L’Irak dénonce des pressions exercées par les États-Unis pour empêcher les vols vers Bagdad qui se sont multipliés au grand dam de Washington, tenant d’une ligne dure à l’égard du régime irakien. «Il y a aujourd’hui une vague de solidarité internationale avec l’Irak que rien ne peut arrêter et que (les États-Unis) ne pourront pas inverser quelles que soient leurs menaces déclarées ou implicites», écrit dimanche le quotidien as-Saoura, organe du parti au pouvoir à Bagdad. Trois vols vers Bagdad, en provenance d’Égypte, du Soudan et du Maroc, ont été annoncés, après l’atterrissage cette semaine à Bagdad, pour la première fois en dix ans, d’avions jordanien et yéménite avec à leur bord des délégations gouvernementales de haut rang. Cependant, un deuxième vol civil Paris-Bagdad, prévu vendredi dernier, a été annulé sine die, ses organisateurs n’ayant pas trouvé d’avion pour mener leur opération humanitaire «Un avion pour l’Irak», avec la participation de personnalités françaises et européennes. «Il y a des obstacles pour certaines initiatives, sous l’influence des États-Unis», a déploré samedi le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz, soulignant qu’«il est temps pour que la situation se normalise» concernant la reprise des liaisons aériennes avec l’Irak. La suspension des ces liaisons aériennes consécutive aux sanctions imposées par l’Onu à l’Irak après son invasion du Koweït en 1990 «est une violation d’un des droits de l’Irak», estime as-Saoura. « Pas de législation de l’Onu » D’autant, note-t-il, que la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright «a reconnu qu’il n’y a rien dans les résolutions de l’Onu qui empêchent les vols vers Bagdad». Le 26 septembre, Mme Albright, tout en se déclarant «préoccupée» par la multiplication des vols vers l’Irak, avait indiqué qu’«il n’y a pas de législation de l’Onu» sur l’embargo aérien, ajoutant toutefois que «selon nous, ces vols nécessitent une autorisation» du Comité des sanctions de l’Onu. «Ces déclarations montrent combien les États-Unis font fi de l’Onu et de ses résolutions», écrit as-Saoura, critiquant les pays qui «se plient aux pressions américaines» pour empêcher leurs ressortissants de s’envoler vers l’Irak «sous de faux prétextes». «Cela remet en cause la crédibilité de certains gouvernements», poursuit le journal en allusion à l’attitude des autorités françaises à l’égard du vol «Un avion pour l’Irak», annulé par ses organisateurs qui en ont dénoncé «des pressions». Les organisateurs ont affirmé que la Suisse, la Grèce et la Turquie leur avaient refusé le survol de leur territoire. La Suisse a démenti dimanche cette affirmation et indiqué qu’il autoriserait le vol s’il était organisé. «Au nom de quelle démocratie se permet-on d’empêcher un vol ?», s’interroge le quotidien Babel, dirigé par le fils aîné du président irakien, Oudaï Saddam Hussein, dans une telle allusion à ces pays. Les États-Unis et la Grande-Bretagne estiment que tout vol à destination de l’Irak doit faire l’objet d’une autorisation expresse du comité, conformément à la pratique en vigueur depuis 10 ans. La France affirme, tout comme la Russie et la Chine, qu’aucune résolution n’interdit les vols de passagers vers l’Irak dès lors qu’ils ne comportent pas de transactions commerciales ou financières, et qu’une simple notification au Comité des sanctions suffit.
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