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Actualités - Reportages

(Supplément) Vers une informatique de poche ?

À l’heure où la miniaturisation est poussée à l’extrême, on peut légitimement se demander si l’ordinateur de bureau a encore un avenir. En effet, les progrès technologiques incroyablement rapides permettent désormais de disposer en un seul appareil de poche, comme un simple téléphone portable, de services aussi performants que ceux proposés par un ordinateur classique. Certains professionnels libanais s’interrogent sur l’avenir de nos chères unités centrales. Toujours plus rapide et surtout toujours plus miniaturisée, l’informatique semble pouvoir nous accompagner désormais où que nous allions. Aujourd’hui, il est possible de concentrer un disque dur dans une puce de la taille d’une carte SIM. En réponse aux limitations physiques, les alternatives offertes par la fibre optique, le laser et la physique quantique ouvrent des perspectives dignes d’un roman de science-fiction. Gaby Deek, directeur du développement de solutions chez IBM, parle même de circuits organiques existant déjà et se servant de cellules vivantes en culture. Un ordinateur qui respire ! Sans aller jusque-là, force est de constater que la miniaturisation et la tendance à la mobilité bénéficient au développement du portable. Guerre ou complémentarité ? Antoine Kawkabany, directeur général de Computer Information Service SAL, avance : «L’informatique et les télécommunications se rapprochent actuellement à un rythme effréné. En effet, le portable nous donne déjà accès à Internet, aux cotations en Bourse, aux prévisions météorologiques personnalisées... On parle même d’un système GPS intégré, qui vous permettra d’être localisé où que vous soyez dans le monde. À mon avis, le téléphone portable va prendre de plus en plus d’importance, jusqu’à remplacer d’ici quelques années l’ordinateur de bureau». Après les années de concurrence entre Apple et PC, le débat porte donc plus sur l’éventuelle disparition de l’ordinateur de bureau au profit des appareils de poche. Pour Claude Bahsali, directeur général de Mideast Data System, la question ne se pose pas dans ces termes. «On ne peut pas vraiment parler de guerre entre le mobile et l’ordinateur, déclare-t-il. Il est indéniable que le mobile est en train de gagner du terrain de façon phénoménale et de proposer de nouveaux services comme des agendas électroniques améliorés, des versions miniaturisées de traitement de texte, des fichiers de gestion... Toutefois, je pense qu’il faut plutôt parler de complémentarité entre le mobile et l’ordinateur, l’un ne remplacera pas l’autre. D’abord, chacun a des fonctions que l’autre n’a pas : par exemple, on ne fera jamais de traitement de texte sur un mobile, on ne s’en servira pas pour envoyer un e-mail. Ce n’est tout simplement pas pratique. À l’inverse, le mobile permet plus facilement de consulter la météo ou les marchés financiers, ne serait-ce que parce qu’il est mobile justement. Les applications sont différentes pour chacun. En revanche, nous allons vers une spécification plus précise des usages de chaque système et vers la mise au point de services conçus pour chacun des supports». À ce point de la spécificité des usages viennent s’ajouter les carences actuelles (mais provisoires ?) des systèmes GSM. En effet, Michael Mansour, directeur du marketing de PSINet, observe: «Il ne faut pas oublier des systèmes essentiels comme les serveurs qui ne pourront jamais être miniaturisés à ce point et installés sur des systèmes sans câble. Néanmoins, l’usage croissant et généralisé de l’Internet accompagne le développement du portable. Le seul inconvénient de ce dernier, pour l’instant, est qu’il est relativement lent. Par exemple, en Allemagne, on essaie de mettre au point un système vidéo sur GSM et le résultat n’est pas encore concluant quant à la qualité de l’image et à la rapidité de la transmission. Mais c’est ce vers quoi nous nous dirigeons». Un avenir tout en mobilité Qu’il remplace ou non l’ordinateur de bureau, le portable représente une voie privilégiée de la recherche en matière d’informatique et de télécommunications. Ces innovations technologiques influencent déjà de façon critique nos modes de