J’ai reçu le courrier suivant de François Harfouche : «Vissé à ton fauteuil professionnel devant le petit écran, j’ai perdu tout espoir de te rencontrer et d’échanger avec toi des propos amusants, à l’image de ceux de la rhétorique ringarde des lundis, qui sont mes rendez-vous de lecture obligés. Qu’est-ce qui m’oblige ? Ce qui m’a toujours plu chez toi, entre autres vertus édifiantes (j’exagère peut-être), c’est l’autocritique que tu exerces comme un tic sur la frêle personne, à la limite des confessions intimes d’un enfant du siècle. Mais ce qui m’enchante moins, toi bien né, lettré et homme de théâtre, c’est la furie contre le spectacle éminemment culturel qu’offre le plateau d’un match de football avec ses gradins d’une foule de surexcités. Es-tu probablement jaloux de n’avoir pas ce parterre de tonnerre à tes gesticulations et bavardages sur ta scène à toi sur laquelle veille ton souffleur souffreteux. La balle ronde n’a pas été autant noircie que par tes taches. Ah, venons-en à tes exploits lyriques de platonicien envers les gracieuses nanas, tes chères dulcinées bien en chair (tu t’en caches pas), les seules qui savent fracasser un écran plat, nous le faire toucher du doigt à l’heure du digital. Ça nous change un peu des gueulards de la politique du changement. Voilà c’est tout et je me retire dans les coulisses et te tire ma révérence. Goal ! Salut et à lundi prochain si tu le veux, pour un nouvel encadré de frissons, Alain Plisson». Quel plaisir de recevoir des reproches aussi bien exprimés. Il y a, en moi, un Zidane frustré qui sommeille, je l’avoue. Et confidence pour confidence, il y a belle lurette que les souffleurs ont disparu, au théâtre, dans leurs trous. On n’arrête pas le progrès. Et pour une fois, l’encadré, c’est toi, l’ami François.
J’ai reçu le courrier suivant de François Harfouche : «Vissé à ton fauteuil professionnel devant le petit écran, j’ai perdu tout espoir de te rencontrer et d’échanger avec toi des propos amusants, à l’image de ceux de la rhétorique ringarde des lundis, qui sont mes rendez-vous de lecture obligés. Qu’est-ce qui m’oblige ? Ce qui m’a toujours plu chez toi, entre autres vertus édifiantes (j’exagère peut-être), c’est l’autocritique que tu exerces comme un tic sur la frêle personne, à la limite des confessions intimes d’un enfant du siècle. Mais ce qui m’enchante moins, toi bien né, lettré et homme de théâtre, c’est la furie contre le spectacle éminemment culturel qu’offre le plateau d’un match de football avec ses gradins d’une foule de surexcités. Es-tu probablement jaloux de n’avoir...
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