Israël compte sur son énorme supériorité militaire pour mater la vague de violence dans les territoires palestiniens si celle-ci ne cesse pas et pour convaincre le Liban et surtout la Syrie d’empêcher toute activité hostile à son égard. «Si Israël continue d’exister, il le doit uniquement à la force de Tsahal», son armée, a affirmé à la presse le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Dan Meridor. Les troupes israéliennes ont renforcé leurs positions en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Selon le centre Jaffee pour les études stratégiques de l’université de Tel-Aviv, l’État juif peut aligner plus de 2 800 chars et 700 avions de combat, ainsi que des milliers de pièces d’artillerie. Cette puissance de feu est servie par près de 600 000 hommes, dont quelque 180 000 militaires d’active, le reste étant des réservistes rapidement mobilisables. Cette armée ultramoderne domine la technologie la plus avancée, puisqu’elle a lancé un satellite-espion et a mis au point le système Hetz (Flèche), un missile antimissile unique au monde. Les Palestiniens, qui n’ont pas le droit d’avoir une armée, font pâle figure face à ce Goliath régional. Leurs forces de police comptent officiellement quelque 30 000 hommes équipés surtout d’armes individuelles, en général des fusils d’assaut de type Kalachnikov. Deux branches principales composent cette police, la Sécurité nationale et la Sécurité préventive, qui chapeautent divers éléments armés, notamment la Force 17, les services de renseignements et même une minuscule et très symbolique force navale de quelques centaines d’hommes. Hormis deux hélicoptères assurant le transport de leur président Yasser Arafat, les Palestiniens n’ont pas de forces aériennes. Ils n’ont pas non plus d’artillerie et disposent seulement de quelques transporteurs de troupes semi-blindés. «En revanche, ils peuvent avoir recours à ce qu’ils appellent leurs “armes stratégiques” : les attentats-suicide à l’explosif», a indiqué Ron Ben Ishaï, expert des questions militaires du quotidien Yédiot Aharonot. Selon lui, «ce sont surtout quelque 6 000 activistes du “Tanzim” (le noyau dur du Fateh de Yasser Arafat), dont environ 3 000 armés, qui constituent une menace, car Arafat veut se servir d’eux pour susciter une “libanisation” débouchant sur une intervention internationale en Cisjordanie et dans la bande de Gaza». Les forces libanaises, qui comptent quelques dizaines de milliers d’hommes plutôt sous-équipés, et celles de la Syrie ne représentent pas non plus un danger militaire majeur pour Israël, selon tous les experts militaires. Damas peut aligner environ un demi-million de soldats, disposant de 500 avions de combat et de plusieurs milliers de pièces d’artillerie, mais ce matériel d’origine ex-soviétique est très largement obsolète. «Seuls les missiles syriens dotés d’ogives chimiques ou bactériologiques seraient véritablement inquiétants», selon M. Ben Ishaï. En un demi-siècle de guerres larvées ou ouvertes avec ses voisins, Israël a démontré ses capacités militaires face aux armées arabes, mais aussi sa faiblesse face à la guérilla libanaise. Formées pour mener des guerres éclair, les troupes israéliennes ont écrasé les forces arabes en 1948 et en 1967. Lors de la guerre du Kippour de 1973, elles ont su se ressaisir après des revers initiaux face à une offensive égypto-syrienne. Mais elles se sont ensuite engluées de 1978 à mai 1982 dans le bourbier libanais, puis dans la répression de l’intifada (soulèvement palestinien des années 1987 à 1993).
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