Risque de famine en Irak en cas de guerre L’Irak risque de connaître la famine en cas de frappe américaine, a averti hier Ramiro Lopes da Silva, coordinateur humanitaire de l’Onu pour l’Irak. Si la guerre éclate en Irak, « il y aura un risque de famine et de malnutrition catastrophique, en l’absence d’une réponse substantielle et presque immédiate » de la communauté internationale, a-t-il déclaré. Selon lui, lorsque le programme pétrole contre nourriture a débuté fin 1996, 11,4 % des enfants irakiens âgés de 5 ans et moins souffraient de « malnutrition grave » et 32 % de malnutrition chronique. Aujourd’hui, les enfants qui souffrent de malnutrition grave ne sont plus que 4 %, mais 23 % sont encore sujets à la malnutrition chronique. « Selon les experts, en cas d’interruption de la distribution de nourriture, le taux de malnutrition grave remontera très rapidement », a-t-il ajouté. Par ailleurs, 50 % des femmes enceintes sont anémiques, en raison de manque de fer et d’acide folique. Dans le cadre du programme pétrole contre nourriture, le gouvernement distribue 436 000 tonnes de nourriture chaque mois à la population afin que chaque Irakien puisse bénéficier quotidiennement de 2 200 calories. Les États-Unis accordent 12 millions de dollars au HCR Les États-Unis ont accordé 12,1 millions de dollars au Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) afin de faire face à ses préparatifs humanitaires en cas de guerre en Irak, a annoncé hier le représentant permanent américain auprès des Nations unies à Genève, Kevin E. Moley. Cette nouvelle contribution porte à 15 millions de dollars les sommes allouées par les États-Unis à cette agence de l’Onu concernant l’Irak, selon un communiqué de l’ambassade. Ces fonds doivent contribuer à « un prépositionnement supplémentaire de stocks et de personnels au-delà des efforts déjà en cours en prévision d’une situation humanitaire d’urgence potentielle au Moyen-Orient », précise M. Moley dans sa lettre. « Nous exhortons les autres gouvernements à nous rejoindre dans le soutien aux organisations humanitaires internationales pour qu’elles se préparent à toutes les éventualités », écrit encore M. Moley. Moubarak attendu dans les prochains jours à Amman pour parler de la crise Le président égyptien Hosni Moubarak est attendu dans les prochains jours à Amman pour discuter avec le roi Abdallah II de la crise irakienne, a annoncé hier un responsable du palais royal. Le responsable a souligné que la rencontre aurait lieu en « début de semaine » (prochaine), sans fournir de précisions. Le début de semaine commence en Jordanie le samedi, à l’instar des autres pays musulmans. Selon le quotidien jordanien al-Destour d’hier, les dirigeants jordanien et égyptien évoqueront les efforts déployés pour réunir un sommet arabe début mars au Caire axé sur l’Irak. Les députés européens en Irak ont plaidé pour la coopération avec Blix Les députés européens opposés à une guerre en Irak qui se sont rendus à Bagdad cette semaine ont plaidé sur place pour une pleine coopération du régime de Saddam Hussein avec les inspecteurs de l’Onu, a déclaré hier l’un d’eux, l’écologiste belge Pierre Jonckheer. « Nous avons évité les opérations de manipulation » du régime irakien, notamment en ne « souhaitant pas de rencontres officielles » à un niveau très élevé, a expliqué l’eurodéputé Vert, rentré à Bruxelles quelques jours avant ses collègues qui doivent revenir dans la nuit de vendredi à samedi. « Nous avons fait très clairement comprendre aux Irakiens qu’ils devaient répondre aux questions » du chef des inspecteurs de l’Onu Hans Blix « et avoir une coopération plus active », a-t-il souligné. Le Pentagone étudie l’utilisation éventuelle de gaz antiémeute Le Pentagone est en train d’établir les règles concernant l’emploi de gaz antiémeute non mortel pour réduire le nombre de victimes civiles potentielles lors d’une éventuelle guerre contre l’Irak, a annoncé mercredi le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. Le droit international et les traités interdisant l’emploi de gaz antiémeute dans une guerre rendent ce processus « très complexe », a souligné M. Rumsfeld. « Nous faisons de notre mieux pour respecter les limites qui nous sont imposées à ce sujet », a-t-il ajouté lors d’une audition devant la commission des Forces armées de la Chambre des représentants. Les stratèges militaires américains craignent en effet d’avoir à faire face à la panique de civils en cas d’utilisation d’armes biologiques ou si des foules hostiles accueillent leurs soldats. La Jordanie a reçu trois batteries de missiles Patriot La Jordanie a reçu jeudi trois batteries de missiles antimissiles Patriot américains, destinées à renforcer sa défense dans la perspective d’une guerre en Irak, a indiqué une source diplomatique. « Trois batteries ont été réceptionnées par l’armée jordanienne qui les déploiera autour de la capitale Amman et de la ville d’Irbid (à 80 km plus au nord) », a précisé cette source sous le couvert de l’anonymat. Selon elle, « l’infrastructure nécessaire pour le déploiement des Patriot est fin prête et les missiles doivent être opérationnels dans cinq jours ». « La Jordanie avait souhaité recevoir cinq batteries, mais n’a obtenu que trois », a-t-elle dit, indiquant qu’« elles seraient renvoyées aux États-Unis à la fin de l’année, soit au terme des opérations militaires probables en Irak ». Des soldats jordaniens s’entraînent « depuis plusieurs mois », avec des experts américains, au maniement du système, selon une source jordanienne. Le gouvernement bulgare accepte d’ouvrir son espace aérien aux États-Unis Le gouvernement bulgare a accepté hier la demande des États-Unis d’utiliser l’espace aérien et l’infrastructure bulgare en cas d’action militaire contre l’Irak, ainsi que l’envoi d’une unité bulgare de défense nucléaire, chimique et biologique dans la zone de crise. Cet accord portant sur six mois doit être entériné aujourd’hui par le Parlement. « Le Conseil des ministres a décidé d’offrir à l’approbation de l’Assemblée nationale le vol et le passage en transit d’unités des États-Unis et de forces alliées par l’espace aérien et le territoire bulgares en cas d’opération éventuelle contre l’Irak », a déclaré le porte-parole gouvernemental Dimitar Tsonev. Il a précisé que « 18 avions américains ayant des fonctions de soutien ainsi que leur personnel et équipement militaire » seront autorisés à séjourner dans une base militaire à côté de l’aéroport de Sarafovo (Est), au bord de la mer Noire. Lors de l’intervention en Afghanistan, des avions américains qui approvisionnaient en carburant les avions participant à l’opération étaient basés à Sarafovo.
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