Deux recours en justice ont été déposés hier pour demander l’annulation des élections législatives du 3 novembre en Turquie, mettant en cause la situation juridique controversée du dirigeant du parti qui a remporté le scrutin. Le Parti Jeune (Genc Parti, droite populiste) fonde sa requête auprès du Haut conseil électoral (YSK) sur le fait que le chef du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), Recep Tayyip Erdogan, avait été déchu de son poste au moment du scrutin et que son nom n’avait donc pas lieu de figurer sur les bulletins de vote. M. Erdogan n’avait pu lui-même se présenter aux élections en raison d’une ancienne condamnation pour « incitation à la haine religieuse », mais son nom, en tant que chef du parti, figurait sur les bulletins de vote. Un deuxième recours a été présenté devant la même instance par le Parti travailliste (IP), une petite formation maoïste qui a recueilli 0,5 % des suffrages, pour réclamer l’annulation des élections en raison « de l’inscription sur les bulletins de vote du nom d’un chef de parti inexistant », a indiqué un responsable de cette formation, Nusret Senem. « Ces élections à notre avis sont nulles et non avenues », a-t-il affirmé, cité par Anatolie. « Les élections ont été entachées de fraude », a déclaré, pour sa part, le secrétaire général du parti, Mehmet Ali Akgul, cité par l’agence Anatolie. Il a accusé les dirigeants de l’AKP d’avoir « trompé » délibérément les électeurs « en présentant M. Erdogan comme le président » de l’AKP. Il a estimé que cette situation est un argument « fort » pour annuler le scrutin, exhortant les autorités à organiser « sans tarder » de nouvelles élections. Le Genc Parti, dirigé par un baron des médias Cem Uzan, a réalisé un score de 7,2 % pour les premières élections auxquelles il participait, mais n’a pu envoyer de représentants au Parlement faute d’avoir franchi la barre des 10 % de suffrages nécessaire à l’échelle nationale. La Cour constitutionelle turque avait déclaré M. Erdogan déchu depuis octobre dernier de son poste de dirigeant en raison de son ancienne condamnation qui lui a valu une peine de prison. Hier, l’AKP avait réélu M. Erdogan à la tête du parti. Le vice-président du YSK, Ahmed Hamdi Unlu, avait estimé que le refus de M. Erdogan d’obéir à des décisions de justice le visant, en l’occurrence à celle l’ordonnant de quitter la tête de l’AKP en avril 2002, « porte atteinte aux principes d’équité des élections », rapporte l’agence Anatolie.
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