Les « boucliers humains », en route pour l’Irak, font étape à Paris Une trentaine de militants pacifistes, en provenance de Londres et en route pour l’Irak où ils comptent servir de « boucliers humains » en cas d’attaque, ont fait étape dimanche après-midi à Paris. Parti samedi de Grande-Bretagne à bord de trois bus à impérial, le groupe doit parcourir 4 800 km, en passant par Genève, Zurich, Milan, Ljubljana, Belgrade, Sofia, Istanbul, Ankara, Damas, Amman, avant de rallier Bagdad, selon l’organisation HumanShield, qui dirige l’opération. À leur tête se trouve un ancien militaire américain vétéran de la guerre du Golfe, aujourd’hui résident en Grande-Bretagne, Ken Nichols O’Keefe. Un tiers des volontaires partis samedi sont britanniques, selon un des organisateurs. D’autres viennent d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des États-Unis, d’Espagne, de Belgique ou du Brésil. Tous comptent rester en Irak, si une opération armée est lancée, pour « faire pression » sur les États-Unis et la Grande-Bretagne. L’Iran « n’aidera pas les USA contre un autre pays musulman » L’Iran ne se tiendra pas au côté des États-Unis pour agir contre un autre pays musulman, a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Hamid Reza Asséfi, cité dimanche par l’agence officielle de presse Irna. « Nous ne serons jamais au côté des États-Unis pour agir contre un autre pays musulman, mais comme cela a été souligné lors de la réunion d’Istanbul et comme l’affirment les pays européens, nous soutiendrons toutes les actions pour empêcher qu’une guerre éclate » en Irak, a dit M. Asséfi. Selon Irna, M. Asséfi réagissait aux propos du ministre de la Défense américain, Donald Rumsfeld, qui avait demandé à l’Iran, la semaine dernière, de « ne pas créer des troubles en Irak et ne pas intervenir dans les affaires intérieures de ce pays ». M. Asséfi a également demandé « aux dirigeants américains d’éviter les actions unilatérales » afin de ne pas créer « des troubles et une crise dans la région ». L’Iran rejette fermement une frappe militaire américaine contre l’Irak mais demande en même temps à Bagdad de coopérer totalement avec les Nations unies pour ne pas donner de prétextes aux Américains. Réunis jeudi à Istanbul, les ministres des Affaires étrangères de cinq pays voisins de l’Irak (Arabie saoudite, Turquie, Syrie, Jordanie et Iran) et de l’Égypte ont appelé « solennellement la direction irakienne à prendre irréversiblement et sincèrement ses responsabilités afin de rétablir la paix et la stabilité dans la région ». Bahreïn prend livraison de plusieurs batteries de missiles Patriot Bahrein a annoncé samedi avoir pris livraison de batteries de missiles antimissiles Patriot américains qui doivent « renforcer son système de défense aérienne face à une menace de missiles balistiques ». Cette annonce a été faite par le roi de Bahreïn, cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa, lors d’une visite d’inspection d’unités des forces armées bahreïnies (Bahrain Defence Force, BDF), rapporte l’agence officielle BNA. « L’introduction de batteries de missiles Patriot dans la BDF doit consolider le système de défense aérienne (de Bahreïn) pour faire face à une menace de missiles balistiques », a déclaré le roi Hamad, dans une référence implicite à une menace de missiles Scud irakiens. Selon l’agence, le roi Hamad a constaté lors de l’inspection « les préparatifs pour faire face à tout développement de la situation actuelle dans la région », au moment où les États-Unis menacent d’attaquer l’Irak, dont le régime est accusé par Washington de possession d’armes de destruction massive. « Okaz » invite Saddam Hussein à renoncer au pouvoir Le président irakien Saddam Hussein devrait « prendre une décision historique » et renoncer au pouvoir pour sauver son pays de la destruction, écrit samedi un influent journal saoudien. « Le régime irakien n’a pas d’autre choix (...) que d’épargner à l’Irak et à son peuple les horreurs de la guerre et les destructions », écrit le quotidien Okaz qui, à l’instar des autres journaux saoudiens, exprime un point de vue proche de celui des autorités. « Il serait sage pour le président irakien Saddam Hussein de prendre une décision courageuse, responsable et historique », et d’agir dans l’intérêt « de son pays et de son peuple au lieu de celui du régime, qui est difficile à défendre », ajoute le journal dans son éditorial. « Il est clair qu’une guerre va, non seulement détruire l’Irak et son peuple, mais aussi anéantir tout » dans ce pays, poursuit-il en référence au renversement du régime de Bagdad. « Et du moment que les pertes seront écrasantes, générales et énormes, le monde attend une décision historique qui favoriserait les intérêts de ce grand pays, de son peuple et ceux de la nation arabe », estime le journal. Okaz appelle les États-Unis à ne pas inquiéter les hauts responsables irakiens s’ils venaient à quitter volontairement le pays dans le contexte de la crise actuelle. Les juifs allemands critiquent le refus de Berlin de s’engager dans une guerre Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Paul Spiegel, a critiqué l’opposition radicale du gouvernement allemand à une guerre en Irak, au cours d’une cérémonie commémorative des victimes du national-socialisme, hier à Darmstadt (ouest). « On ne peut pas être a priori contre une guerre. Les camps de concentration n’ont pas été libérés par des manifestants, mais par l’Armée rouge », a lancé M. Spiegel. Le monde ne doit pas laisser le dernier mot aux dictateurs, cela constitue une menace continue pour la paix, a-t-il estimé. Par ailleurs, M. Spiegel a salué le projet d’une convention d’État entre le gouvernement allemand et la communauté juive, dont la signature devrait intervenir aujourd’hui, et qui fixe une base juridique aux relations entre la communauté et l’État. L’Allemagne témoigne ainsi de sa volonté politique « que des juifs vivent ici », s’est-il félicité. L’Allemagne a martelé maintes fois qu’elle ne participerait en aucun cas à une intervention militaire contre l’Irak, avec ou sans mandat de l’Onu. Membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’Onu depuis le 1er janvier, elle a aussi exclu tout « oui » allemand au Conseil en cas de résolution sur une intervention militaire en Irak.
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