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Actualités - Chronologie

Comment devient-on pédophile ?

La publication par le «News of the World», tabloïd dominical britannique à grand tirage, d’une liste de quelque 110 pédophiles inscrits sur le registre de la police britannique a suscité une polémique des plus virulentes. Soutenue par l’opinion publique, la publication a continué sur sa lancée en publiant une seconde liste entraînant un débat qui ne semble pas prêt de s’éteindre même si le journal en question décide de changer de politique. Déviation sexuelle vieille comme le monde, puisque on la trouve évoquée dans la Bible, à propos de Sodome et Gomorrhe, la pédophilie ne constitue pas moins une sérieuse préoccupation pour les parents, les éducateurs et les responsables d’institutions publiques axées sur la jeunesse. Et l’enfance, sujet délicat, rarement abordé ouvertement par la presse, le problème mériterait une approche plus pertinente que les insinuations graveleuses ou les sous-entendus habituels. Car c’est en toute connaissance de cause qu’on peut faire face à certaines situations, pénibles ou douloureuses, en adoptant la conduite qu’il faut. Les hauts cris, les anathèmes, les sarcasmes ou les sous-entendus sont des mauvais conseillers face à des problèmes qui exigent tact, réflexion et contrôle de soi, puisqu’ils concernent l’avenir même de toute société: les enfants, donc son avenir. La pédophilie se définit comme le désir, ou le comportement érotique, d’un adulte envers un enfant quel que soit son sexe. Il arrive, certes, que la tendance se manifeste par une simple tendresse consciente, parfaitement sublimée sans que nul geste ne trahisse autre pulsion qu’un très grand élan envers les enfants. Dans d’autres cas, le désir peut être inconscient et sublimé dans des vocations diverses, ayant trait à l’enfance et à la jeunesse. En perversion sexuelle, la pédophilie se traduit par des conduites libidineuses et des actes allant jusqu’au viol. Comportement pathologique, il peut aussi accompagner de déviations diverses. Les causes de la pédophilie sont loin d’être connues avec précision. Il fut un temps où elle était considérée comme une anomalie de l’instinct sexuel, innée ou constitutionnelle. Aujourd’hui, la psychanalyse propose l’explication de trouble du développement sexuel survenant durant l’enfance. Celle-ci se caractérise par une période d’immaturation qui porte en elle les virtualités et les germes de toutes les perversions. Les pulsions sexuelles, on le sait depuis Freud (sinon depuis les auteurs des tragédies grecques anciennes), existent tout autant chez l’enfant que chez l’adulte, sans toutefois être énoncées de manière précise et formelle. C’est l’éducation et la manière dont l’enfant est élevé qui vont canaliser les pulsions et les instincts sexuels et orienter l’énergie sexuelle (libido) vers une évolution adaptée aux exigences de la société vers une évolution considérée «normale». Un développement progressif à travers les stades progénitaux (oral, anal, phallique, œdipien) conduit à une sexualité orientée vers le sexe opposé. Cette orientation est obtenue grâce à une bonne résolution du Complexe d’Œdipe et une identification forte au parent du même sexe. Le rôle de l’image parentale Lorsque la personnalité parentale (père ou mère) est faible, peu attirante, terrifiante parfois et le comportement des géniteurs excessif (autoritarisme, puritanisme, sévérité sourcilleuse, violence) lorsque leur inconduite, leur mésentente ou leurs turpitudes sexuelles, trop-apparentes, la résolution des Complexes d’Œdipe, pour le garçon de castration, pour la fille, se trouve entravée. La déviation de la sexualité vers des conduites archaïques se trouve alors favorisée. Résultat, à l’âge adulte, seules ces conduites seraient capables de provoquer du plaisir au sujet. Par impossibilité de franchir le stade œdipien au génital, une régression au stade anal va s’opérer dans la sexualité, qui va à son tour déterminer certaines perversions sadiques au masochistes. Les images faussées, attirantes ou effrayantes gravées dans l’inconscient des individus atteints, vont dresser des obstacles infranchissables à tout exercice normal de la sexualité. Faute de pouvoir surmonter ces obstacles accumulés durant son enfance, le sujet va voir son désir sexuel dévier vers une ou plusieus solutions-refuges que ne sont autres que les perversions. Le vrai pervers sexuel n’éprouve aucun sentiment de culpabilité en se laissant aller à son plaisir favori. La déviation est parfaitement acceptée par son «moi». Malgré les apparences, dans la plupart des cas, il n’existe pas de lutte intérieure. Le sujet satisfait ses pulsions pour atteindre un semblant d’apaisement, sa perversité jouant le rôle d’une soupape de sécurité. Il n’atteint, en effet, un certain équilibre qu’en satisfaisant ses tendances. Ce qui explique pourquoi malgré les risques et l’opprobre, la pédophilie comme tout pervers sexuel a tendance à répéter son geste, «à récidiver». Cela dit, tout n’est pas parfaitement clair dans les anomalies sexuelles. Les facteurs génétiques, les atrophies cérébrales, les intoxications comme aussi les conditions génétiques, demeurant toujours mal connus, ont été et le sont toujours évoqués en matière de pédophilie. Il est, toutefois, certain que les mêmes causes ne produisent pas infailliblement les mêmes effets sur l’orientation sexuelle des êtres. Entre-temps, la polémique suscitée par le journal britannique, «totalement irresponsable» pour les uns, «absolument nécessaire» pour les autres, bat son plein. Il faudrait, peut-être, mentionner que c’est à la suite de l’émotion suscitée par le meurtre d’une fillette de 8 ans, Sarah Rayne, que le journal de Rupert Murdoch (4 millions d’exemplaires vendus) a entrepris cette croisade.
La publication par le «News of the World», tabloïd dominical britannique à grand tirage, d’une liste de quelque 110 pédophiles inscrits sur le registre de la police britannique a suscité une polémique des plus virulentes. Soutenue par l’opinion publique, la publication a continué sur sa lancée en publiant une seconde liste entraînant un débat qui ne semble pas prêt de s’éteindre même si le journal en question décide de changer de politique. Déviation sexuelle vieille comme le monde, puisque on la trouve évoquée dans la Bible, à propos de Sodome et Gomorrhe, la pédophilie ne constitue pas moins une sérieuse préoccupation pour les parents, les éducateurs et les responsables d’institutions publiques axées sur la jeunesse. Et l’enfance, sujet délicat, rarement abordé ouvertement par la presse, le problème...