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Roman Polanski, farfadet malicieux

Roman Polanski, malicieux sexagénaire diablement juvénile, est une figure du cinéma cosmopolite entre ses origines polonaises, ses amours américaines et ses attaches françaises. Soixante-neuf ans après sa naissance à Paris de parents polonais, Roman Polanski, naturalisé français en 1976, a construit en seize films une œuvre pleine de grands écarts, suscitant à la fois admiration et réserves, depuis l’iconoclasme de ses premiers opus jusqu’à l’académisme de son Pianiste. Sorte d’éternel farfadet ébouriffé, ironique et un peu mélancolique, Polanski a donné au cinéma de ces quarante dernières années plusieurs films mémorables, notamment Cul-de-sac (1966), Le Bal des vampires (1967), Rosemary’s Baby (1968), Chinatown (1974) ou Tess (1979). « C’est le film le plus personnel que j’ai fait car j’ai utilisé mes propres souvenirs », déclarait Polanski à Cannes, à propos de son dernier film, qui retrace l’histoire d’un pianiste, survivant du ghetto de Varsovie. De fait, ses parents étant revenus en Pologne deux ans avant le début du deuxième conflit mondial, le cinéaste a passé la guerre dans le ghetto de Cracovie. De ses parents envoyés en déportation, seul son père reviendra. Après sa fuite du ghetto et quelques années d’errance où il fait parfois l’acteur, il intègre l’école nationale des hautes études cinématographiques de Lodz, qui a vu passer une autre figure du cinéma polonais, Andrzej Wajda. Le temps de réaliser son premier long-métrage (Le Couteau dans l’eau en 1962) et le voilà reparti pour Paris avant de rejoindre Londres, (Répulsion, avec Catherine Deneuve, et Cul-de-sac). Auréolé de ces premiers succès, il est accueilli à bras ouverts à Hollywood. L’aventure américaine L’aventure américaine durera dix ans, semée de bonheurs et de cauchemars. Bonheur de son mariage avec la ravissante actrice Sharon Tate, des grands films qui font de lui un cinéaste de stature internationale, et cauchemar du sauvage assassinat de sa femme enceinte en 1969 par des satanistes. C’est aussi outre Atlantique que ce séducteur, qui reconnaît volontiers son goût immodéré pour les femmes, gagne sa réputation sulfureuse, avec notamment une affaire de détournement de mineure, qui lui coûtera en 1977 quelques semaines de prison et provoquera son départ définitif des États-Unis. Il sera vraisemblablement le grand absent des Oscars le 23 mars prochain, étant toujours recherché par la justice américaine, en liaison avec un scandale sexuel impliquant une adolescente mineure en 1977. De retour en France, il ralentit le rythme des tournages. Avec un film tous les quatre ans en moyenne, il poursuit son parcours accidenté entre succès (Tess en 1979), fiasco (Pirates en 1984) ou égarement érotico-triste (Lunes de fiel en 1992, avec sa compagne, Emmanuelle Seigner). Touche-à-tout talentueux, Polanski s’illustre aussi dans la mise en scène de théâtre ou d’opéra (Lulu de Berg en Italie, Rigoletto de Verdi en Allemagne et Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach à Paris). Sa patrie d’adoption lui offre en 1998, en remplacement du réalisateur Marcel Carné, un siège dans son Académie des beaux-arts, lui qui trouve à raison que sa vie est plutôt « non conventionnelle, anti-académique ». La prestigieuse université Jagellonne de Cracovie s’en souviendra et, dubitative quant à la « moralité » du cinéaste, lui refusera en 2000 le titre de docteur honoris causa. « Aux yeux de bien des gens, je passe pour une espèce de gnome et de débauché mais mes amis – et les femmes de ma vie – savent à quoi s’en tenir », tranchait Polanski en 1984, dans son autobiographie Roman.
Roman Polanski, malicieux sexagénaire diablement juvénile, est une figure du cinéma cosmopolite entre ses origines polonaises, ses amours américaines et ses attaches françaises. Soixante-neuf ans après sa naissance à Paris de parents polonais, Roman Polanski, naturalisé français en 1976, a construit en seize films une œuvre pleine de grands écarts, suscitant à la fois admiration et réserves, depuis l’iconoclasme de ses premiers opus jusqu’à l’académisme de son Pianiste. Sorte d’éternel farfadet ébouriffé, ironique et un peu mélancolique, Polanski a donné au cinéma de ces quarante dernières années plusieurs films mémorables, notamment Cul-de-sac (1966), Le Bal des vampires (1967), Rosemary’s Baby (1968), Chinatown (1974) ou Tess (1979). « C’est le film le plus personnel que j’ai fait car j’ai...