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Washington pourrait avoir du mal à aller au-delà des présomptions

Les services de renseignements américains surveillent de près tout ce qui se passe en Irak, mais les preuves promises par Washington risquent d’être minces, tout au plus suffisantes pour établir un faisceau de présomptions, estiment plusieurs spécialistes du renseignement. Imagerie satellite, surveillance aérienne, interceptions de communications, confidences de transfuges irakiens : les États-Unis possèdent d’énormes moyens pour espionner l’Irak. « À ce stade, les États-Unis doivent prouver publiquement et de manière nette que les Irakiens stockent des armes de destruction massive. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas de quoi prendre Saddam Hussein en flagrant délit », estime Vincent Cannistrano, ancien directeur du contre-terrorisme de la CIA. En revanche, ajoute-t-il, « il y a de très bons éléments de preuve montrant qu’il joue un jeu de dupes ». Les services de renseignements américains disposent ainsi, selon lui, « de très bonnes informations montrant qu’il a pénétré le système de communications du quartier général des inspecteurs de l’Onu à Bagdad et qu’il y a planté des appareils d’écoute ». « Cela donne un peu d’avance aux services secrets irakiens, pas beaucoup, mais suffisamment pour qu’ils puissent déplacer certaines choses », ajoute-t-il. « Ce que possèdent les États-Unis, ce sont des interceptions de communications de responsables irakiens ordonnant à leurs équipes sur différents sites qui vont être inspectés de bouger des matériels. Mais c’est pratiquement tout ce qu’ils ont », assure-t-il. Pour surveiller l’Irak du ciel, Washington ne lésine pas sur les moyens. Six satellites militaires du Bureau national de reconnaissance (NRO) sont en permanence braqués sur le pays, fournissant au Pentagone une image pratiquement en continu des sites sensibles irakiens. Mais ces satellites-espions sont aveugles lorsqu’il s’agit de voir à travers les parois. « Les photos satellites ne sont d’aucune aide. Elles montrent juste que certaines choses bougent, elles ne nous disent pas » leur contenu, relève M. Cannistrano. Quant aux confidences des transfuges irakiens, fait-il aussi remarquer, « elles sont généralement peu fiables parce que beaucoup d’entre eux inventent des histoires ». En ce qui concerne les liens entre Bagdad et les réseaux terroristes, en particulier el-Qaëda, « les preuves sont très minces et terriblement peu fiables », estime-t-il aussi. Autre question, pourquoi Washington ne partage-t-il pas les preuves dont il prétend disposer avec l’Onu ? « Si l’Administration Bush disposait vraiment d’une “preuve décisive” et qu’elle savait où tout se trouve, on se demande pourquoi elle n’en a pas informé (les inspecteurs de l’Onu) et communiqué ses informations top secret à l’AIEA » (Agence internationale de l’énergie atomique), se demande Patrick Garrett, analyste au centre de recherches privé GlobalSecurity.org. Il rappelle aussi que les services secrets américains ne sont pas infaillibles, ayant commis par le passé de terribles bévues, comme le bombardement erroné en 1999 de l’ambassade de Chine à Belgrade. « Un autre exemple est celui de l’usine pharmaceutique al-Chifa au Soudan en 1998, présentée comme une installation chimique », ajoute Patrick Garrett.
Les services de renseignements américains surveillent de près tout ce qui se passe en Irak, mais les preuves promises par Washington risquent d’être minces, tout au plus suffisantes pour établir un faisceau de présomptions, estiment plusieurs spécialistes du renseignement. Imagerie satellite, surveillance aérienne, interceptions de communications, confidences de transfuges irakiens : les États-Unis possèdent d’énormes moyens pour espionner l’Irak. « À ce stade, les États-Unis doivent prouver publiquement et de manière nette que les Irakiens stockent des armes de destruction massive. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas de quoi prendre Saddam Hussein en flagrant délit », estime Vincent Cannistrano, ancien directeur du contre-terrorisme de la CIA. En revanche, ajoute-t-il, « il y a de très bons éléments de...