La FAO prédit la famine en cas de conflit La population irakienne se trouvera confrontée à une famine de grande ampleur si le système de rationnement en place depuis 13 ans succombe à une éventuelle intervention militaire, a déclaré hier Elkheir Khaled, représentant à Bagdad de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). « Le peuple ici dépend du gouvernement, et rompre brutalement cette dépendance sera réellement désastreux, parce que les gens ne seront pas en mesure d’y faire face », a-t-il assuré. « C’est sans doute le dernier endroit où tout le monde, ces dix dernières années, bénéficie de rations de façon très efficace. Et sans ces rations, la famine viendra comme cela », a-t-il ajouté en claquant des doigts. Le gouvernement irakien a fait savoir que ces rations avaient été augmentées pour permettre aux Irakiens de stocker de la nourriture en prévision d’une possible intervention militaire. Pas de preuve de liens entre l’Irak et el-Qaëda, affirme un responsable de l’Onu Personne n’a pu apporter la preuve de liens entre le réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden et l’Irak, a affirmé un responsable de l’Onu chargé du terrorisme. « Nous n’avons rien pour l’instant, et personne n’a été capable de produire quoi que ce soit », a déclaré mardi soir le Britannique Michael Chandler, président d’un groupe de l’Onu chargé des sanctions imposées à el-Qaëda et aux talibans. Pour M. Chandler qui, dans un rapport au Conseil de sécurité, décrit el-Qaëda comme une « menace substantielle à la paix et à la sécurité dans le monde », il n’est « dans l’intérêt d’aucune des deux parties, à ce stade, d’être liées ». Le président irakien Saddam Hussein dirige ce qui est « encore un pays assez laïc », à la différence de l’idéologie islamiste défendue par Ben Laden, souligne-t-il. Mardi, le Premier ministre britannique Tony Blair, citant les services de renseignements, avait dénoncé l’existence de liens entre el-Qaëda et des Irakiens. Départ de troupes australiennes malgré une opinion publique défavorable Le gouvernement australien a annoncé hier qu’un premier contingent de militaires australiens partait cette semaine pour le Golfe, malgré une forte opposition de l’opinion publique. Le Premier ministre John Howard et les responsables de la Défense en Australie doivent saluer aujourd’hui le premier contingent à son départ de Sydney à bord du bâtiment Kanimbla, a indiqué le ministre de la Défense Robert Hill. Portant le nom de code d’« Opération Bastille », cette manœuvre mobilise un hélicoptère Sea King, une péniche de débarquement, un détachement de l’armée de l’air et une équipe de déminage. Les effectifs de la troupe d’élite du SAS (Special Air Service) dont la participation en première ligne à une offensive éventuelle est considérée comme symboliquement importante ne figureront pas dans cette première vague. Les 150 hommes du SAS devraient être salués par M. Howard vendredi sur leur base de Perth dans l’ouest de l’Australie mais le gouvernement n’a pas dit quand ni où ils seraient déployés. Une petite formation aérienne de reconnaissance doit également être envoyée dans la région. Le propriétaire d’une ferme inspectée intente un procès contre les experts Le propriétaire d’une ferme a annoncé hier qu’il avait lancé une procédure pour un procès contre les experts en désarmement de l’Onu pour avoir, selon lui, détruit un mur afin d’accéder à un atelier cloisonné lors d’une inspection. « J’ai intenté un procès par le biais du ministère des Affaires étrangères (irakien) exigeant un dédommagement matériel et moral, sous forme d’excuses à mon gouvernement et à ma personne », a indiqué lors d’une conférence de presse Sabah Anwar Mohammed. Il a montré aux journalistes une lettre en ce sens, datée du 21 janvier et adressée au ministère des Affaires étrangères, mais n’a pas précisé la juridiction chargée du dossier. M. Mohammed, 59 ans, a affirmé que les experts de l’Onu s’étaient rendus les 15 et 20 janvier dans sa ferme « prétendant qu’elle abrite un laboratoire biologique ». La ferme, située dans la localité d’al-Doura au sud de Bagdad, abrite selon lui un poulailler abandonné depuis 1991 en raison de l’embargo imposé à l’Irak. Lors de la première visite, les inspecteurs avaient cassé plusieurs cadenas rouillés pour accéder à certaines pièces et prélevé des échantillons. À la deuxième inspection, ils ont exigé la démolition d’un des murs d’un atelier cloisonné pour pouvoir y accéder. Nouvelle réunion entre l’Irak et le Koweït sur les disparus de 1991 Des représentants d’Irak et du Koweït ont repris hier à Amman leurs discussions sur la question des disparus de la guerre du Golfe en 1991, sous l’égide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les entretiens ont eu lieu au siège du CICR en présence des délégations d’Irak, du Koweït et du CICR, a constaté un photographe sur place. Des représentants d’Arabie saoudite y prennent part en tant qu’observateurs. C’est la deuxième réunion depuis le 8 janvier, date à laquelle Bagdad a commencé de nouveau à participer aux réunions du comité sur les disparus, après un boycottage de quatre ans. Baisse du nombre d’Américains favorables à une guerre Le soutien des Américains à une intervention militaire en Irak est en baisse, 57 % d’entre eux y étant favorables contre 62 % à la mi-décembre, selon un sondage du Washington Post et de la chaîne de télévision américaine ABC publié hier. Selon ce sondage, 70 % des Américains souhaitent par ailleurs laisser plusieurs mois, voire tout le temps qu’ils souhaitent, aux inspecteurs en désarmement de l’Onu pour achever leur travail. Quarante-huit pour cent des Américains pensent que le président Bush a présenté assez de preuves justifiant une intervention militaire en Irak pour renverser Saddam Hussein. Mais ils sont 47 % à penser qu’il ne l’a pas fait. 58 % des sondés indiquent qu’ils souhaitent que M. Bush présente « plus de preuves » contre l’Irak et 43 % estiment que les inspecteurs de l’Onu « doivent disposer du temps qu’ils souhaitent » pour finir leur travail. 26 % estiment qu’ils doivent disposer de « quelques semaines ou moins », 24 % de « quelques mois », et 3 % « d’une année ou plus ». La Maison-Blanche a rapidement minimisé la portée de ce sondage. « Si le président présente ses arguments au peuple américain, je pense qu’encore plus de gens soutiendront » une intervention armée, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleisher. Rumsfeld s’excuse pour des propos sur les appelés Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld s’est excusé mardi pour des propos jugés désobligeants envers les appelés ayant combattu lors des guerres mondiales, de Corée et du Vietnam après l’appel d’un parlementaire démocrate à un rétablissement du service militaire. « J’ai toujours eu le plus haut respect pour leurs services et présente toutes mes excuses aux anciens combattants qui auraient mal interprété mes remarques », a souligné le secrétaire à la Défense dans une déclaration écrite. La dernière chose que je souhaitais était « dénigrer le service (militaire) de ces appelés », a-t-il ajouté. M. Rumsfeld avait estimé inutile un rétablissement de la conscription après l’annonce. « Nous n’allons pas rétablir le service militaire obligatoire. Ce n’est pas nécessaire du tout », avait expliqué le chef du Pentagone, faisant valoir que des appelés avaient été précipités dans la guerre du Vietnam avec un faible entraînement militaire, « n’ajoutant aucune valeur, aucun avantage vraiment, aux forces armées américaines à quelque période que ce soit ».
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