Il y a loin entre celui que Jimmy Connors traitait de « jeune punk » à ses début et le sage des courts qui a remporté les Internationaux d’Australie de tennis pour la quatrième fois en hier à Melbourne. La légende veut que son père, croupier à Las Vegas, lui ait mis une raquette de tennis dans les mains dès l’âge de quatre ans. Dès qu’un grand champion passait par là pour tenter sa chance au jeu, il l’entraînait sur un court en le priant d’échanger quelques balles avec son fils. Le Roumain Ilie Nastase rappelle encore aujourd’hui la formidable impression que lui fit ce morveux moins haut que sa raquette. Quand il apparut à Roland-Garros en 1987 avec son abondante crinière et son short en jean pour sa première apparition dans un tournoi du grand chelem hors des États-Unis, le public féminin se pâma. Seize ans après, il se rase le crâne pour cacher sa calvitie, mais il gagne plus que jamais. Sur les huit titres dans un des quatre tournois majeurs qui ornent à présent son palmarès, cinq ont été gagnés alors qu’il avait plus de 29 ans. À 32 ans et 272 jours, il est devenu dimanche le plus vieux champion de Melbourne depuis que l’Australien Ken Rosewall gagna son quatrième titre à 37 ans en 1972. Sa longévité dans le succès, il la doit à Gil Reyes, qui veille jalousement sur sa préparation physique depuis 1990. Mais aussi à l’équilibre qu’il a acquis avec l’expérience et à son amour indéfectible pour son sport. « J’essaye de prendre chaque jour comme si c’était le dernier. Il n’est pas facile de bien se préparer. Cela devient même de plus en plus difficile à mesure que je vieillis, mais le résultat est là : je suis de plus en plus fort », constate-t-il sans forfanterie. Deux fois, on l’a donné mort pour le tennis. Deux fois, il a su renaître de ses cendres. En 1993, ce fut une opération du poignet qui l’entraîna à la 24e place du classement mondial. En 1997, ce furent des kilos en excès qui le précipitèrent à la 141e place. L’année suivante, il quitta Roland-Garros par la petite porte après son élimination au premier tour et, la mine renfrognée, fit de même à Wimbledon après le deuxième tour. « Trop d’argent et trop peu de tennis ! », laissa tomber un chroniqueur anglais. Cela sonnait comme une condamnation. Devenu père de famille depuis la naissance de son fils Jaden Gil le 26 octobre 2001, il a quitté les colonnes des revues à sensation qui l’associaient à la chanteuse Barbara Streisand, puis à l’actrice Brooke Schields, sa première épouse. Avec l’ancienne championne Steffi Graf, sa seconde et très réservée épouse, il mène une vie tranquille cimentée par le tennis. Avec sa victoire écrasante sur Schuettler, la vingtième de suite à Melbourne, il a établi un record. Jamais aussi gracieux que quand il gagne, il a envoyé une fois de plus des baisers à la foule aux quatre points cardinaux. « Dis un mot pour Steffi », lui lança alors un spectateur. « Moi, je ne parle pas de ta femme », lui rétorqua-t-il du haut du podium planté au milieu du central. « Il est plus fort que jamais », a convenu à son tour l’ancien champion John McEnroe.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a loin entre celui que Jimmy Connors traitait de « jeune punk » à ses début et le sage des courts qui a remporté les Internationaux d’Australie de tennis pour la quatrième fois en hier à Melbourne. La légende veut que son père, croupier à Las Vegas, lui ait mis une raquette de tennis dans les mains dès l’âge de quatre ans. Dès qu’un grand champion passait par là pour tenter sa chance au jeu, il l’entraînait sur un court en le priant d’échanger quelques balles avec son fils. Le Roumain Ilie Nastase rappelle encore aujourd’hui la formidable impression que lui fit ce morveux moins haut que sa raquette. Quand il apparut à Roland-Garros en 1987 avec son abondante crinière et son short en jean pour sa première apparition dans un tournoi du grand chelem hors des États-Unis, le public féminin se pâma. Seize...