Diversification des origines: le cinéma a, cette semaine, des accents qui ne trompent pas. L’éléphant timide (The Bashful Elephant) nous vient d’Allemagne. Le chevalier qui se cache sous une armure (Hearts and Armour) est italien... italienne devrions-nous dire puisqu’il s’agit d’une femme ainsi déguisée. Le professeur tourmenté de «Waterland» est very british, comme l’est son interprète Jeremy Irons. Mais ce sont les Américains qui tiennent le devant de la scène avec des vedettes aussi prestigieuses que Jane Fonda, Bruce Willis, Tom Hanks, Melanie Griffith, Kurt Russell, Bill Cosby, pour ne citer que ceux-ci. Les films allemands sont si rares à nous parvenir que nous aurions aimé dire du bien de The Bashful Elephant. Au premier abord, on pourrait croire qu’il s’agit d’un spectacle familial, ce qui nous aurait poussés encore plus à l’indulgence. Un petit orphelin hongrois, aidé par le chien d’un garde-frontière, s’enfuit en Autriche, où il est adopté par une troupe de saltimbanques. À partir de là, le film s’attarde davantage sur les problèmes du divorce de l’entraîneur de l’éléphant du titre que sur le problème de l’enfant. Inutile de perdre davantage votre temps! Diffusion lundi à minuit sur Future TV Pas de quoi pavoiser non plus avec Excessive Force de John Hess. C’est Thomas Ian Griffith qui a écrit et qui interprète – on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même – cette histoire «excessivement» violente. Un policier intègre de Chicago est accusé d’avoir volé quelques millions et d’avoir accumulé des preuves qui accablent ses camarades, lesquels se retrouvent accusés de meurtre. Rien ne distingue vraiment ce film de Jon Hess d’une douzaine d’autres films consacrés aux arts martiaux et qui sommeillent, peut-être, au fond de votre mémoire. Très curieusement, ce produit de série fut une suite Excessive Force 2 pour lequel Thomas Ian Griffith s’est contenté de raconter pratiquement la même histoire qui, déjà la première fois, ne brillait pas par son originalité. La seule surprise est de voir le grand acteur noir James Earl Jones, et Charlotte Lewis, embarqués dans cette triste aventure... Diffusion mardi à minuit sur LBCI Le cinéaste anglais Stephen Gyllenhaal signe avec Waterland un film profondément original. Avec un superbe acteur en vedette, Jeremy Irons, plus caméléon que jamais puisqu’il incarne un professeur d’histoire, entre deux âges. Il enseigne à des étudiants qui, visiblement, ne semblent pas s’intéresser à son cours, l’histoire de la révolution française. Il décide donc d’engager une procédure différente: celle de raconter ses propres expériences personnelles. Et de sa mémoire vont surgir les souvenirs de son enfance aux Fens, un coin perdu sur la mer du Nord, le passé trouble qui le poursuit et l’échec de sa vie sentimentale. On pensait que le roman de Graham Swift était inadaptable à l’écran. Et Peter Prince, qui en a signé l’adaptation, a davantage fait œuvre d’interprétation que de fidélité à l’œuvre littéraire. Ceux qui connaissent le roman (heureusement chez nous ils ne doivent pas être nombreux) vont crier à la trahison. Pour les autres, il restera une œuvre difficile, ambiguë, dans laquelle ils ne retrouveront pas toujours leurs marques, qui lorgne peut-être un peu du côté de Dead Poet’s Society, mais qui doit beaucoup au magnétisme de Jeremy Irons, absolument prodigieux. Diffusion mardi à minuit sur Future TV Encore une adaptation d’un succès de Neil Simon à la scène, par son metteur en scène préféré Herbert Ross: ainsi se présente California Suite. C’est en fait un film à sketches dont le seul lien est de se dérouler dans le même lieu, le California Hotel à Los Angeles. Et dans le même temps. Hannah, divorcée, vient récupérer sa fille qui est avec son père. Diane, comédienne, vient assister à la remise des Oscars avec son mari: elle espère bien triompher! Son mari est un type qui préfère les types aux dames... Chauney et Grump sont des médecins noirs, logés à l’étroit et qui passent leur temps à se disputer... Comme dans tous les films à sketches, le meilleur côtoie le pire. Le pire ici, c’est le sketch interprété par Richard Pryor et Bill Cosby qui se veut drôle et qui ne l’est pas! Les interprètes font pourtant ce qu’ils peuvent; Jane Fonda en particulier est parfaite dans une histoire sans grand intérêt. C’est finalement Maggie Smith (couronnée pour de vrai par un Oscar pour son interprétation dans ce film, catégorie actrice de second plan) et Michael Caine qui touchent le plus à la réalité. