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Actualités - Chronologie

Une ONG libanaise très dynamique

Dressé sur cette montagne, tu portes en toi ta grandeur, celle de l’histoire qui t’a forgé. Avec la main de la nature sûrement, mais peut-être aussi celle de l’homme. À qui tu rappelles 50 siècles d’histoire : Phéniciens, Perses, Grecs, Romains, Croisés… Tu cultives en toi le brassage des civilisations et leurs récits légendaires… Entre Zeus qui prend l’apparence d’un taureau pour séduire la fille du roi de Phénicie Europe ou le jeune Adonis, héros phénicien, tué par un sanglier, parce qu’il aimait Aphrodite la Grecque ou Vénus…Tu reflètes comme tous tes ressemblants (temples, remparts, châteaux), les mille et un moments les plus émouvants de l’histoire du Liban. Et tu complètes ta légende, comme pour parfaire ton orgueil, en accueillant sous ton pont Adam et Ève. J’ai pensé à tout cela, à ce fameux pont qu’on appelle «Jisr el-Hajar» ou «pont de pierre» de Fakra, à 48 km de Beyrouth, alors que je nageais sous le pont d’Arc, situé au sud-est de la France, en Ardèche plus précisément. La similitude entre les deux est frappante. Sur ce «Jisr el-Hajar», il fait bon se promener l’été. Escaladant ses rochers ou sa surface recouverte par endroits de galets, on est fasciné par l’arche et sa voûte. À quelques mètres de là, dans un immense ravin, se trouve «Nabeh el-Laban» ou la «Source de lait». C’est de là que coule avec force en hiver le torrent freiné sur son passage par des rochers épars… mais il y a aussi, comme le décrit si bien l’orientaliste et archéologue Henry Guys, «le cri perçant des vautours, qui hantent ce lieu, l’accent plaintif du ramier qui y a fixé sa demeure, l’air refoulé par mille chauve-souris voltigeant d’un angle du pont à l’autre dans une espèce d’obscurité donnent à cet endroit solitaire un aspect sauvage et imposant qui a son charme». Ce pont de 52 m de long, 58 m de hauteur, 31 m de largeur, est situé près de la station d’hiver Fakra. Les skieurs slaloment non loin des vestiges phéniciens, grecs, romains, byzantins... et de temples du Ve siècle avant J-C. L’orientaliste et archéologue français Ernest Renan devait écrire qu’il s’agissait là du «groupe de ruines le plus spectaculaire de la montagne». Le pont d’Arc : 8e merveille du monde ! J’admirais donc le pont d’Arc, Arche naturelle d’environ 34 m de hauteur et 60 m de largeur. La joie des touristes qui nageaient et les cris de bonheur des enfants ne pouvaient m’empêcher de penser à autre chose. Cette arche est l’œuvre de la nature bien sûr. Et pourtant une légende raconte qu’un méchant seigneur, dans un château à côté du cirque d’Estrée, avait épousé une belle dame de Saint-Martin. Jaloux et se méfiant des amoureux qui pourraient l’approcher, il l’enferme dans un donjon… La prisonnière a pleuré des années durant, jusqu’au jour où un nain, laid et répugnant, pénètre dans le macabre château pour amuser, par ses prouesses, l’affreux seigneur… Ce nain rusé gagne le donjon, échappant ainsi à son hôte et à la vigilance de ses valets trop distraits... Il libère la jeune dame et l’emporte dans une barque… Le vieux seigneur et ses hommes poursuivent les deux fugitifs mais s’arrêtent devant les eaux qui, comme par enchantement, se déchaînent. L’isthme s’ouvre entre-temps permettant à la barque de passer… et le nain se transforma en un beau prince emmenant sa dame vers des cieux plus cléments. Et depuis, on entend leurs cris de joie dans toute la région. C’est sous ce pont d’Arc que coule, lente ou avec force, la rivière. Ce canyon de l’Ardèche est riche par sa faune et sa flore. Ses gorges, classées le 14 janvier 1980 en réserve naturelle, en font l’une des plus belles attractions des touristes étrangers ou français, sans oublier la navigation avec bateaux de plaisance et canoë-kayaks. N’a-t-on pas choisi l’Ardèche en 1932 pour la manifestation nautique de ce type d’embarcation ? N’a-t-on pas dit aussi que le pont d’Arc était la 8e merveille du monde ! Adam et Ève, raconte la légende, vécurent sous le pont «Jisr el-Hajar» à Fakra. La légende dit aussi que c’est le village de Kfardebian, à 38 km de Beyrouth et à 6,4 km des temples de Fakra, qui les a hébergés, village médiéval aux habitations modernes avoisinant de vieilles maisons aux arcades blanches ou aux pierres de taille et aux tuiles rouges... venues de Marseille au XIXe siècle. À côté de cette localité toute la beauté de la nature s’exprime par ses peupliers, saules, genêts, chênes, vergers et surtout le raisin, exploité pour l’arak libanais, comparé au pastis marseillais. Partout, à travers le monde, d’autres ponts subsistent. Ils rappellent la force de la nature qui façonne l’histoire de l’homme. Ils rappellent aussi que les mains de ce dernier donnent vie à la pierre. Elles accentuent sa beauté, celle de ses légendes et de ses mystères.
Dressé sur cette montagne, tu portes en toi ta grandeur, celle de l’histoire qui t’a forgé. Avec la main de la nature sûrement, mais peut-être aussi celle de l’homme. À qui tu rappelles 50 siècles d’histoire : Phéniciens, Perses, Grecs, Romains, Croisés… Tu cultives en toi le brassage des civilisations et leurs récits légendaires… Entre Zeus qui prend l’apparence d’un taureau pour séduire la fille du roi de Phénicie Europe ou le jeune Adonis, héros phénicien, tué par un sanglier, parce qu’il aimait Aphrodite la Grecque ou Vénus…Tu reflètes comme tous tes ressemblants (temples, remparts, châteaux), les mille et un moments les plus émouvants de l’histoire du Liban. Et tu complètes ta légende, comme pour parfaire ton orgueil, en accueillant sous ton pont Adam et Ève. J’ai pensé à tout cela, à...