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Actualités - Chronologie

Lumumba thriller politique

Le film «Lumumba», qui retrace la vie mouvementée du célèbre leader nationaliste congolais Patrice Lumumba, est «l’histoire d’une tragédie qui n’a jamais cessé de se répéter, que ce soit en Afrique ou en Europe, du Rwanda à la Yougoslavie», a souligné cette semaine le réalisateur Raoul Peck. Le réalisateur haïtien, qui présentait son deuxième long métrage en première nord-américaine dans le cadre du Festival international du film de Toronto, a indiqué lors d’une séance de discussions que sa plus récente œuvre était l’aboutissement de dix ans de travail et de recherches. «Lumumba, a-t-il dit, est un thriller politique» sur la vie et la mort tragique de l’homme qui a aidé le Congo belge à accéder à l’indépendance en 1960. En 1991, Peck avait déjà réalisé un documentaire sur le jeune politicien congolais, assassiné à l’âge de 36 ans par ses opposants, après moins de trois mois en tant que Premier ministre de la nouvelle nation africaine. Coproduit par la France, la Belgique, Haïti et l’Allemagne, le film retrace «l’histoire de deux bons amis (Lumumba et son chef d’état-major, Joseph Mobutu) et de la trahison de l’un par l’autre», a-t-il résumé. Le long métrage raconte le combat indépendantiste de Patrice Lumumba et de son parti, le Mouvement national congolais (MNC), l’accession au pouvoir du jeune dirigeant et son parcours semé d’embûches : mutineries sanglantes d’une armée indisciplinée, complots de Bruxelles et Washington qui voyaient dans ce leader charismatique un dangereux marxiste, sans compter les trahisons de ses anciens alliés qui le conduiront à sa perte. « Je n’ai rien inventé » Raoul Peck, qui a reçu une formation d’économiste, de journaliste et de photographe, connaît bien les rouages du système politique. Ministre de la Culture dans son pays de 1994 à 1996, il a expliqué qu’il «prenait des notes mentales» lors des réunions du Cabinet ministériel, qu’il a ensuite utilisées dans son film pour montrer les intrigues des coulisses du gouvernement congolais. Lors de la préparation du film, il a rencontré la fille de Lumumba, Juliana, elle-même ministre de la Culture dans le gouvernement Kabila, ainsi que plusieurs membres de sa famille. «Je n’ai rien inventé», a-t-il dit, avouant qu’il a poussé son souci d’exactitude jusqu’à interviewer les deux frères belges qui ont démembré Patrice Lumumba après l’avoir fusillé en janvier 1961. Raoul Peck tient le Congo pour son deuxième pays. À l’invitation du gouvernement lumumbiste, sa famille (son père était enseignant et sa mère fonctionnaire) s’est installée dans les années 1960 à Léopoldville, la capitale congolaise plus tard rebaptisée Kinshasa. Les nouveaux dirigeants congolais considéraient que les Noirs francophones seraient mieux qualifiés pour remplacer les cadres belges, relève Peck dans ses notes de production. «Lumumba n’aurait pas pu se faire il y a six ans», a dit le jeune réalisateur, qui parle de «miracle» en expliquant que la mort du roi Baudouin et du dictateur Mobutu Sese Seko, le départ de plusieurs ministres de la République démocratique du Congo (RDC) et la soif de vérité du public au sujet de l’assassinat de Lumumba ont permis la réalisation du film. Alors qu’une guerre sanglante fait rage en RDC, Lumumba donne à voir les balbutiements de la démocratie dans un des plus riches pays d’Afrique. Il y a quarante ans, le jeune Lumumba s’est heurté aux ambitions sécessionnistes des dirigeants de la province katangaise (70 % des richesses minières du pays) et a payé de sa vie sa tentative d’unification des ethnies du Congo. Raoul Peck n’aurait pu trouver meilleur moment pour sortir son film, qui apportera peut-être des éléments d’information aux membres de la commission parlementaire belge nommée il y a quelques mois pour faire la lumière sur l’assassinat du Premier ministre congolais.
Le film «Lumumba», qui retrace la vie mouvementée du célèbre leader nationaliste congolais Patrice Lumumba, est «l’histoire d’une tragédie qui n’a jamais cessé de se répéter, que ce soit en Afrique ou en Europe, du Rwanda à la Yougoslavie», a souligné cette semaine le réalisateur Raoul Peck. Le réalisateur haïtien, qui présentait son deuxième long métrage en première nord-américaine dans le cadre du Festival international du film de Toronto, a indiqué lors d’une séance de discussions que sa plus récente œuvre était l’aboutissement de dix ans de travail et de recherches. «Lumumba, a-t-il dit, est un thriller politique» sur la vie et la mort tragique de l’homme qui a aidé le Congo belge à accéder à l’indépendance en 1960. En 1991, Peck avait déjà réalisé un documentaire sur le jeune...