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Actualités - Opinion

Liban année 0

Une amorce, une toute petite amorce de printemps, un printemps qui a commencé en fin d’été, il va peut-être continuer à s’étendre sur l’automne – un printemps politique. C’est l’an 2000, c’est le Liban. On est bien loin de Prague 68 ou de Tien An Men 89 – d’ailleurs, ces printemps-là ont très mal fini. Ici et maintenant, ce ne sont encore que des bourgeons, des prémices, des germes d’espoir. C’est un printemps timide, un printemps fébrile, un printemps volubile – mais c’est aussi un printemps implacable : sa durée et ses résultats demandent, exigent l’implication d’un peuple – de tout un peuple, de ses dirigeants. Tous ses dirigeants. Chronique d’un printemps (pas vraiment) annoncé... À Damas, Bachar el-Assad a pris la relève. On a prié, on a espéré, on a dit «il est jeune, il a connu l’Europe, il s’en est imprégné...» Et puis l’armée israélienne s’en est allée du Sud, une des résolutions de l’Onu concernant le Liban et qui s’applique enfin, c’est déjà quelque chose. Et puis les élections, ces législatives 2000 qui se sont finalement faites, un Metn qui a dit non, une opposition qui a déferlé, des chrétiens qui ont voté un peu plus. Et puis Walid Joumblatt, seul, trop seul, décidé à défendre cette indispensable ouverture à l’autre, celle-là qui veut perdurer. Et puis ce 14 septembre, Béchir ressuscité – du moins son mythe, et avec lui, par lui, ces hommes et ces femmes sortis du souterrain, ces mères s’agrippant au patriarche maronite, au ministre des Finances... Et puis ces orages, un printemps ça a aussi des orages, un leadership sunnite monopolisé, un super-ministre qui n’en finit pas de bafouer une République, un discours d’investiture qui ne tient pas (toutes) ses promesses. Liban année 0. Celle censée annoncer des décades de prospérité. Celle aussi de tous les dangers, la plus délicate. L’année 0 pourrait bien être pour demain. À la simple condition qu’un peuple et ses dirigeants n’attendent plus. À la simple condition qu’ils agissent. Confiance réciproque demandée. Ce Liban année 0 devra débuter mi-octobre...
Une amorce, une toute petite amorce de printemps, un printemps qui a commencé en fin d’été, il va peut-être continuer à s’étendre sur l’automne – un printemps politique. C’est l’an 2000, c’est le Liban. On est bien loin de Prague 68 ou de Tien An Men 89 – d’ailleurs, ces printemps-là ont très mal fini. Ici et maintenant, ce ne sont encore que des bourgeons, des prémices, des germes d’espoir. C’est un printemps timide, un printemps fébrile, un printemps volubile – mais c’est aussi un printemps implacable : sa durée et ses résultats demandent, exigent l’implication d’un peuple – de tout un peuple, de ses dirigeants. Tous ses dirigeants. Chronique d’un printemps (pas vraiment) annoncé... À Damas, Bachar el-Assad a pris la relève. On a prié, on a espéré, on a dit «il est jeune, il a connu...