Salam Omar reconstruit les traces de Beyrouth à l’Espace SD Avec « Reconstruire les traces », un accrochage de trente mixed-médias abstraites aux tonalités dominantes terre, ocre, brun, blanc et noir, Salam Omar, peintre irakien (dont les œuvres trônent en bonne place au Musée irakien d’art contemporain ainsi qu’au Musée arabe d’art contemporain à Qatar), transforme l’Espace SD (avenue Charles Hélou, immeuble S. Dagher) en un chantier imaginaire. En effet, les abstractions qu’il donne à voir sont réalisées avec des matières rappelant les matériaux de construction : plâtre, sable, carton ondulé, jute, lamelles de bois, pigments naturels et même canettes ramassées sur des chantiers... Construites par superposition et conjugaison d’éléments et de couches, les peintures carrées ou en forme de stèle, de moyen et grand format, sont censées représenter le corps de Beyrouth dévasté par la guerre. Et, magie de l’art ou pouvoir de la suggestion, on visualise, ça et là, au gré des toiles et des compositions, des murs décrépis, des façades éventrées, des quartiers urbains, une porte défoncée....Bref, des traces de la mémoire du passé. Ce qui frappe particulièrement l’attention dans le travail de Salam Omar est cette pureté de la composition, cette harmonie des couleurs qui, nonobstant l’accumulation de matières, donnent, au final, des toiles épurées. Jusqu’au 1er février. Installation Parallèlement à l’exposition proprement dite, l’Espace SD propose, dans sa salle d’expérimentation, « Ahlan wa sahlan » (« Bienvenue »), une installation d’Alexandre Medawar, qui traite de l’impact de la signalétique « milicienne ». Il a ainsi rassemblé dans un même espace des pictogrammes, qui marquent traditionnellement des territoires politico-confessionnels bien distincts. Mais qui, en réalité, ne sont que « les symboles d’organisations, qui fonctionnent de concert et de manière complémentaire à l’échelle nationale, se nourissant de l’énergie fournie par des individus pris dans un jeu dont ils sont à la fois les spectateurs et les victimes », indique, dans une petite note explicative, l’installateur. Démonstration conceptuelle à l’appui. Peintures de Mona Trad Dabaji à la BNPI À l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux de son Centre de gestion privée, la BNPI (immeuble Bourj el-Ghazal, 4e étage, Tabaris) accueille, au sein de son « Espace BNPI » (dédié aux manifestations culturelles et artistiques), une exposition (organisée en collaboration avec la galerie Épreuve d’artiste) des œuvres de Mona Trad Dabaji. L’artiste – sociétaire au Salon d’automne du musée Sursock – n’est plus à présenter. Ses peintures à l’huile non plus, aux aplats de couleurs franches et gaies délimitées par un tracé de dessin noir et net. Et qui mettent en scène, sur des supports traditionnels comme sur des paravents fabriqués à partir de portes et volets anciens, l’authentique femme libanaise. Celle du terroir, de la montagne, de la Békaa, saine, naturelle, plantureuse. Une figure que l’artiste décline inlassablement, au fil de ses accrochages avec, à chaque fois, quelque chose de nouveau. La femme rurale de Mona Trad Dabaji apparaît, ici, tantôt «couverte » d’une longue robe à fleurs, un petit fichu blanc sur les cheveux, occupée à la cueillette du raisin, vaquant dans son intérieur, faisant une pause café turc avec son mari après le déjeuner ou encore s’accordant une partie de cartes avec les hommes, solide et sereine. Et tantôt, l’attitude plus séductrice : la chevelure épaisse déployée, la robe raccourcie mais toujours à l’imprimé fleuri, étendue voluptueusement sur des coussins au bord de sa fenêtre, derrière les barreaux en fer forgé – parfois peints, d’autres fois réels, ramassés dans une décharge et fixés sur la toile – à lire, fumer son narguilé ou même à gratter les cordes d’un oud. Même lorsqu’elle est représentée, plus rarement, totalement voilée de noir, cette femme garde dans les yeux – pers et languides – tout son pouvoir de séduction. Une séduction qui devient purement charnelle et sensuelle, lorsqu’elle se dénude, tout naturellement, pour un moment d’isolement joyeux, dans la pénombre d’un après-midi de sieste et de repos. Ou encore lorsqu’elle fait un numéro de danse du ventre.... Sur un refrain de Asmahan. Ce qui est frappant dans ces peintures de « femme à sa fenêtre » – souvent une vraie fenêtre avec ses volets en bois peint – , c’est le jeu des constrastes auquel se livre Mona Trad Dabaji. Paradoxe de ce personnage, à la fois traditionnel et libre, à l’attitude et la physionomie enjouées et épicuriennes en dépit d’un cadre de vie placé derrière des barreaux. Mais aussi paradoxe de cette figure pleinement orientale représentée d’un pinceau à la touche « occidentale ». À voir. Jusqu’au 23 janvier, de 8h à 18h et les samedis de 8h à 13h. Z.Z.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Salam Omar reconstruit les traces de Beyrouth à l’Espace SD Avec « Reconstruire les traces », un accrochage de trente mixed-médias abstraites aux tonalités dominantes terre, ocre, brun, blanc et noir, Salam Omar, peintre irakien (dont les œuvres trônent en bonne place au Musée irakien d’art contemporain ainsi qu’au Musée arabe d’art contemporain à Qatar), transforme l’Espace SD (avenue Charles Hélou, immeuble S. Dagher) en un chantier imaginaire. En effet, les abstractions qu’il donne à voir sont réalisées avec des matières rappelant les matériaux de construction : plâtre, sable, carton ondulé, jute, lamelles de bois, pigments naturels et même canettes ramassées sur des chantiers... Construites par superposition et conjugaison d’éléments et de couches, les peintures carrées ou en forme de stèle,...