Le président iranien Mohammad Khatami a lancé un appel pressant à la paix universelle, à l’occasion du vingtième anniversaire du déclenchement de la guerre Iran-Irak. Tout en soulignant la nécessaire «fermeté et puissance» militaires indispensables à l’Iran, M. Khatami a déclaré que son pays, «au nom de l’islam et de la République islamique», entendait œuvrer pour «la paix dans le monde». «La détente est notre politique fondamentale», a également déclaré M. Khatami, lors d’un défilé militaire sur la place Azadi (liberté), à Téhéran. «Notre paix est basée sur la justice dans ce monde où il y a des menaces. Les relations sont actuellement fondées sur la force et la violence. Or, la paix que l’Iran demande c’est le bonheur pour l’humanité», a poursuivi M. Khatami. Il a évoqué la guerre Iran-Irak (1980-1988), comme une «épopée» dont l’Iran était «fier». «Tous les pays ont besoin d’épopées, et ceux qui n’en ont pas s’en cherchent», a-t-il ajouté, rendant hommage aux «martyrs» de la guerre. «Nous avons gagné la guerre dont l’objectif était de détruire notre révolution. L’ennemi a échoué», a-t-il dit, sans faire état de quelque tension que ce soit avec l’Irak actuellement. «L’Iran ne voulait pas alors la guerre. Aujourd’hui non plus, il ne la veut pas», a-t-il ajouté, par allusion à l’Irak et tout ennemi potentiel. «Les objectifs de l’ennemi, à travers la guerre imposée au début de la République islamique, étaient de nous détruire. Mais, même si nous étions désorganisés au début de la guerre, nous avions un imam (Khomeiny) et une nation qui le suivait avec foi et sacrifice», a ajouté le président. Ce discours est intervenu au lendemain d’un tête-à-tête, le premier depuis plusieurs années, à New York, entre les ministres iranien et irakien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi et Mohammad Saïd al-Sahhaf. Les deux ministres, qui se sont entretenus en marge de l’Assemblée générale de l’Onu, ont évoqué «les perspectives de renouer les contacts entre leurs pays pour régler les questions en suspens et avancer sur la voie de la normalisation», a annoncé jeudi à Bagdad l’agence irakienne INA. Le conflit, qui a fait au total près d’un million de morts, n’a pas été suivi de traité de paix. La normalisation de relations bute sur les questions des prisonniers et les soutiens des gouvernements aux forces de respectives de l’opposition. M. Khatami intervenait lors du traditionnel défilé, marqué cette année par la présence de nombreuses femmes membres des bassidjis (milices islamistes). Seule nouveauté parmi les armes habituellement présentées à cette occasion, le nouveau missile sol-sol Chahab-3, dont l’Iran avait annoncé le succès du lancement le 15 juillet. Le premier tir de ce missile, capable d’atteindre la plupart des pays de la région dont Israël, avait été annoncé en juillet 1998. Israël et les États-Unis avaient exprimé de vives inquiétudes à son sujet. Conformément à la tradition, il n’y eut pas d’applaudissements à l’issue du discours. Toutefois, la plupart des participants scandaient «Khamenei», «Khamenei», par allusion au guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, que les conservateurs, critiques à l’égard de M. Khatami, considèrent comme leur seule référence.
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