L’histoire de Kamal est celle d’un cas extrême, où le manque de communication entre une mère et son fils a généré une incompréhension et une frustration mutuelles. C’est aussi l’histoire d’un adolescent trop couvé et inaverti, qui a sombré dans l’univers de la drogue dès qu’il a découvert le monde extérieur. Leila a élevé toute seule son fils unique après la mort de son époux. C’était en période de guerre et elle devait souvent se réfugier chez ses parents ou ses beaux-parents. « Non seulement j’ai placé mon fils dans une école conservatrice, mais je ne lui ai donné aucune indépendance, je faisais tout à sa place, même les moindres petites choses. À l’époque, se souvient-elle, mon seul but était de le protéger. » En fait, Leila étouffait carrément son fils. Elle ne le laissait jamais sortir seul, même après qu’il eut atteint l’âge de l’adolescence. C’est alors que les conflits entre elle et son fils ont tourné au drame. « On se disputait constamment, il me reprochait de l’emprisonner, demandait plus d’indépendance, désirait sortir avec ses amis, mais j’étais intraitable », dit-elle. Leila raconte même comment elle pleurait, pour attendrir Kamal. « En fait, avoue-t-elle, je ne comprenais pas que cette indépendance lui était si nécessaire, qu’il avait besoin de se réaliser, qu’il ne m’appartenait pas. Tout ce que je voulais était qu’il m’obéisse au doigt et à l’œil, et qu’il reste tout près de moi. » Sa frustration, c’est dans son attitude vis-à-vis de sa mère que Kamal l’a tout d’abord exprimée. « Il est devenu irrascible, nerveux, criait dès que je m’adressais à lui, poursuit-elle. En fait, chacun de nous était dérangé par l’autre, mais nous n’en parlions pas. Nous évitions même d’aborder le sujet, car tout cela n’aboutissait qu’à plus de disputes, plus de colères, plus de frustrations. » Voulant écarter son fils de tous les problèmes, Leila réalise aujourd’hui que c’est exactement le contraire qui s’est passé. « En effet, dit-elle, dès qu’il a eu 18 ans et qu’il est allé à l’université, Kamal a progressivement plongé dans l’univers de la drogue avec tout ce que cela impliquait comme dépendance, souffrance et difficulté avant de s’en sortir. » Si Leila continue encore à l’appeler, les soirs où il veille tard à l’extérieur de la maison, elle avoue avoir réalisé que son fils, qui est aujourd’hui adulte, a besoin d’indépendance.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’histoire de Kamal est celle d’un cas extrême, où le manque de communication entre une mère et son fils a généré une incompréhension et une frustration mutuelles. C’est aussi l’histoire d’un adolescent trop couvé et inaverti, qui a sombré dans l’univers de la drogue dès qu’il a découvert le monde extérieur. Leila a élevé toute seule son fils unique après la mort de son époux. C’était en période de guerre et elle devait souvent se réfugier chez ses parents ou ses beaux-parents. « Non seulement j’ai placé mon fils dans une école conservatrice, mais je ne lui ai donné aucune indépendance, je faisais tout à sa place, même les moindres petites choses. À l’époque, se souvient-elle, mon seul but était de le protéger. » En fait, Leila étouffait carrément son fils. Elle ne le laissait jamais...