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Actualités - Chronologie

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À 63 ans, Yang Zhifa, un paysan du nord de la Chine qui signe des autographes à longueur de journée, a conscience de son importance : il est l’un des deux découvreurs de la célèbre armée souterraine en terre cuite du premier empereur de Chine. «La terre était très sèche parce qu’il n’avait pas neigé cet hiver-là, c’était en mars 1974, nous avons creusé un puits pendant deux jours et subitement le troisième jour à midi, nous avons donné un coup de pioche dans ce qui semblait être une statue de divinité», raconte Yang, assis à la sortie du magasin de souvenirs qui dépend du musée de l’armée en terre cuite de l’empereur Qin Shihuang (259-210 av. J-C). Le musée, situé à une quarantaine de kilomètres de l’ancienne capitale impériale de Xian, dans le nord de la Chine, renferme un véritable trésor archéologique : quelque 8 000 guerriers et cavaliers en terre cuite grandeur nature, en formation, avec plus de 10 000 armes, censés défendre le tombeau encore inviolé du premier empereur de Chine. Depuis son ouverture en 1979, il a vu défiler plus de 35 millions de visiteurs. Pour Yang, qui tire sur sa longue pipe en bois entre deux autographes, le succès n’est pourtant pas venu immédiatement. Après avoir dû briser la statue, trop grande pour être emportée, Yang et son compère aujourd’hui décédé s’étaient rendus au musée de la ville voisine. Le musée leur avait donné une récompense de 30 yuans (3,6 USD) pour couvrir leurs frais de transport. Mal au cou Plus rien n’était venu troubler la quiétude de Yang pendant les années qui avaient suivi, malgré le développement rapide du site en l’un des principaux hauts lieux touristiques de Chine. Avec la décollectivisation des campagnes dans les années 80, Yang s’est vu attribuer un lopin de terre sur un terrain environnant, qu’il a continué à cultiver jusqu’à ce jour. C’est en 1995 que son destin a de nouveau basculé lorsque le magasin attenant au musée lui a proposé de venir signer les ouvrages vendus, moyennant rémunération. «Je travaille tous les jours de 8h30 à 18h pour 600 yuans (72 dollars) par mois, mais je ne gagne rien si je ne viens pas», explique-t-il. Il s’estime très chanceux, même si son fils est au chômage : «J’ai de quoi manger et de quoi m’habiller, j’ai même fait construire une maison, et je suis content parce que tout le monde s’est enrichi dans le district grâce aux guerriers en terre cuite». Le site archéologique n’a cessé de s’agrandir. Trois fosses sont désormais ouvertes au public, la dernière ayant ouvert ses portes en 1994. Mais, selon le directeur du département de la préservation et de la conservation du musée, Guo Baofu, les choses ne devraient pas en rester là : quelque 600 fosses, grandes et petites, ont déjà été repérées à environ 1,5 km du musée, elles aussi des satellites du mausolée de l’empereur Qin qui couvre une superficie de 56 km2. Dans celles qui ont déjà été fouillées, les archéologues ont découvert des statues en terre cuite représentant des paysans et des acrobates, tandis que des armures et des casques en pierre bleu foncé ont été mis au jour l’an dernier. Et même si M. Guo relève que l’existence du mausolée était connue dès la dynastie des Han (206 av. J-C-220 ap. J-C) et que des pilleurs de tombe connaissaient l’endroit, Yang ne se laisse par impressionner : «C’est moi qui l’ai découverte», relève-t-il, tout en admettant que sa trop grande notoriété peut parfois devenir fatigante. «Je finis pas avoir mal au cou lorsque je signe trop d’autographes, mais comme les visiteurs viennent de loin, je ne peux pas les décevoir», opine-t-il.
À 63 ans, Yang Zhifa, un paysan du nord de la Chine qui signe des autographes à longueur de journée, a conscience de son importance : il est l’un des deux découvreurs de la célèbre armée souterraine en terre cuite du premier empereur de Chine. «La terre était très sèche parce qu’il n’avait pas neigé cet hiver-là, c’était en mars 1974, nous avons creusé un puits pendant deux jours et subitement le troisième jour à midi, nous avons donné un coup de pioche dans ce qui semblait être une statue de divinité», raconte Yang, assis à la sortie du magasin de souvenirs qui dépend du musée de l’armée en terre cuite de l’empereur Qin Shihuang (259-210 av. J-C). Le musée, situé à une quarantaine de kilomètres de l’ancienne capitale impériale de Xian, dans le nord de la Chine, renferme un véritable trésor...