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Arafat redoute les conséquences d’une réélection

Les législatives israéliennes sont perçues par les responsables palestiniens comme un choix entre la guerre et la paix, mais l’homme de la rue n’en attend apparemment rien. Bien que l’Autorité palestinienne considère cette échéance électorale comme une « affaire intérieure » israélienne, les échos d’un changement politique en Israël ont toujours eu une incidence sur la scène palestinienne. Le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, « sait pertinemment que la réélection de Sharon aura des incidences sur la scène politique palestinienne », affirme Mamdouh Nawfal, un de ses proches collaborateurs. « La réélection de M. Sharon rendra difficile la conclusion de la paix », poursuit-il. Un arrêt total de la violence, des réformes en profondeur de l’Autorité palestinienne et la mise à l’écart de M. Arafat figurent parmi les conditions mises par M. Sharon à l’éventuelle création, dans des conditions très strictes, d’un État palestinien indépendant. Au contraire, le leader du Parti travailliste, Amram Mitzna, prône une reprise immédiate et sans condition des négociations avec les Palestiniens, stoppées depuis janvier 2001, et n’exclut pas de parler avec M. Arafat. Celui-ci avait salué l’élection de M. Mitzna à la tête du Parti travailliste, en novembre dernier. En janvier, quelques jours après un double attentat-suicide qui avait fait 23 morts à Tel-Aviv, la direction palestinienne, visiblement consciente que les attentats coûtent des voix à la gauche israélienne, avait invité les groupes armés palestiniens à la « retenue » à l’approche des élections législatives. Elle avait aussi réaffirmé « son rejet de tous les actes de violence qui visent les civils palestiniens et israéliens ». Son appel est toutefois resté lettre morte, les divers mouvements palestiniens continuant leurs attaques anti-israéliennes, malgré les efforts de l’Égypte, qui les a réunis au Caire la semaine dernière pour discuter d’une suspension des attentats. Et la spirale de la violence s’est amplifiée un peu plus depuis ce week-end avec le massacre perpétré par l’armée israélienne dans la ville de Gaza. Mais si les préférences de M. Arafat et de la direction palestinienne vont clairement aux travaillistes, la plupart des Palestiniens ne semblent pas penser qu’il y a une grande différence entre Sharon et Mitzna. Selon un sondage effectué début janvier dans les Territoires par le Centre palestinien pour l’opinion publique, 48,9 % des Palestiniens estiment ainsi qu’il n’y aurait pas de différence pour le processus de paix entre un gouvernement dirigé par M. Mitzna ou par M. Sharon. Seulement 16,8 % pensent que leur situation pourrait s’améliorer si M. Mitzna était au pouvoir. Abdel Aziz al-Rantissi, l’un des principaux responsables du mouvement islamiste Hamas, est de cet avis, puisqu’il estime que les élections en Israël ne devraient « pas signifier grand-chose pour les Palestiniens ». « Il n’y a aucune différence entre un occupant et un occupant (Likoud et Parti travailliste), (car) la droite comme la gauche sont des occupants », ajoute-t-il. Hanane Achraoui, membre du Conseil législatif palestinien (CLP-Parlement), est toutefois d’un avis contraire. « Israël contrôle notre quotidien et il est inconcevable de dire que le changement politique en Israël n’aura aucune incidence sur nous », affirme-t-elle. « Tout changement politique en Israël aura des incidences sur les Palestiniens et la réélection (de M. Sharon) signifie la poursuite de la destruction et des tueries », insiste-elle. « Nous ne nous faisons pas d’illusion, nous savons pertinemment que le Parti travailliste et la gauche ne constituent pas la solution idéale, mais ils sont prêts à reprendre le dialogue », fait-elle remarquer.
Les législatives israéliennes sont perçues par les responsables palestiniens comme un choix entre la guerre et la paix, mais l’homme de la rue n’en attend apparemment rien. Bien que l’Autorité palestinienne considère cette échéance électorale comme une « affaire intérieure » israélienne, les échos d’un changement politique en Israël ont toujours eu une incidence sur la scène palestinienne. Le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, « sait pertinemment que la réélection de Sharon aura des incidences sur la scène politique palestinienne », affirme Mamdouh Nawfal, un de ses proches collaborateurs. « La réélection de M. Sharon rendra difficile la conclusion de la paix », poursuit-il. Un arrêt total de la violence, des réformes en profondeur de l’Autorité palestinienne et la mise à...