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Actualités - Chronologie

Edition - Des témoignages à vous glacer le sang L'écriture contre l'enfermement

Camp Khmer rouge, goulags soviétique et nord-coréen, pénitencier algérien, bagne marocain mais aussi prisons françaises : l’enfermement et ses différentes déclinaisons suscitent une abondante production de livres en France dont plusieurs témoignages à vous glacer le sang. «Les éditeurs français voient l’intérêt existant pour les prisons, pas seulement celles de l’Hexagone, pour la question de l’enfermement. Les témoignages sur des situations autres que françaises s’adressent à une opinion plus sensibilisée qu’avant à ce thème», dit Patrick Marest, délégué de l’Observatoire international des prisons (OIP). Il souligne que cette prise de conscience intervient après le livre-choc de Véronique Vasseur («Médecin-chef à la prison de la Santé» sur la principale prison parisienne) mais aussi les témoignages de personnalités qui, ces dernières années, ont fréquenté les cellules puis porté au dehors leurs expériences. «Les anonymes qui racontaient autrefois ce qu’ils avaient vécu en prison n’étaient pas écoutés», dit-il. Concernant l’étranger, trois titres se détachent. L’ethnologue François Bizot a raconté dans Le portail (La Table ronde) sa détention en 1971 par les Khmers rouges. Il s’agit d’un document bouleversant sur le génocide cambodgien mais aussi d’une réflexion universelle sur la nature humaine. Le goulag nord-coréen Dans Qu’elle était belle cette utopie. Chroniques du goulag (Le Cherche Midi), le Français Jacques Rossi (81 ans) explique comment il fut emprisonné sous Staline et libéré en 1956, après 20 ans de détention. Kang Chol-Hwan n’a passé, lui, «que» dix ans au goulag nord-coréen. Ce jeune homme (il a 31 ans) fait le récit de l’enfer organisé : la faim, le froid, le travail forcé, le bourrage de crâne, les punitions sauvages. Selon l’éditeur Robert Laffont, Les aquariums de Pyongyang sont le premier témoignage sur l’univers concentrationnaire nord-coréen, révélant les coulisses d’un État tyrannique. Parmi d’autres ouvrages, on retiendra Résistante. Une vie pour le Liban (JC Lattès) de Souha Béchara, qui avait 21 ans en 1988, quand elle a tenté d’assassiner le chef de la milice libanaise pro-israélienne Antoine Lahad. Elle dit la prison (de 1988 à 1998), la torture mais aussi la guerre civile qui a ravagé son pays. À signaler aussi Le siècle des camps, 100 ans de mal absolu de Joël Kotek et Pierre Rigoulot (JC Lattès), Résistances de Barbara Skarga et Serge Simon (La Table Ronde), Tazmamart : un bagne marocain (collectif, Paris-Méditerranée), Camps de femmes, chroniques d’internées – Rieucros et Brens 1939-44 (Autrement) de Mechtild Gilzmer. Dans le domaine du roman, l’Algérien Boualem Sansal évoque dans L’enfant fou de l’arbre creux (Gallimard) le sort de deux condamnés à mort. Pour écrire En prison à leurs côtés, l’ethnologue Léonore Le Caisne (Odile Jacob) a longtemps visité la prison de Poissy en région parisienne. Elizabeth Cons, condamnée pour avoir commandité le meurtre de son gendre, signe Dix années à Fleury-Mérogis, prison parisienne (JC Lattès). Enfin, Paroles de détenus (Librio) regroupe les lettres de prisonniers et des photos prises par les détenus dans les prisons françaises.
Camp Khmer rouge, goulags soviétique et nord-coréen, pénitencier algérien, bagne marocain mais aussi prisons françaises : l’enfermement et ses différentes déclinaisons suscitent une abondante production de livres en France dont plusieurs témoignages à vous glacer le sang. «Les éditeurs français voient l’intérêt existant pour les prisons, pas seulement celles de l’Hexagone, pour la question de l’enfermement. Les témoignages sur des situations autres que françaises s’adressent à une opinion plus sensibilisée qu’avant à ce thème», dit Patrick Marest, délégué de l’Observatoire international des prisons (OIP). Il souligne que cette prise de conscience intervient après le livre-choc de Véronique Vasseur («Médecin-chef à la prison de la Santé» sur la principale prison parisienne) mais aussi les...