Le marché des changes de Beyrouth n’a pas réagi hier à la décision prise la veille par le Conseil des ministres frappant d’un impôt de 5 % les intérêts servis sur les dépôts bancaires et les bons du Trésor. En effet, le dollar est resté généralement survendu en l’absence de contreparties à l’achat de cette monnaie en dehors de la BDL qui a maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501 LL à l’achat et 1 514 LL à la vente, dans le souci de préserver la stabilité monétaire. Cela étant, le billet vert continuait à être invariablement fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié dans les échanges interbancaires à 1 501 LL, dans un volume d’affaires dépassant 10 millions $, entièrement placés à l’achat par la BDL à ce taux. À l’étranger, la crainte d’une guerre contre l’Irak et les mauvais chiffres américains ont fait chuter le dollar et les marchés d’actions, les investisseurs privilégiant les valeurs refuge comme l’or et les bons du Trésor. De fait, les tensions observées la veille, après la découverte de têtes chimiques en Irak, sont montées d’un cran hier, le chef des inspecteurs de l’Onu ayant estimé que la situation est très tendue dans le Golfe et Washington s’étant déclaré prêt à fournir de nouvelles preuves que Bagdad développe un programme d’armes de destruction massive. Cela d’autant que le secrétaire d’État Colin Powell faisait savoir que son pays n’avait pas besoin d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur l’Irak pour passer à l’action. À ces bruits de bottes, se sont ajoutées des nouvelles décevantes en provenance de l’économie américaine. À cet égard, les investisseurs ont été profondément déçus par la nouvelle baisse de l’indice de confiance des consommateurs établi par l’Université du Michigan de 86,7 points en décembre à 83,7 points en janvier. Il en est de même de l’annonce par la Fed que la production industrielle a reculé de 0,2 % en décembre et de 0,6 % en 2002, alors que le déficit commercial américain venait d’afficher un record de 40,1 mds $ en novembre. Face à tous ces facteurs géopolitiques et économiques négatifs, le dollar continuait à perdre des couleurs, touchant un nouveau plancher de 3 ans contre l’euro qui a clôturé à New York à 1,0670 $ contre 1,0620 la veille. Le billet vert est retombé aussi à 1,6130 pour un sterling contre 1,6110, à 1,3685 FS contre 1,3745 et à 117,70 yens contre 117,80. En Bourse, les marchés américains restaient ancrés dans le rouge hier, les nouvelles en provenance des sociétés étant aussi préoccupantes que les fondamentaux de l’économie. La cote ayant été particulièrement déprimée par les mauvaises perspectives de Microsoft, IBM, AMD, Sun Microsystems, General Electric et Home Depot, Wall Street a finalement abandonné 1,28 % et le Nasdaq 3,34 %. Phénomène identique en Europe où toutes les grandes Bourses avaient terminé sur un recul très prononcé, les investisseurs ayant été refroidis par les risques de guerre en Irak et les mauvaises nouvelles économiques. L’Extra Dax de Francfort a cédé 4,43 %, le CAC 40 de Paris 2,73 % et le Footsie de Londres 1,58 %. À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la hausse de 3 736 actions A et de 43 441 actions B de Solidere de 4 7/8 à 5 $ et de 5 à 5 1/4 $ respectivement, et la baisse de 9 146 actions C de la Byblos Bank de 1 5/16 à 1 9/32 $, alors que 10 000 actions de Holcim se sont maintenues à 19/32 $ ainsi que 3 779 certificats GDR de la Blom Bank à 19 5/8 $. Élie KAHWAGI
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