Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Baabda a voulu court-circuiter les pêcheurs en eau trouble

Pourquoi une intervention personnelle du chef de l’État, après le communiqué du Conseil des ministres ? Selon des loyalistes proches du régime, «le président Émile Lahoud a estimé nécessaire de marquer le coup pour neutraliser l’entrée en scène de pêcheurs en eau trouble. Et pour réduire les risques de confusion accentuée dans le pays, durant la période intermédiaire précédant la formation d’un nouveau Cabinet». «Les idées, les opinions en flèche qui sont lancées dans la conjoncture actuelle, ajoutent les loyalistes, peuvent produire des tensions qui bloquent la possibilité d’un vrai dialogue national. Le président Lahoud pense ainsi que les prises de position enregistrées dernièrement constituent une porte ouverte à toutes les surenchères, notamment de nature confessionnelle ou sectaire». Ces sources critiquent le timing choisi pour le manifeste des évêques, «à un moment de mutation, de transition où le pays a besoin de reprendre son souffle et de voir les tensions s’apaiser». Mais sur ce point, des sources proches de Bkerké répondent que «le patriarche Sfeir avait songé à publier un tel communiqué avant les élections. Réflexion faite, il a préféré attendre, afin que la nouvelle Chambre et le prochain gouvernement prennent en compte les questions soulevées, en vue d’un dialogue national». Quoi qu’il en soit, certains responsables, à l’instar de nombreux analystes de l’Ouest, soulignent qu’il faut «tenter de se focaliser, dans le manifeste des évêques, sur les éléments positifs plutôt que sur les éléments négatifs. Il vaut mieux dire d’une bouteille qu’elle est à moitié pleine, plutôt qu’elle est à moitié vide». Sans pour autant boire du petit lait, ces progouvernementaux reconnaissent à l’actif de Bkerké «qu’il a su élever le débat politique à la hauteur des vraies questions de l’heure. Il met ainsi un terme à des dérapages idéologiques, des surenchères, un climat se développant dans un sens de provocations déterminées. Le ton n’est plus aussi débridé et les tentatives d’exploitation du thème de la réconciliation nationale se trouvent gommées». Autrement dit, ou en clair, ces loyalistes sont reconnaissants au patriarcat de faire rentrer dans le rang les mouvements ultras de l’Est, comme les FL ou les aounistes qui, à leur sens, commençaient à trop occuper l’espace médiatique. Un peu dans le même sens, ces sources n’hésitent pas à citer aussi «le cas Joumblatt. Le leader du PSP, qui a voulu s’entendre avec l’Est, rentre lui aussi dans l’ombre, grâce au manifeste de Bkerké. En effet, après une initiative ecclésiastique aussi fracassante, M. Joumblatt ne peut que s’éloigner du camp chrétien. Globalement, estiment ces responsables, la netteté même de l’appel de Bkerké réduit à néant les tentatives d’exploitation politiciennes des thèmes du dialogue national, de la réconciliation et de l’entente. Dans un sens, certains ennemis du pouvoir se trouvent maintenant désarmés». Mais le merci s’arrête là. «Car pour le fond, relèvent ces sources, le président de la République a tranché. Et en ce faisant, il rend service au pays. Il en protège en effet la stabilité politique, qui s’est trouvée vite rétablie après les tensions qui ont marqué la campagne électorale. Les pêcheurs en eau trouble, ceux qui ont voulu exploiter le climat politique confessionnalisé pour reparaître sur la scène, pour troubler la paix civile ou pour réaliser des visées politiciennes, sont de la sorte neutralisés». «Il faut cependant rester vigilant, pendant la période intermédiaire», concluent ces sources.
Pourquoi une intervention personnelle du chef de l’État, après le communiqué du Conseil des ministres ? Selon des loyalistes proches du régime, «le président Émile Lahoud a estimé nécessaire de marquer le coup pour neutraliser l’entrée en scène de pêcheurs en eau trouble. Et pour réduire les risques de confusion accentuée dans le pays, durant la période intermédiaire précédant la formation d’un nouveau Cabinet». «Les idées, les opinions en flèche qui sont lancées dans la conjoncture actuelle, ajoutent les loyalistes, peuvent produire des tensions qui bloquent la possibilité d’un vrai dialogue national. Le président Lahoud pense ainsi que les prises de position enregistrées dernièrement constituent une porte ouverte à toutes les surenchères, notamment de nature confessionnelle ou sectaire». Ces...