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Chypre Denktash pessimiste après l’élection de Papadopoulos

Les autorités chypriotes turques ont manifesté hier leur pessimisme quant aux chances d’aboutir à un accord sur la réunification de l’île après l’élection de Tassos Papadopoulos, perçu comme un Chypriote grec « dur », à la tête de la République de Chypre. « C’est la position intransigeante du peuple chypriote grec qui a gagné », a affirmé M. Denktash, qui dirige la République turque de Chypre-Nord (RTCN, reconnue par la seule Turquie), au lendemain de l’élection de M. Papadopoulos. M. Denktash, qui qualifie le nouveau dirigeant chypriote grec « d’ultranationaliste », l’a toutefois appelé à adopter une ligne « réaliste » et à « abandonner ses rêves » qui ne serviraient qu’à compromettre les chances d’un accord sur la réunification de l’île. Il a également exprimé le souhait que le nouveau président de la partie sud de Chypre (internationalement reconnue) œuvre pour la conclusion d’un accord « réaliste et équilibré ». Il a cependant évoqué une « impasse » dans les négociations en cours avec le président sortant chypriote grec Glafcos Cléridès sur les termes d’un plan de paix proposé par le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan. « M. Cléridès a rejeté toutes nos propositions sur le plan Annan. Il faisait semblant d’accepter le plan, mis en fait il y était hostile », selon M. Denktash. Ce dernier rejette lui aussi le plan Annan, affirmant que s’il était accepté tel quel, il transformerait Chypre, à terme, « en une île grecque ». Le Premier ministre chypriote turc Dervis Eroglu s’est également déclaré pessimiste sur l’avenir des négociations interchypriotes à l’issue du scrutin de dimanche. « L’élection de M. Papadopoulos a éloigné les chances d’un accord », a-t-il dit. Il a estimé que le nouveau président chypriote grec aurait probablement besoin de temps pour se préparer au dossier, ce qui retardera d’autant les négociations en cours. L’Onu souhaite que les deux parties aboutissent à un accord d’ici à fin février pour permettre à une île réunifiée d’adhérer en 2004 à l’Union européenne. Les entretiens Denktash-Cléridès prévus hier ont été annulés à la demande de M. Cléridès, a-t-on indiqué de source chypriote turque. Toutefois, selon l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu Alvaro de Soto, Tassos Papadopoulos est opposé à une pause dans les négociations interchypriotes. La presse de Chypre-Nord s’interrogeait également sur l’avenir des négociations en cours. « La nouvelle ère Papadopoulos dans le Sud », titrait Kibris, le plus important quotidien de RTCN (libéral). « Cléridès a perdu, que va-t-il advenir des négociations ? » s’interrogeait en une le journal nationaliste Kibrisli. Le journal Yeni Duzen (gauche) estimait, pour sa part, qu’après la cuisante défaite de M. Cléridès « l’intransigeant », il serait bon que M. Denktash, tout aussi hostile au plan de paix, parte aussi. Un nouveau plan de l’Onu ? Le Premier ministre turc, Abdullah Gül, a déclaré hier que le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, dévoilerait un nouveau plan de paix pour la réunification de Chypre. Annan est attendu la semaine prochaine à Ankara, Athènes et Nicosie pour tenter de relancer les discussions de paix entre les dirigeants chypriotes grec et turc. « Nous tentons tous de régler le problème, il y a une bonne chance d’y parvenir. Le secrétaire général Annan vient en Turquie la semaine prochaine. Nous savons qu’il a un autre plan, quelque chose dont nous espérons qu’il satisfera les deux parties », a dit Gül lors d’une conférence de presse à Bruxelles, où il venait de rencontrer Annan en marge du sommet de l’Union européenne consacré à l’Irak.
Les autorités chypriotes turques ont manifesté hier leur pessimisme quant aux chances d’aboutir à un accord sur la réunification de l’île après l’élection de Tassos Papadopoulos, perçu comme un Chypriote grec « dur », à la tête de la République de Chypre. « C’est la position intransigeante du peuple chypriote grec qui a gagné », a affirmé M. Denktash, qui dirige la République turque de Chypre-Nord (RTCN, reconnue par la seule Turquie), au lendemain de l’élection de M. Papadopoulos. M. Denktash, qui qualifie le nouveau dirigeant chypriote grec « d’ultranationaliste », l’a toutefois appelé à adopter une ligne « réaliste » et à « abandonner ses rêves » qui ne serviraient qu’à compromettre les chances d’un accord sur la réunification de l’île. Il a également exprimé le souhait que le...