Le dirigeant des conservateurs William Hague s’est montré hier lundi déterminé à profiter du relatif désamour qui touche le Labour pour présenter sa formation comme un parti de gouvernement crédible, au début du congrès annuel des tories à Bournemouth (sud-ouest). «Cette semaine à Bornemouth, vous verrez un Parti conservateur à nouveau prêt à relever le défi du gouvernement, un parti revigoré, revitalisé, confiant et positif», a lancé M. Hague lors d’un discours peu avant l’ouverture formelle du congrès. «Le Parti conservateur est à nouveau en phase avec le bon sens du peuple britannique», a-t-il poursuivi, en qualifiant le gouvernement travailliste d’«arrogant, lointain et coupé du pays». Un gouvernement conservateur serait «déterminé à s’assurer que la Grande-Bretagne est en Europe et non gouvernée par l’Europe et à respecter notre engagement de maintenir la livre» et non de la sacrifier au profit de l’euro, a-t-il ajouté. Il a également promis de baisser les taxes au profit des familles et des entreprises et de mener «comme jamais auparavant» une guerre contre le crime. M. Hague a annoncé aussi un programme de revalorisation des écoles et hôpitaux dans des régions défavorisées depuis 30 ans. «Des millions de gens savent qu’ils en ont assez du Labour. Ils veulent savoir quel est l’autre choix», avait-il déclaré auparavant à la BBC-radio. «Nous, cette semaine à Bournemouth, allons leur présenter cet autre choix, de manière à ce que les gens puissent juger par eux-mêmes». Le dirigeant conservateur a clairement compris que la baisse, même provisoire, du Labour dans les sondages, lui offrait une occasion unique de s’engouffrer dans une brèche et de convaincre une frange d’électeurs, qui, en 1997, lassés par 18 ans de conservatisme, avaient voté travailliste. Ces mêmes électeurs, trois ans après les élections, laissent apparaître les premiers signes de déception du Labour. Outre le social, le Parti conservateur présentera au cours du congrès, qui réunit quelque 11 000 délégués et s’achève jeudi, un ambitieux programme de revalorisation des retraites. Le maintien de la livre sterling sera également au cœur des débats et d’un certain nombre de manifestations, même si quelques europhiles du parti, dont l’ancien Premier ministre John Major, ont déjà laissé entendre que le parti devait prendre garde à ne pas dériver trop à droite, sous peine de négliger toute une partie de l’électorat.
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