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Hearts and Armour, de l’Italien Giacomo Battiato est une très libre adaptation du poème épique de Ludovico Ariosto L’Orlando Furioso. L’action se déroule au XVe siècle et le scénario (souvent confus!) conte les aventures d’une héroïne aussi sexy que combative, qui revêt l’armure de chevalier pour se battre durant le conflit qui opposa les chrétiens aux Maures. La mise en scène est somptueuse et les images fort belles. Tanya Roberts est la belle héroïne de cette histoire pleine de bruit et de fureur! Diffusion mercredi à minuit sur Future TV Le film de Brian De Palma, The Bonfire of the Vanities, tiré du best-seller de Tom Wolfe, fut très fraîchement accueilli à sa sortie. On lui reprochera son manichéisme! De quoi s’agit-il en fait? La haute société new-yorkaise mise au pilori à travers l’un de ses membres, qui devient, à la suite d’un incident malheureux, la proie de la presse à scandale. Scherman McCoy fait partie de la haute finance new-yorkaise. Marié à une femme très belle et mondaine, Judy, et père d’une petite fille, il a aussi une maîtresse blonde et pulpeuse, Maria Ruskin. Alors qu’il revenait de l’aéroport où il était allé la chercher, il se trompe de sortie d’autoroute et se retrouve dans le Bronx au lieu de rejoindre Manhattan. Immobilisé par un pneu sur la chaussée, il descend de voiture et deux jeunes Noirs font irruption. Prise de panique, Maria prend le volant, démarre et renverse l’un des jeunes agresseurs. Les amants s’en fuient, mais le Mercedes est facile à identifier... En fait, le film ne méritait pas une telle levée de boucliers. L’action est rondement menée malgré des personnages assez stéréotypés. On retient surtout une remarquable interprétation de Bruce Willis et le charme de Melanie Griffith. Diffusion jeudi à minuit sur Future TV Il n’y a pas grand-chose à dire, non plus, à propos de Friday de F. Gary Gray, dont la vedette, le chanteur rap, Ice Cube, est également le coscénariste et le coproducteur. Cela fait beaucoup de choses, pour nous raconter quoi? L’errance d’un jeune Noir au chômage avec un copain dans les rues de la banlieue-sud de Los Angeles. En fait, il ne se produit pas grand-chose, sinon que le film permet à Ice Cube de faire preuve d’un humour que l’on n’avait pas perçu auparavant dans ses prestations précédentes: Boy’s in the Hood et Trespass. Comme son titre l’indique, ce film est programmé vendredi. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Après l’errance, la prison. On the Yard de Raphael D. Silver se déroule dans le milieu carcéral. Emprisonné pour une vétille, un homme fait l’erreur fatale de se lier avec le caïd des prisonniers, un criminel endurci, qui va l’exploiter. Rien ne distingue vraiment ce film si ce n’est la mémorable interprétation de Mike Kellin, qui incarne un vieux loser qui attend sa mise en liberté sur «parole». Diffusion vendredi à minuit sur Future TV Used Cars est le second film dans la carrière de Robert Zemeckis, qui s’est affirmé depuis comme un des réalisateurs les plus prolifiques et les plus talentueux de sa génération puisqu’on lui doit Romancing the Stone, Back to the Future, Who Framed Roger Rabbitt?, Death Becomes Her, Forrest Gump, Contact et le tout récent What Lies Beneath avec le couple Harrison Ford-Michèle Pfeiffer. Used Cars, comme son premier film I Wanna Hold Your Hand, se présente comme une comédie: deux frères, marchands de voitures d’occasion, installés chacun d’un côté d’une autoroute se livrent à la concurrence la plus déloyale. Que ne ferait-on pas pour gagner un billet de 50 dollars! On verra s’échafauder les plans les plus invraisemblables, chacun des deux frères faisant des prodiges d’imagination pour torpiller l’affaire conclue par l’autre. On s’amuse, même si le scénario que Robert Zemeckis concocta avec Bob Gale n’hésite pas à recourir aux procédés les plus «gros» pour arriver à vous dérider. Mais le but est atteint. Dès lors, pourquoi lésiner sur les moyens mis en œuvre pour y parvenir? Diffusion samedi à minuit sur LBCI
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