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Actualités - Analyse

Présidence du Conseil Un large boulevard semble s'ouvrir devant Hariri

Tous les indices permettent de penser que la voie est maintenant assez bien dégagée pour un retour aux affaires de M. Rafic Hariri. Selon les spécialistes, il ne reste à déblayer que quelques gravats sans grande importance. On sait cependant que dans une situation politique en pleine mutation, il ne faut jamais jurer de rien, le moindre grain de sable pouvant tout enrayer à tout moment. Mais au stade actuel, il est généralement convenu que M. Hariri est incontournable. Non seulement à cause de sa stature internationale, de son entregent, de ses capacités à freiner la récession. Mais aussi parce que avec les alliances parlementaires qu’il a su conclure, il est en mesure d’opposer pratiquement son veto à la formation d’un gouvernement qu’il ne dirigerait pas. C’est-à-dire que sans son approbation d’abord, son soutien ensuite, il serait très difficile de trouver sur le marché local un éventail de ministres suffisamment fiables pour amorcer le redressement. C’est du reste ce que reconnaissent volontiers les autres personnalités dont les noms sont occasionnellement cités comme présidentiables. «Si j’ai l’accord de Hariri, pourquoi pas ; sinon, c’est inutile», déclare ainsi en privé l’un de ces postulants virtuels à la succession de M. Sélim Hoss. Il n’est pas étonnant dans ces conditions de voir les haririens faire presque la fine bouche. À les en croire, leur chef «prendrait un risque considérable en acceptant la désignation. L’énormité de la responsabilité, dans la situation critique que le pays traverse sur plus d’un plan, saute aux yeux. Il est certain que pour redresser la barre, le prochain gouvernement devra prendre des mesures difficiles, pénibles, impopulaires. Une telle orientation ne peut absolument pas se faire sans un solide consensus politique, mais aussi économique. Il faut donc un gouvernement fort et homogène. Et il faut une coopération parfaite entre le régime et le Sérail». Le pouvoir doit dès lors assumer un rôle de comité de salut public. La caste politicienne en est-elle bien consciente ? «L’alternative, répondent les haririens, est simple : ou bien la tentative de sauvetage réussit, au profit de tous les Libanais ; ou bien elle échoue, et le perdant ne serait pas M. Hariri, mais le pays tout entier». Mais en pratique, comment faire tenir ensemble toutes les pièces d’un puzzle aussi disparate ? Et pour commencer, comment garantir un partenariat harmonisé entre le régime et la présidence du Conseil ? Le chef de l’État a clairement défini ses critères en proclamant que «la formation du prochain gouvernement ne saurait être liée à une logique de partage des parts. Le choix (du gouvernement et des ministres) doit se faire en fonction de qualifications déterminées, d’une capacité avérée à contribuer à l’édification d’un État de droit et des institutions, ainsi que de participer au redressement économique, comme de faire face aux échéances régionales». Donc, avant de dire ce qu’il faut, le président de la République a commencé par mettre l’accent sur ce qu’il ne faut pas. Les ministrables en vue remplissent-ils vraiment ces conditions ? Abordant la question sous un angle pragmatique, des pôles influents suggèrent que le président Émile Lahoud et M. Rafic Hariri se concertent pour tenter de régler la question de la composition du prochain Cabinet avant même que les consultations parlementaires ne soient organisées. À leur avis un tel procédé éviterait l’écueil dangereux d’une éventuelle crise de pouvoir, en cas de mésentente après la désignation. Allant plus loin dans le même sens, d’autres conciliateurs estiment préférable qu’au lieu de contacts directs entre les deux hommes, le président de la Chambre entreprenne une navette entre Baabda et Koraytem. D’une part, selon ces sources, cela permettrait d’arrondir les angles ; et d’autre part, l’on associerait ainsi activement le Législatif à la gestation du prochain gouvernement, ce qui serait d’esprit plus démocratique. Cependant, des optimistes impénitents soutiennent qu’il n’est nul besoin d’engager des concertations officieuses avant la désignation. Car, à leur avis, tout problème relationnel entre les parties concernées est exclu, du fait même de leur sens mutuel élevé de la responsabilité nationale. En tout cas, des efforts sont déployés actuellement pour que le processus de changement au niveau du pouvoir exécutif aille vite et bien. Ce qui est évidemment tout à fait souhaitable au moment où la rentrée sociale s’annonce des plus difficiles.
Tous les indices permettent de penser que la voie est maintenant assez bien dégagée pour un retour aux affaires de M. Rafic Hariri. Selon les spécialistes, il ne reste à déblayer que quelques gravats sans grande importance. On sait cependant que dans une situation politique en pleine mutation, il ne faut jamais jurer de rien, le moindre grain de sable pouvant tout enrayer à tout moment. Mais au stade actuel, il est généralement convenu que M. Hariri est incontournable. Non seulement à cause de sa stature internationale, de son entregent, de ses capacités à freiner la récession. Mais aussi parce que avec les alliances parlementaires qu’il a su conclure, il est en mesure d’opposer pratiquement son veto à la formation d’un gouvernement qu’il ne dirigerait pas. C’est-à-dire que sans son approbation d’abord, son...