Le marché des changes de Beyrouth a fait preuve d’expectative en ce début de semaine en attendant l’issue de l’affaire de l’exploitation de la téléphonie mobile qui ne cesse de créer des dissensions au sein du pouvoir. En effet, la demande de la livre à des fins de placements en actifs libanais est restée très limitée comme en témoigne le ralentissement de l’offre intérieure du dollar. Pourtant, ce phénomène ne devait pas s’accompagner jusqu’à présent du moindre intérêt à l’achat de cette monnaie en dehors de la BDL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter qu’après le maintien par cette dernière de sa fourchette d’intervention entre 1 501 et 1 514 LL, le billet vert continuait à être invariablement fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié effectivement à 1 501 LL dans un volume d’affaires ne dépassant pas quelque 10 millions de dollars, entièrement placés à l’achat par la BDL à ce taux. À l’étranger, le dollar s’est offert une journée de répit hier dans son évolution face aux autres grandes monnaies, profitant de la fermeture des marchés américains à l’occasion du Martin Luther King Day. Toutefois, l’attention des marchés est restée portée sur la situation en Irak, ce qui n’a pas été bon pour le billet vert qui a continué de souffrir des craintes de l’éclatement d’une guerre dans ce pays. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés hier par l’annonce du déploiement de 26 000 soldats et de 120 chars lourds britanniques dans le Golfe à côté de l’armada américaine. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre du chef des experts en désarmement de l’Onu que Bagdad n’a pas répondu encore à des questions essentielles liées à la fabrication du bacille de charbon, de l’agent neurotoxique VX et des missiles Scud. Dans ce climat très tendu à une semaine de la remise au Conseil de sécurité du rapport des experts sur le désarmement irakien, les détenteurs de fonds ont donc estimé devoir rester sur la défensive en manipulant leurs positions de change. Ils ont ainsi fait montre d’indifférence aux nouvelles faisant état d’une prochaine intervention de la Banque du Japon pour juguler la hausse du yen ainsi qu’aux rumeurs selon lesquelles une grande banque européenne s’apprêterait à liquider une partie de ses avoirs en euro. En effet, le dollar est demeuré pratiquement faible, se négociant à Londres à 1,0680 pour un euro contre 1,0670 vendredi dernier à New York, à 1,6095 pour un sterling contre 1,6130, à 1,3680 FS contre 1,3685 et à 117,95 yens contre 117,75. Poursuite de la baisse des Bourses européennes En Bourse, les marchés européens des actions, toujours paralysés par la crise irakienne, ont terminé hier sur de nouveaux reculs à l’issue d’une journée hésitante en l’absence des investisseurs américains, en congé. Cela étant, et dans l’attente de la publication cette semaine des résultats de plusieurs sociétés, dont les équipementiers télécoms Motorola, Nokia et Nortel, tous les secteurs de la cote européenne se sont inscrits en baisse, à l’exception des supermarchés, soutenus par l’arrivée d’un nouveau acquéreur de Safeway. Finalement, le Footsie de Londres a abandonné 1,1 % à 3 778,60 pts, le CAC 40 de Paris 1,21 % à 3 020,07 pts et l’Extra Dax de Francfort 0,87 % à 2 893,55 pts. À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la baisse hier avec le repli de 14 801 actions A et de 730 actions B de Solidere de 5 à 4 7/8 $ et de 5 1/4 à 5 1/8 $ respectivement, alors que 15 000 actions C de la Bank of Beirut se maintenaient à 7 13/16 $ ainsi que 23 809 actions C de la Bemo Bank à 3 1/2 $ et 10 000 actions de Holcim à 19/32 $. Élie KAHWAGI
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