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Le dossier échapperait-il à la trêve préconisée par Damas ?

D’aucuns se demandent, dans les milieux politiques, si le Liban ne s’est pas engagé une fois pour toutes dans une impasse constitutionnelle. À suivre les dernières querelles entre les pôles de l’État, et malgré les tentatives de Damas de recoller à chaque fois les morceaux, tout semble l’indiquer. Dans cette optique, l’on se demande si la dernière trêve imposée par l’arbitre syrien aux responsables libanais englobe aussi l’interminable polémique sur le téléphone cellulaire. Selon des sources politiques qui ont emprunté tout récemment le chemin de Damas, les injonctions syriennes sont on ne peut plus claires : sous aucun prétexte, une crise de nature gouvernementale, politique ou constitutionnelle ne devrait aboutir à une rupture entre les trois hauts responsables. La Syrie est en faveur des solutions infra-institutionnelles et désapprouve les campagnes qui sont menées de part et d’autre. C’est d’ailleurs pour cette raison que le dernier Conseil des ministres a fini par se tenir, en dépit de l’absence d’ordre du jour. L’essentiel pour Damas étant d’éviter la paralysie institutionnelle, laquelle provoquerait à son tour une rupture, ou même un boycott, qui enracinerait la dynamique conflictuelle entre les responsables. Les dirigeants syriens ne se sont toutefois pas contentés de conseiller à leurs homologues libanais de réunir coûte que coûte le Conseil des ministres. Sans ambages, Damas a demandé au président de la République et au gouvernement de rompre la glace et de maintenir un minimum de coopération. Mais qu’en est-il de la question des prérogatives constitutionnelles ? D’aucuns affirment que c’est là une manière pour M. Rafic Hariri d’asseoir son autorité. En replaçant une querelle politique, en l’occurrence sur le téléphone cellulaire, dans son contexte constitutionnel, en lançant un débat sur les attributions du Premier ministre et en brandissant le slogan de l’application des lois et du respect de la Constitution et des prérogatives de chaque institution étatique. M. Hariri s’est également opposé à ce que la coutume prévale sur les textes constitutionnels, en insistant sur la nécessité de s’en remettre au document d’entente nationale élaboré à Taëf. Il reste que le conflit entre les deux présidents a dépassé toutes les limites dans un contexte de crise régionale, ce qui a incité Damas à se mêler de la partie pour calmer le jeu, à travers l’initiative du vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. M. Khaddam a donc invité M. Hariri à déjeuner dans la capitale syrienne, en présence du chef du Parlement et du Premier ministre syriens ainsi que du général Ghazi Kanaan. Il a transmis à cette occasion un message du président Bachar el-Assad en faveur de l’unité des rangs libanais et de la consolidation de la scène interne face aux menaces régionales. Un message que les autorités syriennes avaient déjà transmis le 8 janvier au président de la Chambre, Nabih Berry, lors de sa visite dans la capitale syrienne. M. Berry avait aussitôt exprimé la volonté de Damas de voir une sourdine mise aux querelles gouvernementales. Et aussi de voir les responsables libanais œuvrer pour l’approbation sans problèmes du budget et pour le maintien de la coordination entre eux durant cette période délicate. Le message syrien avait été capté par les différentes parties. Il portait également sur la nécessité de ne pas ignorer la présidence de la République, laquelle demeure le plafond de toute action politique. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre est finalement monté à Baabda et s’est réuni avec le président Émile Lahoud. Même si l’entrevue n’a pas porté sur tous les dossiers qui posent problème. L’essentiel était plutôt de donner l’illusion d’une reprise de contact entre les responsables en dépit des conflits omniprésents. Preuve en est que les députés du bloc Hariri ont poursuivi leur campagne contre le ministre des Télécommunications, Jean-Louis Cardahi, sous prétexte que ce dernier n’a pas respecté la trêve au niveau des médias. Une campagne qui a d’ailleurs pris une tout autre tournure ces derniers jours : celle d’un affrontement entre certains milieux politiques et M. Cardahi, à coups de chiffres. Dans le but, dit-on, de diffamer le ministre concerné et d’inciter le peuple à croire en l’existence de marchés douteux dans la gestion du dossier cellulaire par M. Cardahi. Une campagne à dimension personnelle qui suscite l’étonnement de certains députés et hommes politiques. Lesquels préconisent la tenue d’une séance extraordinaire pour le règlement de ce problème, qui n’attend plus encore que le vote du budget. Philippe ABI-AKL
D’aucuns se demandent, dans les milieux politiques, si le Liban ne s’est pas engagé une fois pour toutes dans une impasse constitutionnelle. À suivre les dernières querelles entre les pôles de l’État, et malgré les tentatives de Damas de recoller à chaque fois les morceaux, tout semble l’indiquer. Dans cette optique, l’on se demande si la dernière trêve imposée par l’arbitre syrien aux responsables libanais englobe aussi l’interminable polémique sur le téléphone cellulaire. Selon des sources politiques qui ont emprunté tout récemment le chemin de Damas, les injonctions syriennes sont on ne peut plus claires : sous aucun prétexte, une crise de nature gouvernementale, politique ou constitutionnelle ne devrait aboutir à une rupture entre les trois hauts responsables. La Syrie est en faveur des solutions...