vie. Ainsi, pour Michel Nseir de Software Design, «Internet offre un nouveau moyen d’avoir accès à l’information et constitue pratiquement un nouveau mode de vie qui nous influencera drastiquement dans les années à venir. Le mobile complète à merveille Internet et favorisera son développement. C’est pourquoi, au Liban en particulier, nous devons travailler à concevoir des logiciels adaptés au mobile». L’importance accordée au mobile et à son association avec Internet ne fait toutefois pas l’unanimité auprès des professionnels. Il ne semble pas indispensable pour tout un chacun d’avoir systématiquement recours à ce genre d’appareils dans la vie quotidienne. Ainsi, Gaby Deek déclare: «Un point est à souligner: la mise au point de systèmes de ce genre représente un investissement financier colossal. Toutes les applications doivent être redéfinies pour le mobile. Aujourd’hui, les coûts sont tels qu’ils font de ces services un véritable luxe. De plus, Internet par GSM n’a pas encore beaucoup d’importance. Les applications dont dispose un portable restent un luxe superflu. Est-il indispensable de consulter la météo par son cellulaire ? Un agenda dans son téléphone est agréable, mais n’est pas crucial». Ce à quoi Michel Nseir répond : «En effet, ces applications ne paraissent pas essentielles, mais il y a encore cinq ans, le portable non plus ne paraissait pas indispensable, alors qu’aujourd’hui, on ne saurait s’en passer. C’est pourquoi il faut réaliser que ces technologies transforment notre mode de vie en profondeur. En fait, les nouveaux concepts créent de nouveaux besoins. Et la quantité d’utilisateurs permettra de compenser les coûts. La question n’est pas de savoir si la taille joue un rôle prédominant. La fusion entre télécommunication et informatique est indéniable. Il va falloir collecter les informations concernant les millions d’usagers. C’est le travail des “start-up” et ce qui fait leur succès». Sam Lutfallah, directeur exécutif d’IncoNet, ajoute : «Dans le cadre de certaines professions comme la haute finance, il est en effet crucial d’être informé en permanence». Il nuance toutefois : «En tout cas, il me semble que chaque système répond à un besoin et à un usage particulier. D’ailleurs, les nouveaux logiciels demandent une mémoire qui ne conviendra pas à un portable. Le téléphone n’a pas disparu, les fax non plus et même les télex...». Enfin, le débat ne porte que sur le rapport entre téléphone mobile et ordinateur. Comme l’explique Antoine Kawkabany: «Quand on parle de mobile, il ne faut pas se limiter au téléphone. Il s’agit d’un système mobile qui, à mon avis, remplacera les unités de bureau. Il existe par exemple un appareil grand comme un agenda de poche que l’on peut brancher à un socle relié à un clavier et à un écran. Cet appareil peut aussi bien me permettre de taper un texte que de réserver un billet d’avion de ma voiture et d’être repérable par GPS. Je peux aussi y brancher des lunettes et des écouteurs pour faire un PC virtuel. Je peux même me connecter à un site Internet qui me permettra de télécharger un livre et de le lire dans l’avion. Toutes les applications pourront être utilisées par ce petit appareil. Voilà la technologie qui est actuellement mise au point». Ces perspectives, plus ou moins réalisées dès aujourd’hui, en font rêver plus d’un. Reste à savoir si elles concerneront la masse des utilisateurs et comment elles affecteront notre vie quotidienne.
À l’heure où la miniaturisation est poussée à l’extrême, on peut légitimement se demander si l’ordinateur de bureau a encore un avenir. En effet, les progrès technologiques incroyablement rapides permettent désormais de disposer en un seul appareil de poche, comme un simple téléphone portable, de services aussi performants que ceux proposés par un ordinateur classique. Certains professionnels libanais s’interrogent sur l’avenir de nos chères unités centrales. Toujours plus rapide et surtout toujours plus miniaturisée, l’informatique semble pouvoir nous accompagner désormais où que nous allions. Aujourd’hui, il est possible de concentrer un disque dur dans une puce de la taille d’une carte SIM. En réponse aux limitations physiques, les alternatives offertes par la fibre optique, le laser et la physique...