « J’ai recommencé à m’entraîner à Rabat. Dans trois semaines, quand le temps se sera radouci, je monterai à Ifrane (au sud de Meknes) ». Boulami, dont le dernier record du monde n’a pas encore été homologué ni annulé, a expliqué qu’il s’entraînait sans entraîneur spécifique depuis six ans. « Je n’ai plus d’entraîneur depuis 1997. Je m’entraîne en haute altitude à Ifrane avec des athlètes de niveau national qui courent le 3 000 et le 5 000 mètres », assure le natif de Safi. Mais les Kényans Stephen Cherono, qu’il avait devancé à Zurich, et le champion olympique Wilson Boit Kipketer, ont affirmé avoir vu Boulami disparaître aux toilettes avant les courses de Stockholm, Monte Carlo, Tunis et Zurich. Un article paru dans le Guardian début janvier indique que les deux Kényans assurent y avoir trouvé des seringues après avoir suivi Boulami. « Cela me fait rire », dit Boulami. « Ils doivent être jaloux parce que j’ai mis fin à l’hégémonie kényane dans la discipline ». « Nous ne pouvons pas faire de commentaire sur des rumeurs », dit pour sa part Nick Davies. Des rumeurs que voudrait faire taire Boulami aux JO 2004 s’il était suspendu cette semaine. Car, à huit jours près, il pourrait se rendre à Athènes. « J’ai été contrôlé le 15 août 2002 et l’athlétisme commence le 23 août 2004 aux JO. Alors je me battrai pour montrer que Brahim Boulami est le recordman du monde du 3 000 mètres steeple et qu’il peut être champion olympique. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À six mois des championnats du monde d’athlétisme qui se dérouleront au stade de France, le Marocain Brahim Boulami, recordman du monde du 3 000 mètres steeple, est dans l’attente d’une décision de l’IAAF relative à son contrôle positif à l’EPO. Boulami, 30 ans, a pulvérisé son record du monde établi à Bruxelles en 2001 – 7’55’’28 – lors du meeting Golden League de Zurich le 16 août dernier en réalisant un temps de 7’53’’17. Mais un test antidopage effectué la veille a montré dans le corps de l’athlète des traces d’érythropoïétine. Dans les jours qui viennent, la Fédération internationale doit rendre sa décision. Il y a fort à parier que Boulami sera suspendu deux ans, ce qui lui ferait manquer les Mondiaux. Le Marocain a déjà annoncé son intention de faire appel d’une probable...