La natation synchronisée française, avec la première médaille olympique de sa courte histoire – le bronze du duo Virginie Dedieu/Myriam Lignot –, a connu hier à Sydney son jour de gloire, malgré le peu de moyens dont elle dispose. «La médaille d’argent en solo de Virginie Dedieu aux championnats du monde 1998 avait déjà suscité un engouement. Cette médaille olympique devrait attirer encore beaucoup de jeunes dans les clubs», a souligné François Harbonnier, directeur technique national adjoint chargé de la natation synchronisée. Le nombre de naïades licenciées dans les 290 clubs proposant la discipline a déjà quasiment doublé en quatre ans : moins de 7 000 en 1996 à plus de 13 000 actuellement, sur un total de 200 000 licenciés à la Fédération française de natation (FFN). Pourtant, peu de clubs, à l’exception de Aix-en-Provence, Angers, Hyères, Perpignan et Lyon, possèdent un entraîneur professionnel à plein temps. Le prestigieux Racing club de France vient même de faire disparaître sa section, laissant «deux entraîneurs au chômage», selon Anne Capron, l’entraîneur national en charge du duo. « Galère » Même la préparation de l’élite pour les Jeux de Sydney s’est effectuée «dans des conditions de galère pas possibles», s’est rappelé Anne Capron. La piscine de l’INSEP, au bois de Boulogne, lieu de préparation de l’équipe nationale, a été en effet fermée pour des travaux de rénovation, qui se sont éternisés pendant trois ans, de l’automne 96 à l’automne 99, obligeant les nageuses à courir d’une piscine à l’autre : Maisons-Alfort, Mennecy, Champigny, les Tourelles. «À la fin, on n’en pouvait plus», a ajouté, un sourire radieux au coin des lèvres, Anne Capron pour qui «la France n’est pas une nation sportive. Nous n’avons des résultats que grâce à une élite. Il ne faut pas dire l’équipe de France c’est super. Il faut regarder en dessous, les clubs qui vivent seulement grâce au dévouement des bénévoles». La natation synchronisée bénéficie seulement d’un budget de 2,2 millions de francs, ce qui rend certainement la médaille de Dedieu/Lignot comme l’une des plus rentables de la délégation française. Ce bronze aidera peut-être le président de la FFN Françis Luyce, ancien recordman du monde du 800 m libre, qui a tant admiré l’Aquatic Center de Sydney, à obtenir un centre aquatique moderne, dont Paris est la seule grande capitale au monde à être dépourvue. Et ce, même si Paris n’obtient pas les JO 2008. Afin qu’un jour des petites Françaises, ayant regardé à la télévision Dedieu nager sans pince-nez, car, dit-elle, «avec j’étouffe», puissent disputer devant leur public des championnats du monde et gagner de nouvelles médailles olympiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La natation synchronisée française, avec la première médaille olympique de sa courte histoire – le bronze du duo Virginie Dedieu/Myriam Lignot –, a connu hier à Sydney son jour de gloire, malgré le peu de moyens dont elle dispose. «La médaille d’argent en solo de Virginie Dedieu aux championnats du monde 1998 avait déjà suscité un engouement. Cette médaille olympique devrait attirer encore beaucoup de jeunes dans les clubs», a souligné François Harbonnier, directeur technique national adjoint chargé de la natation synchronisée. Le nombre de naïades licenciées dans les 290 clubs proposant la discipline a déjà quasiment doublé en quatre ans : moins de 7 000 en 1996 à plus de 13 000 actuellement, sur un total de 200 000 licenciés à la Fédération française de natation (FFN). Pourtant, peu de clubs, à...